Les temps arthuriens (Chapitre 6) : Ambrosius Aurelianus
Posted by La Rédaction on 30th mars 2016
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BREIZATAO – ISTOR (30/03/2016) Alors que la terreur saxonne se répand en Bretagne du Sud, ses premières victimes sont les fermiers et les propriétaires de villas issus de l’aristocratie romanisée des plaines. À la différence des habitants des villes et cités, ceux-ci ne disposent pas de puissants murs de protection. Les fermes sont donc pillées, les habitants chassés ou tués. Les découvertes archéologiques ont mis au jour des caches emplies de pièces romaines datant de cette période. Elles étaient en enfouies par leurs propriétaires avant de fuir, dans l’espoir de les retrouver plus tard.

Comme évoqué précédemment, beaucoup de ces fermiers et propriétaires terriens fuirent en Armorique, y fondant une colonie bretonne qui donna progressivement son nom à tout le pays. Beaucoup, mais pas tous : certains restèrent et contre-attaquèrent. Ceux-ci étaient menés par des gentilhommes britto-romains que l’on pense issus de l’aristocratie bretonne romanisée opposée à la politique saxonne de Vortigern. L’un d’entre eux était Ambrosius Aurelianus.

Gildas mentionne Ambrosius par son nom, en tant que chef de la résistance bretonne à l’envahisseur saxon après la chute de Vortigern. Comme nombre de princes de cette époque, ses origines ou ses antécédents sont peu connus. Gildas dit que ses parents – qui périrent durant la terreur saxonne – « portaient la pourpre ». Cela a depuis été interprété comme l’élévation du père d’Ambrosius à la dignité impériale, ou plus sûrement son grand-père. Il s’agirait peut-être de Constantin III qui était « Comes Britanniae » avant que ses troupes ne le proclament « Imperator ». Une autre théorie avance que Gildas voulait dire que la famille d’Ambrosius était de rang sénatorial, comme les sénateurs romains portaient des toges ou tuniques bordées de pourpre. Cependant, le terme « portait la pourpre » est une expression utilisée très fréquemment tout au long de l’histoire romaine et byzantine et ce exclusivement pour désigner la dignité impériale. Gildas affirme très certainement qu’Ambrosius descendant d’un ancien empereur romain ou d’un prétendant impérial. Il fut également suggéré que la famille d’Ambrosius étaient de vrais Romains qui venaient d’émigrer récemment en Bretagne, dans la dernière partie du 4ème siècle.

Sa base se situait dans le sud central ou dans le sud-ouest de la Bretagne. Une théorie très vraisemblable place ses possessions à Amesbury, à la frontière de la Plaine de Salisburry, lieu où se situe Stonehedge. On retrouve le nom de Amesbury sous le nom de Ambrebyrig, qui signifie « le fort d’Ambrosius ». Ambrebyrig ou Amesbury est une ancienne colline fortifiée datant de l’Âge de Fer. Le Camp de Vespasien se situe à seulement deux kilomètres à l’Est. L’historien R. Castleden suggère que la place aurait constitué un excellent point d’appui ainsi qu’un point de ralliement, capable d’accueillir une garnison d’environ un millier de soldats.

Tandis que les bandes de guerre saxonnes suivent la vallée de la Tamise et les routes romaines vers l’Ouest, brûlant et massacrant tout sur leur passage, ils durent atteindre les terres d’Ambrosius et de sa famille. La tradition rapporte que sa famille fut tuée et qu’il s’échappa seul, mais organisa par la suite la résistance.

La tradition prête également à Ambrosius l’opposition politique à Vortigern en Bretagne. Il appartenait peut-être à l’aristocratie romaine qui percevait Vortigern, un chef tribal de l’Ouest, comme un usurpateur de l’autorité légitime bretonne. Une théorie évoque une rébellion menée par Ambrosius contre Vortigern dans les années 430. Nennius évoque même une bataille entre Ambroius et un certain « Guitolinus / Vitalinus » à Wallop, près des possessions d’Ambrosius à Ambrebyrig / Amesbury.

Une bataille entre Vortigern et Ambrosius à cette époque soulève cependant beaucoup de questions. Premièrement, ce « Vitalinus » était-il un officier de Vortigern ? Ou bien Vitalinus est-il le véritable nom de Vortigern ? « Vortigern », comme l’affirment de nombreux universitaires, étant un titre brittonnique signifiant « Grand Roi ».

Très clairement, un Ambrosius menant une résistance active contre Vortigern à une date si précoce ne peut être le même qui mena la résistance contre les Saxons après 460. Cela laisse penser qu’il y aurait eu deux personnages : Ambrosius « l’Ancien », un riche propriétaire terrien membre du « Conseil de Bretagne », qui s’opposa à Vortigern dans les années 430, et son fils, Ambrosius, le dernier chef Briton.

Rappelons également que le conflit religieux entre les Catholiques et les Chrétiens Pélagistes ravagea la Bretagne de cette époque. Il a été mentionné précédemment que Vortigern fut le champion des Pélagiens. Est-ce que Ambrosius l’Ancien était le chef séculier de la foi catholique ?

Nennius et Geoffroy de Monmouth dans leur Histoires des Rois de Bretagne évoquent un Ambrosius Aurelianus fuyant jeune garçon, tantôt au Pays de Galles tantôt en Armorique, suite aux persécutions de Vortigern. Cela consécutivement à la mort du père d’Ambrosius, peut-être à la bataille de Wallop, et au massacre de sa famille. Mais comme l’avance saxonne se déroula entre 447 et 449, cela paraît peu probable. L’affrontement qui aboutit à la mort d’Ambrosius l’Ancien doit être différent, peut-être lié aux tensions religieuses à travers tout le pays.

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