La Chine entreprend la décolonisation de la Polynésie Française

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Le président polynésien Édouard Fritsch et le Vice-président chinois  Yi Luanchao

BREIZATAO -ETREBROADEL (14/03/2016) La Chine, désormais première puissance économique mondiale (en PIB PPA), entreprenait depuis les années 2000 un effort constant visant à s’emparer économiquement de la Polynésie et d’en chasser la France, puissance coloniale historique. Récemment, Pékin est passé à l’offensive directe. Face au mastodonte asiatique, Paris a peu de chances de conserver ce territoire faisant 5 fois la taille de l’Hexagone.

Le tournant des années 2000

Les indépendantistes de Polynésie ont recherché et obtenu, à partir des années 2000, des relations économiques étroites avec la Chine afin renforcer leur position face à la France. Peu après, des immigrants chinois se sont installés à Tahiti, atteignant plus de 12% des 300 000 habitants du territoire. Les Chinois ont rapidement conquis le monopole du commerce de détail. De par leur poids grandissant dans l’économie insulaire, les Chinois ont très vite accru leur influence sur la vie politique.

Les Chinois, quoique entretenant des relations avec toutes les figures du paysage politique de la Polynésie, ont soutenu très tôt le leader indépendantiste, Oscar Temaru. Même Gaston Flosse, l’ancien président de l’exécutif régional favorable au maintien de la Polynésie dans le giron français, avait rendu visite à la Chine en janvier 2014. Peu après son retour, il simplifia le régime de visa avec la Chine afin d’accroître le flot de touristes et de travailleurs temporaires.

Colonisation économique chinoise de la colonie française

Durant la première décennie des années 2000, les relations économiques entre la Polynésie Française et la Chine se sont constamment renforcées. Le commerce de perles noires, le seul secteur profitable de la Polynésie avec le tourisme, étant presque entièrement dirigé vers le marché chinois.

Tandis que l’approche stratégique chinoise repose résolument sur l’influence économique, la réponse de la France a consisté, de façon révélatrice, en un clientélisme de type socialiste via des transferts de fonds publics dénués de tout critère d’efficacité. Alors que la Chine « communiste » agit selon une logique purement capitaliste, la France oppose une réponse classique de type stato-interventionniste.

Sans surprise, en 2013, la somme des investissements chinois de capitaux dans l’économie polynésienne atteignait 5 milliards de dollars, une somme plus importante que les investissements français. En juin 2015, la présidence polynésienne et la Chine annonçaient le lancement d’un projet d’aquaculture colossal pour un montant de 1,5 milliards de dollars (voir ici). En décembre dernier, un groupe chinois annonçait l’investissement de 2,5 milliards de dollars dans un projet de complexe hôtelier (voir ici).

L’effort de conquête chinois, offrant un bénéfice net à son économie, autofinance la stratégie de Pékin. La réponse française représente quant à elle un déficit structurel qui ne parvient même pas à endiguer la progression de la Chine. Sur le long terme, la position de la France est virtuellement intenable.

L’irrésistible montée en puissance de la Chine

Fort de l’attractivité chaque jour plus grandissante de son marché intérieur sur l’économie polynésienne, le gouvernement chinois a lancé une offensive politique et diplomatique contre la France. Le plan chinois est simple : faire de la Polynésie un « royaume client » dont l’économie sera contrôlée par sa diaspora installée sur place. Des dirigeants autochtones seront chargés d’occuper les fonctions officielles et d’appliquer les directives de Pékin.

Pour les oligarques polynésiens, cette perspective n’offre que des avantages : toucher une part des bénéfices générés par les relations économiques avec la Chine tout en étant formellement en charge de la direction politique de la Polynésie et de sa population. Une position bien plus intéressante que la présence directe d’une autorité française de type coloniale. Au demeurant et contrairement à la culture impériale française, les Chinois, foncièrement ethno-différencialistes, ne veulent pas avoir à se charger des affaires tribales d’un territoire vassalisé.

En application de cette stratégie, la Chine a apporté, en 2013, son soutien à Oscar Temaru, le nouveau président indépendantiste de la Polynésie française. Pékin a ainsi activement soutenu et obtenu l’intégration de la Polynésie Française dans la liste des « territoires à décoloniser » de l’ONU. La Russie, au passage, y a également apporté son soutien.

La Chine, au surplus, a besoin d’un nombre toujours plus important de soutiens dans les organisations internationales, dont les Nations Unies. En cas d’accession à l’indépendance, l’état polynésien serait reconnaissant envers la Chine et voterait en conséquence en faveur de Pékin dans les différents forums internationaux.

Inutile de dire que Pékin nourrit les mêmes projets pour la Nouvelle-Calédonie dont les réserves de nickel – les premières du monde – sont d’un intérêt stratégique. Ayant longtemps imposé un embargo sur les exportations à destination de la Chine, les mines calédoniennes ont décidé très récemment de s’ouvrir au marché chinois, préfigurant ainsi la colonisation économique rapide de l’île par la Chine (voir ici).

La conquête du Pacifique

Mais la Chine n’entend pas limiter cette stratégie à la seule Polynésie Française. Elle vise, plus largement, à mettre un terme à toute présence euro-américaine dans l’Océan Pacifique, Hawaï incluse (voir ici). Aussi n’est-il pas inutile de rappeler que l’île de Guam, un territoire américain et une base militaire US, a vu son gouverneur se rendre plusieurs fois en Chine ces dernières années. Et il en va de même des îles Samoa (USA) ou de l’île de Pitcairn (Royaume-Uni). On y ajoutera, pour faire bonne mesure, l’île japonaise d’Okinawa que Pékin aimerait transformer en « royaume client » sur le modèle polynésien.

L’entreprise de « libération » de ces territoires du Pacifique correspond au projet global chinois visant à subordonner la totalité de l’Asie-Pacifique à son autorité.

Si l’on considère au surplus le plan chinois prévoyant la construction de 4 porte-avions et la constitution d’une flotte de haute-mer comparable à celle des USA, il devient évident que la France ne sera plus longtemps en mesure d’empêcher la Chine de procéder à la décolonisation de la Polynésie avec l’aide des indépendantistes autochtones.

 

 

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