Sur le plan français: un large Front Autonomiste
Posted by La Rédaction on 24th mars 2011
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BREIZATAO – KOMZOÙ DIEUB (24/03/2011) BREIZ ATAO n’est pas un média qui s’est passionné pour les élections en général. Et pour cause, elles sont un moment de la vie française, de la vie républicaine, a fortiori jacobine. La structure même des suffrages est conçue pour favoriser quelques partis de l’établissement, et à l’intérieur de ceux-ci, d’organiser une hiérarchie immuable.

Disons-le, car ce n’est pas clair pour tous, les partis français qui comptent sont des excroissances de l’État Français. L’ENA et les grandes écoles de l’État Parisien alimentent de leurs étudiants les formations politiques. Ces dernières sont dominées par des hauts fonctionnaires qui sont deux fois membres de la caste qui dirige la France. Une première fois en tant que hauts fonctionnaires, une seconde en tant que membre des partis du système. Les partis français qui dominent ne sont que des administrations comme les autres, à ce détail prêt qu’elles alternent au gouvernement.

Pour ces partis, un membre de la « société civile » n’est pas une personne qui travaille comme 75% des actifs français dans le secteur privé, mais tout simplement une personne… non encartée dans un parti institutionnel ! Ainsi on trouve souvent comme « membre de la société civile » des fonctionnaires d’état qui n’ont pas pris leur carte au Parti Socialiste ou à l’UMP. Il y a donc « la société civile », archi-majoritaire, et « nous », « ceux qui savent ». Comme il y a « Paris » et la « province ».

Cela démontre bien l’incroyable fossé qui existe entre l’oligarchie, centrée sur Paris, technocratique et fonctionnariale, cumularde par surcroît et les masses populaires.

Les élections sont donc largement impuissantes à remplir le rôle théorique qui est le leur: représenter les masses. Les modifications des circonscriptions sont un phénomène unique en Europe. La caste stato-élective est si puissante qu’elle a pu faire plier la Présidence de la République désireuse d’opérer une réduction de voilure avec sa réforme territoriale. Une réforme qui finalement a réussi l’exploit de complexifier plus encore le mille feuille administratif français.

Dans ce cadre, il est logique que l’abstention explose. L’abstention est le symbole de la faillite « démocratique » française. Car la France n’a jamais été une démocratie réelle, juste sa caricature. Au bout d’un temps, il est inévitable que la masse des « citoyens » impuissants traduisent une réalité non dite par une réalité politique: celle de leur inutilité. Sous un vernis suffrageux, l’État Français demeure la structure autoritaire, centralisée et cosmopolite qu’elle a toujours été.

Le canton est l’échelle de ce conservatisme jacobin. Entité déracinée, issue de la sinistre révolution française, elle ne correspond à rien si ce n’est à un fromage pour hobereaux de province. C’est le nid du féodalisme républicain. Quand on proposa de le supprimer, on trouva même des idiots expliquer que c’était là toucher « à l’identité de la France ». Deux numéros sur un découpage hasardeux constitue donc dans cette France artificielle une « identité ».

Il faut voir les choses comme elles sont: la France est incapable de se réformer. Il n’y a pas un gouvernement depuis 40 ans qui n’ait pas affirmé être en train de « réformer ». Depuis 40 ans pourtant, la situation s’aggrave au point de devenir désespérée. Les mouvements de fond aujourd’hui, en ces temps de crise, force la nature profonde de la France à se révéler. Et ce à quoi l’on assiste c’est une grande dynamique de recentralisation (Grand Paris, néantisation de la région, jacobinisation des territoires avec les « métropoles »), une radicalisation de l’idéologie républicaine (appels quotidiens aux « valeurs de la république », traduisant un glissement du politique vers le religieux), une impuissance à comprendre les grands mouvements mondiaux et à y apporter des réponses appropriées.

La sédimentation, voire la fossilisation, des élites politiques en France aboutit à l’interdiction de toute politique de rupture. Les corporations se neutralisent mutuellement. Les administrations échappent largement au pouvoir du gouvernement. Les organes de représentation ont été jacobinisés et la CGT par exemple n’est plus que le jouet du patronat, de son appareil corrompu issu de la fonction publique, c’est à dire à l’État Français.

Toutes ces raisons expliquent la désertion des électeurs et la montée d’un Front National incarnant parfaitement l’impasse politique française. Le FN incarne très bien cette réaction d’impuissance face à la sortie de l’histoire de la religion jacobine.

Chez nous, les choses ne vont pas mieux. La gauche a triomphé, puisque parti de la réaction jacobine. Les Bretons francisés, profondément conservateurs, ont très bien compris que la gauche socialiste représente le mieux le parti du passé, de la conservation. N’insistons pas sur la nullité politique des Bretons, elle est largement connue. On notera que le FN a finalement percé en région Bretagne et devrait continuer à le faire bien que dépourvu de tout cadre crédible. Là encore, ce vote de réaction ne débouche et ne débouchera sur rien.

Passons sur la farce du Parti Breton qui a définitivement prouvé son inexistence politique et dont le seul acte a consisté à … appeler à voter contre le FN. On a jamais entendu le Parti Breton appeler à faire barrager au Parti Socialiste, ni à n’importe quel autre groupe politique. Preuve, s’il en était besoin, de la totale soumission à la mentalité française de ces nains régionalistes sans qualité. C’est aussi, avec l’effondrement du MODEM, la fin de cette infecte démocratie chrétienne composée de médiocre fascinés par la gauche, les sermons plein la bouche.

La seule nouvelle, en plus de cette percée frontiste (sans campagne !), c’est l’espace existant à droite pour des formations régionalistes (ou autonomistes). un point positif à accorder à Jeune Bretagne c’est celui d’avoir mis un terme au monopole de l’UDB sur le régionalisme. Les schizophrènes de l’UDB, qui mêlent cosmopolitisme et identité, sont là confrontés au pire des scénarii: celui du retour naturel de l’identité à droite, sa famille d’origine. Gageons qu’il en sera bientôt de même pour l’écologie.

Les élections sont, à notre sens, utiles pour peu de choses. Parmi elles, mobiliser des militants, faire connaître un certain nombre de valeurs, faire reculer celles des ennemis mortels du Peuple Breton. Campagne de propagande et lutte anti-socialiste et anti-jacobine.

BREIZ ATAO ne se place pas sur ce terrain là, puisqu’il veut se situer au delà de la France et de la modernité. Pour être cohérent donc, seul l’autonomisme est légitime sur le plan électoral. C’est aussi le seul qui puisse être compris par l’électoral francisé. Contrairement à une vieille idée avancée par des nostalgiques, l’important n’est pas de se dire « nationalistes » ou autre, mais de défendre immédiatement l’essentiel. Cet essentiel, c’est l’essence bretonne, le sang breton sans lequel aucun renouveau n’est possible à terme. Ce à quoi s’ajoute l’aspiration à la liberté, donc à la souveraineté (relative ou totale).

À cet égard, les sociaux démocrates du machin politique « Breizhistance » sont cohérents: il se tourne vers le NPA dont il partage le projet. L’idée « ni rouge ni blanc » est une idiotie, parce qu’elle survient à un moment où les rouges ont opté pour l’idée universaliste française. L’immigration, comme un cliquet, empêchant tout retour en arrière.

Aussi il est évident que des régionalistes français comme ceux de Jeune Bretagne sont, sur le papier, plus proche du nationalisme breton historique que le Parti Breton ou Emgann qui ont sombré dans la promotion de la liquidation du socle ethnique breton. À quoi servirait une région Bretagne autonome peuplée d’Africains, vivant au rythme du Sénégal ou de l’Atlas ? À rien.

Le terrain électoral n’est pas le terrain de la civilisation bretonne et celtique. Celui qui y évolue, accepte d’évoluer dans le cadre français. Partant, le pragmatisme doit être la règle numéro un.

Il est apparût comme inconsistant de la part d’Adsav de soutenir l’UDB. L’objectif était selon Adsav de démontrer que l’UDB était d’abord de gauche avant d’être breton. Il semble que cela est clair depuis 1981 et on n’a pas bien vu l’intérêt qu’il y avait à confirmer cela. Surtout pour rejeter Jeune Bretagne qui était tout autant régionaliste, mais clairement en faveur de la défense du socle ethno-biologique breton.

Les lignes de fracture ne sont plus entre « indépendantistes » et « régionalistes », ce sont là des catégories inopérantes. Le clivage se situe entre les « ethnistes », ethnodifférentialistes, antimodernistes, anti-universalistes, et les autres, les partisans de la modernité française, de l’universalisme des droits de l’homme.

Il semble que l’immaturité politique soit encore la règle en région Bretagne où face à la toute puissance franco-socialiste, on cultive des querelles incapacitantes. Nous ne nous faisons hélas aucune illusion sur la capacité des Bretons à agir politiquement au lieu de réagir émotionnellement. Mais il importe de souligner que sur le terrain électoral, la constitution d’un Front Autonomiste avec une base minimale de revendications (défense du socle ethnique, préférence régionale pour l’emploi, l’habitat, autonomie politique) soit la seule option viable. Un tel front électoral pourrait embrasser des forces différentes, du régionalisme au nationalisme.

Doit on laisser au Parti Socialiste et à ses pseudopodes le soin de liquider notre peuple en continuant à régner sur sa destinée ? Rappelons que nous n’avons pas mille ans, mais 30, tout au plus.

Cependant, aucune solution durable ne pourra émaner du cadre actuel. L’option électorale n’est qu’une « réserve » en attendant les bouleversements majeurs qui ne manqueront pas d’arriver. Un tir de barrage.

Il faut travailler à l’après, par delà les cycles français et c’est l’objectif de BREIZ ATAO. Là se trouve l’essentiel.

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