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« Les temps arthuriens » (Chapitre 2) : La lutte de Vortigern pour le pouvoir
Posted by La Rédaction on 18th janvier 2016
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Chapitre II : la lutte de Vortigern pour le pouvoir

De 429 à 440, rien de certain n’est connu en ce qui concerne la Bretagne. Il est tentant de dire que Vortigern soit parvenu à conserver le pouvoir, tandis qu’il focalisait son attention sur l’installation des Votadini dans le nord du Pays de Galles comme rempart contre les Irlandais, confortant par là la fondation de son propre royaume à l’Ouest, le Powys. Mais les raids pictes et scots continuèrent. Dans les années 440, la faction anti-Vortigern envoya une lettre à Flavius Aetius, le Magister Militium, le chef des armées romaines en Gaule et successeur de Stilicho. Aetius menait campagne pour restaurer l’autorité romaine en Gaule. La Bretagne se considérait toujours comme partie de l’Empire, même si elle était depuis longtemps laissée à son propre sort.

La lettre, appelée « Gémissements des Bretons », détaille leurs souffrances et en appelle à l’aide romaine :

« À Aetius, consul, les barbares nous poussent à la mer, la mer nous poussent vers les barbares, par ces deux moyens nous sommes soit tués soit noyés ».

Cette lettre est souvent présentée comme ayant été expédiée suite à la « Terreur Saxonne », mais les dates ne coïncident pas. Les Saxons n’arrivent pas avant 449 tandis que la lettre fut envoyé quelques années auparavant.

Quels étaient donc les barbares qui tourmentaient les Bretons durant le règne de Vortigern ?

Le choix le plus crédible est celui des Pictes.

Picte de Calédonie

À cette époque les Pictes étaient unis sous un roi puissant, Drust fils de Erp, également appelé dans les annales irlandaises « Drust aux Cent Batailles ».  Sous son règne, les raids pictes contre les terres bretonnes s’intensifièrent, devenant une menace existentielle pour la Bretagne en tant qu’état viable.

Peut être que le mouvement d’une portion des Votadini pour s’installer au Pays de Galles laissa la frontière trop affaiblie pour stopper les incursions pictes. Ou, comme par le passé, les Pictes utilisèrent leurs bateaux pour franchir les terres défendues par les Votadini ainsi que les garnisons du Mur d’Hadiren, pour mener leurs raids profondément en territoire breton. Quoiqu’il en soit les raids pictes s’intensifiaient et les ennemis de Vortigern appelèrent Rome à l’aide.

La lettre indique clairement que les capacités de Vortigern à défendre l’île étaient insuffisantes. L’unité de la Bretagne avait toujours été fragile, se fracturant au fil des lignes tribales et religieuses, avec une tribu en guerre contre un autre, avec les Catholiques en guerre contre les Pélagiens ou Vortigern en guerre contre ses opposants.

Les Bretons n’avaient jamais formés un peuple solidement uni. Avant que les Romains n’imposent l’unité administrative sur l’île, les différentes tribus se faisaient la guerre pour un troupeau, une terre, le prestige ou le pouvoir. Avec le départ de l’autorité romaine, de nouvelles cités apparaissaient tout comme de petits royaumes.  Ceux-ci étaient souvent basés sur la vieille organisation tribale ou sur des alliances entre seigneurs de guerre tribaux. Le Powys de Vortigern était l’un d’entre eux, formé de l’union entre les Ordovices dans l’Ouest des montagnes de Combrie et des Cornovii à l’est, jusque dans les Midlands. D’autres cependant se développèrent à partir d’anciens commandement militaires romains.  Tel le Rheged et l’Elmet qui étaient associés au Dux Britanniarum, le « duc de Bretagne », c’est à dire le chef des garnisons du nord dans la province.

Cartes des tribus celtes de Bretagne

Les conflits religieux étaient une autre source majeure de division au sein des Bretons durant la première moitié du 5ème siècle. L’hérésie pélagienne était populaire dans la province et il y a des raisons de croire que Vortigern était au moins un soutien de celle-ci si ce n’est son chef. Il a été dit que le véritable nom de Vortigern fut Vitalinus et qu’il fut peut être le dernier évêque de la Londres romaine ; appelé Guithelin par Geaffroy de Monmouth. Vortigern / Vitalinus a t’il abandonné l’Église pour devenir un chef pélagien ? Cela pourrait expliquer son impopularité chez les chroniqueurs catholiques.

Gildas le Moine, l’historien contemporain le plus proche des événements en question, appelait Vortigern « Superbo Tyranno », le « fier usurpateur ». Le terme « usurpateur »  renvoie bien sûr à une prise de pouvoir illégale au détriment d’un monarque ou d’un gouvernement légitime. Si Vortigern était vu par certains de ses contemporains comme usurpateur, cela expliquerait l’existence d’une faction hostile durant son règne, celle-là même qui écrivit à Rome pour obtenir un soutien militaire.

Ce qui pose la question suivant : au détriment de qui Vortigern a t’il pris le pouvoir ?

Dans sa très romancée « Histoire des Rois de Bretagne », Geoffroy de Monmouth raconte de façon très captivante comme Vortigern persécuta les trois fils du dernier « Comes Britanniae » ( Le « Comes Britanniae » – le « comte de Bretagne » – était le chef de l’armée romaine de campagne mobile, aux côtés du « Dux Britanniarum » – le « Duc de Bretagne » – en charge des troupes aux frontières du nord et du « Comes Littoris Saxonici per Britanniam », le « comte pour le littoral saxon de Bretagne » en charge lui des côtes Sud-Est bretonnes victimes des pirates saxons) Constantin III, ancien usurpateur et prétendant à la dignité impériale. Trahissant d’abord le plus vieux des fils, Constans II, Vortigern poussa les deux autres à l’exil. Ces frères, Ambrosius et Uther, figurent notamment dans la légende arthurienne littéraire.

Un préfet romain, comme l’était le père d’Ambrosius Aurelianus

Il y a des raisons de penser que ces éléments du récit de Geoffroy de Monmouth sont véridiques. Monmouth affirme avoir utilisé des sources galloises pour son récit, des sources aujourd’hui disparues. Il existe donc plusieurs hypothèses. Vortigern a peut être usurpé le pouvoir au détriment du « Conseil de Bretagne » ou, comme Geoffroy le suggère, au détriment du gouverneur laissé en charge par Constantin III, voire – comme d’autres l’ont suggéré – après avoir éliminé un autre chef portant le nom de Constantin. Il existe en effet à cette époque un Roi de Domnonée, actuelles Cornouailles britanniques, du nom de Custennin Gorneu, « Custennin » étant une version cornique du nom Constantin. Geoffroy a peut être confondu les deux Constantins dans les sources galloises qu’il a pu consulter.

De ces données incertaines, seul Ambrosius Aurelianus est un personnage que tous les historiens acceptent comme historique. Gildas n’a que des louanges à son égard, affirmant qu’il est issu d’une famille aristocratique romaine. Ses parents, selon Gildas, ont « porté la pourpre ».  Un Aurelius Ambrosius, père de Saint Ambroise, était Préfet de Gaule (immense territoire regroupant l’Espagne, les Gaules et la Bretagne) au début du 4ème siècle. Il est vraisemblable qu’il était un ancêtre proche de l’Ambrosius Aurelianus actif au 5ème siècle, menant les Bretons durant la période post-Vortigern, comme l’attestent Gildas et toutes les autres sources ultérieures.

Dans le récit de Geoffroy, Ambrosius et son frère Uther s’enfuient pour échapper aux persécutions de Vortigern, trouvant refuge en Armorique (petite Bretagne). Pour un Vortigern vieillissant, le retour des armées romaines sur demande d’Ambrosius aurait signifié la fin de son règne. Pour conserver le pouvoir, il avait donc besoin d’autres solutions, une lui permettant de tenir tout à la fois contre les Pictes et contre ses rivaux intérieurs. Une solution sembla apparaître sur les côtes du Kent.

L’arrivée saxonne

En 449, trois navires avec des guerriers saxons à leur bord débarquèrent en Bretagne. Personne ne pouvait savoir qu’un si petit nombre d’hommes représenteraient pour les Britto-romains une si sérieuse menace.

Leurs chefs étaient deux frères : Horsa et le rusé Hengist.

Un chef de guerre saxon

Vortigern se trouvait dans les environs de Durovernum Cantiacorum (Canterbury) et demanda que les deux frères lui furent présentés. Ils saluèrent Vortigern comme « roi » et demandèrent de servir un « aussi grand chef ». Voilà en effet pour Vortigern un heureux afflux de guerriers apparemment loyaux, pour autant qu’il leur donne de l’or et des terres. Il les accepta comme feudataires, des alliés par traité installés sur territoire britto-romain.

Les origines de ces premiers Saxons sont incertaines. Hengist est souvent décrit comme un « Jute », un habitant du Danemark actuel. Les Romains appelaient « Saxons » de manière générique tous les pirates germaniques du nord : Frisons, Jutes, Danois, Angles aussi bien que les habitants de la Saxe dans l’Allemagne du nord. Même les Francs qui étaient un peuple de marins traversèrent occasionnellement la Manche pour rejoindre les Saxons dans leur guerre contre les Bretons.

Ces premiers arrivants étaient certainement un rassemblement hétéroclite de pirates de diverses tribus scandinaves ou germaniques, s’unissant par appât du gain autour d’un chef ayant fait ses preuves. Le nombe de ces premiers Saxons est inconnu. Mais en considérant la taille des navires vikings, proches des navires saxons, ceux-ci pouvant transporter de 25 à 40 hommes, on peut estimer que le premier débarquement représentait entre 70 et 120 hommes.

Un navire de guerre viking, proche de ceux employés par les Saxons

Les Pictes, jusqu’à lors en maraude au sud du Mur d’Hadrien, rencontrèrent Vortigern et son armée, renforcée par les Saxons d’Hengist. Selon l’Histoire des Rois de Bretagne, « Les Saxons se battirent si bravement que l’ennemi, auparavant victorieux, furent rapidement contraints à la fuite ».

Vortigern dut être satisfait de leurs performances. Il donna aux deux frères et à ses hommes l’île de Thanet à l’extrémité du Kent. Il leur demanda en outre de faire venir des guerriers supplémentaires. Ce que Hengist ne manqua pas de faire !

Cavalerie bretonne chargeant l’infanterie picte

Seize navires supplémentaires arrivèrent, ajoutant entre 400 et 700 guerriers ) ceux déjà présents. Parmi eux se trouvait la fille de Hengist, Rowena. Lors d’un banquet pour les nouveaux venus, la tradition indique que Hengist encouragea sa fille à devenir la maîtresse de Vortigern. Il devait bientôt l’épouser après avoir répudié sa femme.  Pour le prix de sa fille, Hengist convainquit Vortigern de lui céder la totalité de l’actuel Kent.

Selon Nennius, un moine du 8ème siècle, Hengist utilisa alors son nouveau statut de beau-père du roi Vortigern au profit de son propre peuple. Il poussa Vortigern à faire venir davantage de Saxons dont le fils de Hengist, Oisc. On estime que 1400 à 1600 hommes, plus leurs familles, vinrent s’installer en Bretagne suite à ce nouvel appel.

Carte du Kent, sud de Londres, tête de pont de l’invasion saxonne

Renforcé, Hengist devint encore plus audacieux, demandant davantage de territoires pour nourrir les bouches additionnelles. Il parvint à obtenir des terres dans le nord de la Bretagne, à la frontière picte pour les contenir, officiellement.

Tirant l’alarme, le Conseil de Bretagne demanda alors que les Saxons soient chassés. Vortigern fut démis de ses fonctions et remplacé par son fils Vortimer.

Les Bretons refusèrent désormais toutes les demandes saxonnes. Hengist ayant acquis une forte position par la persuasion, pouvait à présent obtenir le reste par la force des armes. Se mutinant, les Saxons prirent rapidement le contrôle du Kent et semèrent la terreur à l’intérieur des terres. La terreur saxonne avait commencée.

À suivre : La défense de la Bretagne romaine au 4ème siècle (300 – 400 après Jésus-Christ).

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