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L’épopée de la Bretagne arthurienne, chapitre 5 : « La Terreur Saxonne »
Posted by La Rédaction on 19th mars 2016
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Vortigern venait donc de réveiller le loup saxon. À présent, tel Fenris de la légende nordique, la bête ne pouvait plus être tenue en chaînes. Hengist et ses « fédérés » saxons se retournaient contre Vortigern et les Bretons, dévorant leurs hôtes.

Horsa le « musclé » et « Hengist » le rusé

La date exacte de la mutinerie saxonne est inconnue. Il est peu probable qu’elle soit survenue avant 451 et pas plus tard qu’en 455. Nous ne savons pas davantage combien de guerriers furent impliqués dans l’insurrection. Une estimation sur la base des navires qui rejoignirent Hengist, selon les sources, oscille entre 1000 et 3000 hommes. Quoiqu’il en soit, ils constituaient le seul corps de troupes professionnel au cœur de la Bretagne, à côté de celui de Vortigern. Rien ou presque ne se dressait entre eux et les terres civilisées de la Bretagne romaine.

L’acteur James Cosmo dans le rôle de Hengist pour la série « Lancelot et Guenièvre »

Les bandes de guerre saxonnes sillonaient les campagnes et propageaient feu et sanglantes destructions dans tout le pays. Les fermes et les villas étaient pillées et incendiées, les villes saccagées. Les hommes étaient massacrés, les femmes violées ou tuées, ou avec leurs enfants, réduits en esclavage. Ces Saxons païens n’avaient qu’aversion pour les lieux de culte chrétiens : les églises étaient brûlées, leurs prêtres massacrés, leurs autels souillés.

À cette époque, nombre des plus riches Britto-romains et leur suite quittèrent le pays par désespoir, traversant la Manche pour trouver refuge en Armorique. Ce fut un processus s’étalant sur des années. Durant tout le siècle, la petite Bretagne demeura un abri pour les Britto-romains.

Aetius et Attila

Pour contextualiser la situation bretonne dans le plus vaste monde romain, arrêtons-nous sur la situation de l’autre côté de la Manche.

Dans la décennies précédente, les Bretons avaient appelé à leur aide Flavius Aetius, chef suprême des forces armées romaines en Gaule. Aetius servait le faible et paranoïaque empereur Valentinien III. Mais durant deux décennies, Aetius détint le pouvoir réel au sein de l’Empire Romain d’Occident. Le gros de son effort se porta sur la stabilisation de l’autorité romaine en Gaule, ce qui à la fin des années 440 avait produit des effets positifs sur la situation générale. L’hypothèse d’un retour de l’autorité romaine sur la Bretagne fut une possibilité très réelle durant toute la première moitié du 5ème siècle.

Attila le Hun

Mais en 451, toute chance d’appui romain à la Bretagne s’était envolée. Aetius et l’e pouvoir occidental devait faire face à un péril majeur visant la Gaule, donc l’existence même de l’Empire Romain à l’Ouest : Attila le Hun !

Les Huns, longtemps restés au delà des limites du monde romain, étaient les barbares que craignaient tous les autres barbares. Ils s’étaient installés en masse dans l’ancienne province romaine de Pannonie, le long du Danube. C’était là le résultat d’une négociation entre Aetius et Attila. Aetius était impuissant à éviter le franchissement des frontières de l’empire par ces cavaliers nomades. Pour éviter la guerre, et sécuriser son recrutement de mercenaires huns à ses propres fins, Aetius céda à Attila cette province frontalière, largement dévastée et vidée de sa population.

Aetius avaient eu recours depuis longtemps à ces guerriers des steppes pour son propre corps d’armée professionnel (« bucellarii »). En tant que chef surprême des armées romaines d’Occident, il est probable qu’Aetius ait introduit puis généralisé l’usage de l’archerie montée en usage chez les Huns. Pour tenir en respect ses rivaux, il lui fallait absolument avoir recours à ces mercenaires redoutables et féroces.

Cavaliers huns

Cependant, Attila avait de plus vastes projets que de demeurer un allié d’Aetius et de l’Empire. En 451, il se révolta et envahit la Gaule avec ses hommes, dont on peut estimer qu’elles comptaient entre 30 000 et 50 000 hommes. Dans ces conditions, Aetius ne pouvait absolument pas intervenir en Bretagne pour y restaurer la souveraineté impériale.

Avec les forces d’Aetius empêtrées dans la défense de la Gaule et la présence romaine en Gaule au bord de l’effondrement, une question émerge : l’opportuniste Hengist ne s’est-il pas mutiné lorsque l’appel des Bretons à Rome est resté sans réponse ? La convergence des dates est intriguante.

Comme dit auparavant, une forte diaspora bretonne s’était constituée avec des milliers de Bretons quittant l’île pour trouver refuge en Petite Bretagne. Là, ils deviennent les voisins des clans issus de la tribu scythe des Alains, installés en Armorique par Aetius.

Les Alains étaient originaires d’Ossétie, comme les Sarmates. Ils étaient d’excellents cavaliers, reconnus pour leur maîtrise de la lance, de l’arc et du javelot. Il n’y a aucune trace de conflit entre eux et les Bretons nouvellement arrivés. Il apparaît que le nombre de ces Alains devait être assez faible et qu’ils s’amalgamèrent au peuple breton d’Armorique au début du Moyen Âge. Les Britto-armoricains étaient connus comme de très bons cavaliers, et leur usage de tactiques de guerre issues des steppes, comme les fuites simulées pour encourager l’ennemi à rompre les rangs et à le charger ensuite, peuvent s’expliquer par une tranmission de la part des Alains. Cependant l’usage déjà très répandu dans l’île de Bretagne des tactiques sarmates laisse penser que les troupes bretonnes d’Armorique sont déjà formées à ces tactiques.

Cavaliers alain (gauche) et sarmate (droite) contre un Hun. Les Huns détruisirent les royaumes sarmate et alain au quatrième siècle.

Comme les Sarmates installés dans le nord de l’île de Bretagne, les Alains d’Armorique ont une tradition de cavalerie lourde, l’arme décisive contre laquelle les Saxons n’avaient aucune défense. À présent en Petite Bretagne une génération de Britto-romains apparaissait qui maîtrisait les arts de la cavalerie, cultivant l’esprit de revanche contre les envahisseurs saxons.

Les Bretons contre-attaquent

Dans la tradition bretonne, le fils de Vortigern, Vortimer – en gallois Gwerthefyr – joue un rôle central, prenant la suite de son père pour mener la contre-offensive bretonne contre leurs anciens alliés.

Il faut se souvenir que la mère de Vortimer était la première femme de Vortigern, peut être la fille de Constantin III, prétendant impérial et dernier Comes Britanniarum (« Conte de Bretagne »). Elle fut répudiée en faveur de la « païenne » Rowena, la fille de Hengist. Vortimer rompit peut être avec son père en raison du mauvais traitement infligé à sa mère. Il n’est pas impossible qu’il mena une fronde à l’intérieur du Conseil de Bretagne qui déposa son père, permettant à son jeune fils de commander vigoureusement la réponse bretonne.

Revenant à la tradition bretonne, Nennius – un moine du 9ème siècle – évoque trois batailles dans le Kent actuel. Premièrement à la rivière Darent / Derwent, une seconde à Epsford / Aylesford – vers 455 selon la chronique anglo-saxonne – durant laquelle le fils de Vortigern, Catigern, et Horsa furent tués. Enfin la bataille de Rutupiæ, la Richsborough actuelle où les Saxons furent vaincus et s’enfuirent jusqu’à leurs bateaux. Lors de la dernière bataille Vortimer fut gravement blessé, peut être mortellement, mais nous n’en savons pas davantage.

Toujours selon la tradition bretonne, les Saxons furent ainsi expulsés de l’île, bien que temporairement.

La chronique anglo-saxonne évoque en 455 la bataille d’Aylesford entre Vortigern, Hengist et Horsa et que ce dernier fut tué là.  Qu’après cela Hengist prit le contrôle du royaume avec son fils Esc / Oisc, qu’ils combattirent les « Brettas » (« Bretons ») à Crecganford sur la rivière Darent et que là « périrent 4 000 hommes », repoussant les Bretons vers Londinium (actuelle Londres). En 465, Hengist et Esc combattirent encore les Bretons à la bataille de Wippedesfleot. En 473, la dernière année où la chronique mentionne Hengist, le chef saxon, et son fils comme combattant les Bretons, « amassant un immense butin », les Bretons « fuyant l’Angleterre ».

Carte des batailles entre Britto-romains et Saxons, en 455

Si l’on se reporte à Nennius et à la version bretonne des événements, peu après l’expulsion des Saxons après la bataille de Wippedesfleot, le jeune Vortimer meurt de ses blessures. Vortigern envoya des émissaires à Hengist, demandant des pour-parlers de paix. La position de Vortigern était fragile, blamé par tous pour sa désastreuse « politique saxonne ». Il avait tout à craindre de ses sujets bretons et de ses rivaux, s’il voulait conserver le pouvoir, il devait faire appel à des prétoriens saxons plus que jamais.

Les Saxons acceptèrent et un festin fut organisé avec les chefs des deux camps. Hengist le rusé demanda à ses guerriers de venir armés de leur seax, cachés sur eux.

Au festin, chaque Saxon était assis à côté d’un Breton. Alors que le crépuscule arrive, alors que l’on célèbre la paix, les Saxons prirent soin de ne pas boire de trop. À un instant déterminé à l’avance, Hengist leva son verre pour trinquer une dernière fois. C’était le signal : alors que les Bretons étaient paisiblement saouls, les Saxons sortirent leurs dagues, frappant leurs voisins et faisant du repas un massacre.

Cette « Nuit des Longs Couteaux » (dont c’est là la véritable origine) aboutit à la décapitation de la direction bretonne. Seul Vortigern fut épargné, le vieillard étant retenu captif. Contre sa vie, Hengist réclamait l’Essex, le Sussex, le Middlesex, c’est à dire toute la Bretagne du Sud Est !

Divergence des sources

Nous voici donc avec deux versions divergeant considérablement sur les détails. Une version saxonne des événements présentant un tableau d’une avance stable et victorieuse de 455 à 473. La version bretonne est celle d’une campagne relativement courte se déroulant en quatre bataille, mais finalement perdue en raison de la stupidité et de la faiblesse de Vortigern et de la perfidie saxonne.

Comment réconcilier les deux ?

Premièrement, considérons les points sur lesquels les deux récits se rejoignent.

Les versions saxonne et bretonne s’accordent sur les batailles, leurs noms et les lieux où elles se déroulent. Elle s’accorde également sur trois batailles dans le Kent succédant à la mutinerie saxonne. Mais qui gagne ces batailles et sur quelle échelle de temps ?

La version saxonne a l’avantage d’un récit très simple. Nous savons que les Saxons conservèrent finalement le contrôle du Kent.

Ce qui donne du crédit à la version bretonne est la progression géographique des batailles : avec la dernière se déroulant finalement là où les Saxons débarquèrent en premier lieu, sur la partie la plus orientale du Kent. Très clairement, les Saxons perdent du terrain après chaque bataille.

Nous ne pourrons jamais connaître la vérité exacte sur le sujet, mais une théorie permet de réconcilier les deux.

Vortigern, peut être trop âgé pour conduire l’armée en personne, ou définitivement discrédité par son propre peuple, cède ou perd le contrôle de l’effort de guerre au profit de son successeur, Vortimer. En 454, en fin d’année, il mène les forces bretonnes dans le Kent. Les batailles sont livrées à Riverfords que de petites troupes saxonnes défendent. Combattant avec férocité, les pertes sont omportantes des deux côtés, les Saxons prenant l’avantage.  Tuant davantage d’ennemis, les Saxons peuvent revendiquer la victoire mais ils sont forcés de se retirer en raison de leur trop faible nombre. Défendant finalement leur base de départ à Thanet, les Saxons combattent les Bretons à Wippedesfleot / Ebbsfleet. Les Saxons furent contraints de réembarquer. Cette tactique de repli par vie de mer était également utilisée par les Danois lors de circonstances similaires des siècles plus tard et il apparaît plausible que Hengist ait voulu préserver ses troupes.

Tout ceci se déroule durant la campagne de 455, s’étendant peut être en 456, mais guère plus comme le maintient pourtant la Chronique Anglo-saxonne. Peu après, Vortimer meurt de ses blessures. Les milices bretonnes retournent à leur foyer ou dans leurs forts. Le printemps suivant, ayant refait ses forces, Hengist débarque à nouveau, débarquand au même endroit, sur l’île de Thanet.

La « Nuit des Longs Couteaux » peut être interprétée comme une pure invention.

Chapitre 6 :  Ambrosius Aurelianus

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