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Les temps arthuriens : La défense de la Bretagne au 4ème siècle (Chapitre 3)
Posted by La Rédaction on 12th février 2016
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Pour lire le chapitre 2 “Les temps arthuriens : La lutte de Vortigern pour le pouvoir » : cliquez ici.

BREIZATAO – ISTOR BREIZH (12/02/2016) Pour comprendre comment fonctionnait l’armée d’Arthur et plus généralement les défenseurs de la Bretagne au 4ème et 5ème siècle, nous devons brièvement examiner la structure et la composition de l’armée romaine qui opérait avant eux jusqu’à son départ de l’île en 410. C’est sur ce modèle que Vortigern et plus tard Arthur bâtirent la défense de la Bretagne post-romaine.

La Bretagne était divisée en trois commandements militaires. L’on trouvait tout d’abord le « Dux Britanniarum », le « Conducteur de Bretagne », dont le quartier général se trouvait à Eburacum, l’actuelle York. Il avait la charge d’assurer la défense de la frontière nord grâce aux garnisons du Mur d’Hadrien. Ensuite la Bretagne était dotée d’un second commandant en la personne du « Comes Litoris Saxonici », le « Conte des rives saxonnes », officier assurant la défense des fortifications côtières le long de la Manche et de la Mer du Nord. Et enfin venait le plus important des trois grands postes de commandement, le « Comes Britanniae », littéralement le « Compagnon de Bretagne », commandant l’armée de campagne mobile composée des « comitatenses », les troupes non affectées à un poste frontalier fixe. Le terme « compagnon » renvoie, dans la république romaine, à un chargé de mission associé à un magistrat, tel un gouverneur.

Les différents commandements militaires romains en Bretagne

Comme dans les autres parts de l’Empire Romain, tous les soldats romains en Bretagne sont divisés en deux grandes catégories : les troupes de deuxième ordre à savoir affectées à des postes de garnison (héréditaires) que l’on nomme « limitanei » ; et celles de premier ordre, combattantes, appelées « comitatenses ». Les deux catégories disposent d’unités de cavalerie, d’infanterie, lourdes et légères.

Les « limitanei » étaient les descendants des légions romaines classiques et de leurs cohortes auxiliaires, stationnées le long de la frontière depuis l’époque d’Hadrien et, dans certains endroits, plus tôt encore. Au fil des siècles, leur taille et leur qualité se détériora. À partir du 3ème siècle, les meilleures étaient occasionnellement retirées à l’intérieur de la province pour constituer une armée mobile de campagne supplémentaire capable de répondre rapidement à n’importe quelle percée majeure sur un périmètre frontalier donné. Ces troupes et les nouveaux régiments levés par différents empereurs comprenaient également les « comitatenses » : l’armée mobile de campagne déjà présente dans la province.

Troupes des garnisons frontalières, dites « Limitanei »

La stratégie de l’Empire Romain tardif consistait à gérer les menaces mineures grâce aux « limitanei », comme les raids de pirates. On laissait en revanche les armées tribales ennemies franchirent la frontière entre les forts en cas d’invasion majeure : les barbares n’étaient pas familiers des guerres de siège et ceux-ci préféraient ne pas perdre de temps à prendre les fortifications frontalières. Les « limitanei » sortent peu après pour harceler l’envahisseur sur ses arrières ou couper le ravitaillement et l’afflux de renforts. L’interception de l’ennemi était laissée aux « comitatenses » afin d’enrayer l’invasion.

L’équipement de l’armée romaine au 4ème siècle est un assemblage d’éléments non-romains

Jusqu’au 5ème siècle, la différence qualitative entre les « limitanei » et les « comitatenses » avait été plutôt minime. Les « limitanei » pouvaient être retirées de leurs garnisons pour augmenter les effectifs des troupes de campagne mobiles lors d’opérations spécifiques. Ces « limitanei » prenait alors le nom de « pseudocomitatensis ». Au 5ème siècle, comme leurs rations de blé en provenance de l’Afrique du Nord impériale se réduisit, ces troupes devinrent des milices à temps partiel, vivant dans leurs forteresses avec leurs familles tout en menant des activités agricoles dans les environs. Avec la détérioration de la situation dans l’Empire Romain d’Occident, ces positions devinrent progressivement des îlots dans l’océan des territoires contrôlés par les Germains. Vers 490, beaucoup jurèrent fidélité aux nouvelles autorités germaniques, qu’elles soient franques, burgondes ou alémaniques.

On trouvait également un troisième ordre dans la structure militaire romaine : les Feoderati. À partir du 2ème siècle de manière continue, les Romains utilisèrent de petits groupes de guerriers tribaux provenant de l’extérieur de l’Empire. Ils se battaient dans leurs tenues propres, utilisant leurs propres équipements et tactiques sous l’égide de leurs propres chefs. Ils étaient engagés pour des périodes spécifiques et ne recevaient pas la citoyenneté romaine une fois leur mission effectuée (à la différence des auxiliaires recrutées dans les tribus internes à l’Empire). Parfois, ils étaient installés sur le territoire romain, souvent aux frontières, pour fournir à la fois de futurs soldats mais aussi pour créer un rempart entre les terres « civilisées » et les barbares environnants se trouvant par delà la frontière.

Des Feoderati ou « fédérés », troupes barbares alliées à Rome

À la fin du 2ème siècle, 5500 « feoderatii » sarmates de la frontière du Danube furent installés en Bretagne. Ils furent un moment placé sous le commandement de l’officier romain Lucius Artorius Castus ! Ce dernier servit dans diverses légions en tant que centurion et commanda deux légions bretonnes contre les Arméniens. Ces Sarmates et leurs descendants restèrent en Bretagne jusqu’à la fin de l’époque romaine et, supposément, après.

Un centurion romain comme Lucius Artorius Castus

À partir du 4ème siècle, des tribus entières furent engagées comme « feoderatii ». À mesure qu’augmentait leur proportion dans l’armée, ainsi en fut-il de leurs revendications. Alaric, qui commanda les « feoderatii » wisigoths dans les Blakans, se révolta avec toutes ses troupes quand sa demande d’être nommé « magister militum », général en chef des armées romaines en Illyrie, fut rejetée.

La Bretagne n’était pas protégée des attaques que par la seule armée romaine. Au nord, entre le Mur d’Antonin abandonné depuis longtemps et le Mur d’Hadrien, les Romains avaient entretenu une amitié et des alliances avec les tribus qui y vivaient. Le plus connu de ces peuples étaient les Votadini qui formèrent plus tard le Royaume de Gododdin au nord, dont une branche, sous l’égide de leur roi légendaire Cunedda, fonda le royaume de Gwynedd au Pays de Galles (dont nous avons parlé précédemment).

Le transfert de cette tribu alliée à Rome du sud de l’Écosse actuelle vers le nord du Pays de Galles eut lieu quelque part entre les derniers jours de la présence romaine en Bretagne et la moitié du 5ème siècle, soit entre 400 et 450. Il  a été suggéré que les autorités romaines ou britto-romaines utilisèrent ces redoutables guerriers pour écraser une colonisation irlandaise dans le nord du Pays de Galles, lui substituant un royaume-client en guise de rempart. Comme abordé auparavant, il est tentant d’y voir la main de Germanus ou de Vortigern entre 429 et 440.

L’armée qui garantissait la défense de la Bretagne comprenait entre 3400 et 4800 « comitatensis » assignés à l’armée de campagne mobile sous les ordres du « Comes Britanniae ». Le « Dux Britanniarum » disposait de 9000 troupes additionnelles dispersés au nord, et le « Comes Litoris Saxonici » commandait 2200 hommes assurant la défense des forts côtiers.

Les « Comitatenses » constituent le dernier corps professionnel de l’armée romaine

Ces unités étaient composées de cavalerie et d’infanterie. La majorité était armée de lances et de javelots ou les deux, même si une portion des auxiliaires étaient des archers. L’armée romaine tardive mettait l’accent sur l’archerie et les cohortes de « sagittarii » utilisaient de puissants arcs scythes composites, c’est-à-dire réalisés en plusieurs matériaux lui conférant une résistance supérieure à l’arc en bois. Les milices civiques recevaient elles des arcs conventionnels, pratiques pour des habitants de villes non entraînés dont le seul rôle consistait à défendre leurs remparts.

Archers romaines équipés d’arcs scythes

Au 4ème siècle, il restait deux restes émaciés des « vieilles légions » stationnant encore en Bretagne : la IIème Augusta et la VIème Victrix Fidelis Britannica. Celles-ci étaient à présent désignées comme « limitanei », la première stationnée sur les côtes « saxonnes » et gardant le fort de Rutupiae (la Richborough actuelle), la seconde Eburacum. Une de ces vieilles légions assignées aux frontières fut retirée par Stilicho en 406 pour faire face à l’invasion barbare en cours en Italie, très certainement la VIème Vitrix.

Les deux ne devaient pas excédé 1000 hommes chacune, et très certainement moins. Comme toute l’infanterie lourde de l’Empire Romain tardif, elles étaient équipées de petites lances appelées « lancea » ou de lance de jet appelées « spiculum », les deux pouvant être soit lancées soit utilisées en combat rapproché. À cela s’ajoutait un javelot appelé « verutum », ou plus rarement, par une demi-douzaine de petites flèches appelées « plumbata », disposées à l’intérieur du bouclier du fantassin.

Infanterie légère « auxilia » en action en avant de l’infanterie lourde

Peu de troupes en dehors de l’infanterie de campagne romaine portaient plus qu’un casque comme protection. Ce qui les désignait en tant qu’infanterie « lourde », par opposition à l’infanterie légère, était leur rôle au combat et les tactiques employées. L’infanterie lourde, quelque soit son armure si jamais elle en eut, combattait en ordre de formation profond et resserré avec ses boucliers se touchant les uns les autres. Leur rôle était de s’approcher de l’ennemi, et après avoir fait pleuvoir une nuée de projectiles sur lui, de l’anéantir à la lance et à l’épée.

Soldat de l’infanterie lourde romaine tardive (fin du 4ème siècle)

L’infanterie légère ou « auxilia » était plus souple et acquiert un rôle éminent dans l’armée de campagne mobile. Elle pouvait être utilisée pour déborder les flancs adverses ou de front, en avant de la ligne principale composée par l’infanterie lourde pour forcer l’ennemi à rompre les rangs, ouvrant la voie à une charge de l’infanterie lourde. Dans certains cas, elle formait un dispositif aussi dense et profond que l’infanterie lourde, s’ajoutant ainsi à la ligne de défense principale. L’infanterie légère était particulièrement utile en terrain boisé ou difficile. Son armement incluait également  la lance de combat ou de jet.

La majorité des « limitanei » stationnés en Bretagne – après que Constantin III eut emmené les « comitatensis » avec lui sur le continent en 407 – était composée d’infanterie légère dite « auxilia ».

La « notitia dignitatum » est un document romain exceptionnel du 5ème siècle détaillant les charges militaires dans le détail. Grâce à lui sont connus les livrées  figurant sur les boucliers des différentes unités. On note la présence du symbole « Yin et Yang ».

La cavalerie romaine de l’île était également composée d’unités lourdes et légères.

Beaucoup des unités de cavalerie des « limitanei » demeurées en Bretagne après 407 étaient classées comme « lourdes », armées de lance et de javelots, portant des éléments d’armure. Les Sarmates armés de lance dominèrent la cavalerie romaine durant les 4ème et 5ème siècle. Après le départ des Romains de Bretagne, les territoires septentrionaux de la province qui deviendront plus tard la Basse-Écosse furent partagés entre les royaumes de Gododdin et de Strathclyde. Ces derniers maintinrent une tradition cavalière jusqu’au 9ème siècle. Il n’est pas impossible que l’art de la guerre des fédérés sarmates ait influencé l’aristocratie bretonne du nord durablement.

Cavalerie lourde britto-romaine

La garnison romaine incluait aussi des régiments de cavalerie en armure dotée de lances ou de javelots ainsi qu’un large bouclier. Ils pouvaient accrocher l’ennemi à distance, l’arroser de javelots puis le charger avec lances et épées. Plus tard, durant l’époque post-romaine bretonne, la plupart des guerriers issus de la classe supérieure celtique et britto-romaine combattaient de cette façon, avec une importance plus grande accordée au harcèlement à distance.

La cavalerie légère de l’Empire Romain tardif tendait à être armée de javelots, avec tantôt de larges boucliers, tantôt de plus petits. Elle était utile pour harceler les flancs des troupes lourdes adverses et était très adroite pour arroser l’infanterie ennemie de ses armes de jets. Elle était également très à l’aise pour poursuivre des troupes en fuite et les anéantir à l’épée.

Il est à noter que les Bretons emmenés par Nominoë et Erispoë remportèrent d’écrasantes victoires contre les Francs au 9ème siècle en utilisant principalement des troupes montées pratiquant les tactiques de harcèlement que nous venons d’évoquer. Cette tactique reposant sur l’utilisation de troupes mobiles et rapides, cherchant à rompre la cohésion des unités adverses pour les détruire progressivement, semble avoir été une approche sarmate transmise aux Romains qui la transmirent à leur tour aux guerriers britto-romains qui l’utilisèrent du 5ème au 9ème siècle, y compris en Armorique.

Spatha romaine

La seconde arme la plus importante de toutes les troupes romaines, puis plus tard des troupes britto-romaines, fut l’épée, c’est-à-dire, la spatha. Le très court gladius des légions romaines classiques n’était plus utilisé depuis lontemps. La spatha résultait du besoin d’une lame plus longue pour un cavalier dont la position était plus élevée : elle servait d’arme de tranchant plus que d’estoc. Elle devint rapidement l’arme de côté de toutes les branches de l’armée romaine.

À suivre : Chapitre 4, les armées de Vortigern et de Hengist

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