L’Emsav et l’État Breton : Avant-garde dans la guerre culturelle globale

164-17022014093548

BREIZATAO – BREIZHOURIEZH (24/03/2016) L’Emsav, le mouvement national breton, a tenté depuis 5 siècles de défendre autant que faire se pouvait les intérêts objectifs du peuple breton. Il est désormais en phase avec le nouveau cycle historique qui s’ouvre : celui de la guerre culturelle globale.

Régression de l’Emsav

L’Emsav a largement régressé après la perte de l’indépendance (1489), passant du nationalisme à un état que l’on pourrait qualifier de « semi-national », en ce sens que la conscience des élites bretonnes étaient suffisamment altérées pour qu’elles se contentent d’un statut de nation associée à la puissance occupante, le Royaume de France.

Ce « semi-nationalisme » ou autonomisme a globalement échoué, entre 1790 et 1815, à former un mouvement insurrectionnel national au moment où les Irlandais étaient déjà engagés dans leur lutte de libération. La chouannerie bretonne, paralysée par des cadres réactionnaires liés par leurs intérêts de classe à la monarchie hexagonale, ont engagé le peuple breton dans son ralliement à la monarchie constitutionnelle lors de la Restauration.

Le peuple breton est ainsi passé de l’indépendance à l’autonomie puis de l’autonomie à l’annexion complète. Ayant déserté le terrain politique et social, colonisé par les forces de l’oligarchie parisienne, les emsaverien se replièrent sur le combat culturel. Combat certainement essentiel mais voué à l’échec, faute de front politique.

Réactualisation idéologique

Les naissances de l’Union Régionaliste Bretonne, puis du Parti Autonomiste Breton et enfin du Parti National Breton ont permis, en moins de 40 ans, d’inverser le processus d’involution historique au plan purement théorique.

L’Emsav a alors constitué un laboratoire politique et idéologique essentiel. L’action culturelle du 19ème siècle, menée par des figures comme Luzel ou de La Villemarqué, a permis le développement d’une conscience bretonne fondée sur la culture commune héritée. Cette conscience ethno-culturelle pouvait ensuite servir de base à l’action politique : le nationalisme.

Le nationalisme breton, fondé sur le refus du contractualisme de la révolution française, opposa la cohésion communautaire issue de la fraternité du sang à la fable de l’universalisme proto-communiste du républicanisme français. Le fondement même du combat breton est un puissant instinct de conservation de la part de notre communauté ethno-nationale face au projet impérial et cosmopolite de l’État Français.

En ce sens, le nationalisme breton, fondé sur la culture, est par principe ancré dans l’histoire – au sens où il se veut réaliste – là où le progressisme stato-républicain s’enferme dans un optimisme utopique coupé des réalités humaines permanentes.

Les élites politiques françaises, partisanes d’un constructivisme radical, continuent leur œuvre de  destruction de leurs populations autochtones à la faveur de l’immigration de masse.

Un nouveau cycle historique porteur

C’est ici que l’Emsav renoue avec sa vocation historique. Si sa lutte pour la défense de la personnalité ethnique bretonne évoluait à rebours de la montée en puissance de l’impérialisme français et de son progressisme internationaliste, il est désormais en phase avec la fin de la modernité politique occidentale.

Nous quittons enfin le temps où le politique – c’est-à-dire l’action collective – était fondé sur l’adhésion idéologique des individus. Avec l’effondrement de l’Union Soviétique et la Chute du Mur de Berlin, le monde est entré dans la reconfiguration de l’ordre mondial sur des bases culturelles et civilisationnelles.

L’ordre international, actuellement  représenté par l’ONU, est progressivement en train d’imploser sous le coup de l’unilatéralisme de puissances civilisationnelles. L’ordre « horizontal » issu du juridisme droits-de-l’hommiste de l’ONU – sous produit de la Révolution Française – fait place à des rapports directs entre grandes puissances civilisationnelles. Cette mutation aboutit à l’émergence d’un ordre vertical où s’affronteront essentiellement le monde occidental mené par les USA et l’Asie menée par la Chine.

D’autres puissances s’affirmeront, comme la Perse chiite au Moyen-Orient.

Dans ce contexte nouveau, c’est l’identité qui va fonder le politique et non pas des superstructures fondées sur le contractualisme légal.

Changement de paradigme

L’Europe de l’Ouest amorce sa rupture avec quatre siècles de progressisme, d’individualisme et d’égalitarisme, pour retrouver un moyen terme : la communauté ethnique. C’est-à-dire une collectivité suffisamment significative pour défendre des intérêts pratiques et convergents, mais suffisamment petite pour être à l’image des individus qui la composent.

Posée à l’échelle du globe, cette question aboutit au recentrage de l’Occident sur sa souche raciale blanche et sa culture grecque et chrétienne. A l’intérieur même de ce bloc, des subdivisions vont surgir fondées sur l’ethnie et la langue, etc.

Dès lors que nous passons de la guerre idéologique à la guerre culturelle et de civilisation, le Peuple Breton se retrouve dans une situation où il dispose d’un capital historique décisif. Le logiciel politique ethno-national produit par l’Emsav entre la fin du 19ème siècle et la première moitié du 20ème offre, en dépit des apparences, une position avantageuse pour notre peuple.

Cependant, il lui faut des élites dotées d’une conscience ethno-nationale et que, fortes de celle-ci, elles décident de créer un ordre politique tel qu’il se manifeste par la restauration d’un état breton au sens plein et entier du terme. C’est-à-dire ordonné socialement dans la tradition celtique.

Intensifier la guerre culturelle

L’Emsav, comme nous l’avons vu, est par définition une avant-garde ethno-nationaliste et élitiste. Il est le seul acteur politique à même d’évoluer en termes culturels en Bretagne.

On soulignera, par opposition, que le régionalisme – peu importe sa coloration – tout comme le progressisme – socialiste ou libéral – sont deux pollutions extérieures qui, chez nous, sont de nature réactionnaire dans le sens où ils s’opposent à la restauration de l’ordre traditionnel tel que le formule l’Emsav.

Le régionalisme d’une part car il subordonne l’espace territorial breton à une entité anti-ethnique, le sous-système français intégré dans le système occidental actuel. Le progressisme, radical ou modéré, d’autre part car il arrime politiquement la conscience des Bretons à la modernité politique française, c’est à dire à la révolution française et ses bâtards que sont socialisme et communisme.

L’Emsav, pour retrouver plus rapidement son efficacité historique, doit donc accélérer la transition vers la nouvelle dialectique identitaire et culturelle.

Un des thermomètres de la montée en puissance du différentialisme et de la progression de la guerre culturelle globale sera, chez nous, l’accroissement de l’enseignement de la langue bretonne.

Un des champs de bataille primordiaux sur lequel nous devons engager la guerre est bien sur celui de l’invasion afro-islamique. Conformément à la mutation dialectique décrite précédemment, la confrontation avec les allogènes permet de redéfinir la base du politique en des termes ethno-culturels. Contrairement à l’approche antérieure qui consistait à se confronter à l’État Français, il est désormais nécessaire d’accélérer son obsolescence historique – désormais inéluctable – en désignant nous-mêmes un ennemi qui, paradoxalement, renforce par son opposition notre position dans la conscience des masses bretonnes, les libérant par là même.

Il n’est pas moins salutaire que les débris du progressisme se rallient aux allogènes et à leur bannière identitaire qu’est l’islam, dans la mesure où nous accélérons le passage à la nouvelle dialectique.

SHARE
Avis aux lecteurs : Si vous désirez informer la population bretonne de faits occultés par les médias d'état (insécurité, islamisme, immigration clandestine, corruption), vous pouvez contacter notre rédaction sur notre page Facebook (voir ici) ou à notre adresse email : redactionbreizatao@gmail.com.