UE, Euro et Otan : Un effondrement inéluctable lourd de conséquence

20131217_131217a-eu-nato

BREIZATAO – via Le Blog de Boris Le Lay (19/04/2016) Si l’on en juge par l’état des discussions politiques en France – mais aussi à Bruxelles – nombreux sont ceux qui raisonnent selon des schémas devenus largement obsolètes.

Le débat sur le souverainisme est à la fois « pertinent » et « dépassé ». Pertinent en ce sens qu’il intègre une réalité qui est déjà là : les états de l’UE n’agissent plus de manière collective. « Dépassé », pour cette même raison.

Pourquoi « débattre » de l’opportunité d’une « sortie de l’Union Européenne » ou de la zone euro quand les deux ont largement franchi le stade de l’implosion ?

Bien sûr, il restera une structure nommée « Union Européenne » comme il existe une ONU ou une Ligue Arabe. Elle servira essentiellement à coordonner des coopérations très générales et à garantir des traités d’ordre économique. Rien de plus.

L’UE et l’Eurozone ont été virtuellement détruites en Grèce où la crise de la monnaie unique et celle des migrants se sont conjuguées. Lorsque la chancelière allemande, Angela Merkel, a annoncé que son pays accueillerait les millions de musulmans candidats à la colonisation du continent, elle a détruit instantanément la zone de libre-échange et la monnaie lui étant liée.

Avec l’effondrement de la zone euro, l’énorme industrie allemande – qui exporte près de 50% du PIB national chaque année – va se retrouver en état de surcapacité colossale, faute de débouchés continentaux. Il faut comprendre ici qu’une chute de 25% de ses commandes se traduit par un déficit instantané de 12,5% de son PIB. Compte tenu des contraintes budgétaires allemandes, notamment conditionnées pour garantir un système de pensions de retraite plus que précaire, le sort de l’Allemagne est scellé.

Rajoutons que l’Europe de l’Ouest n’est plus au centre du jeu mondial mais précisément en train devenir une périphérie sans grande importance. Le PIB européen compte pour 19% de celui de la planète (Parité par Pouvoir d’Achat) actuellement. Une étude de Citigroup estime qu’il pourrait atteindre 11% en 2030 et de 7% en 2050 (source). L’Asie totaliserait 49% du PIB mondial, avec 25% pour la Chine et 15% pour l’Inde. Les USA lutteront pour se maintenir autour de 15% du PIB de la planète.

Effondrement de l’état-providence français

J’entends déjà certains « souverainistes français » se réjouir. Ce serait oublier que le premier partenaire commercial de la France est l’Allemagne, à 67 milliards d’euros. Inversement, la France est le troisième marché pour l’Allemagne, à 103 milliards d’euros (source).

Et ce serait également oublier que la France, paralysée par son stato-socialisme fossilisé, tombera avant l’Allemagne. Ceci pour ne pas parler des économies d’Europe du Sud, notamment italienne qui, contrairement à une idée reçue, a une industrie plus performante que celle de la France.

Ce à quoi nous assistons, c’est à l’effondrement final du continent ouest-européen après l’illusion d’une stabilité et d’une paix reconquises après deux guerres mondiales et 50 ans de Guerre Froide.

Ce qui attend la France comme l’Italie, c’est le sort de la Grèce. C’est-à-dire un effondrement général du PIB. Et ici il faut préciser que cette dernière n’a pas encore fini de s’effondrer. Elle n’a perdu « que » 25% de son PIB depuis 2007, étant maintenue artificiellement par des injections massives de liquidités. Dès lors que les transferts du nord de l’Europe vers le sud cesseront, la Grèce verra son économie entrer dans une dépression sans fin.

Mais à la différence de la Grèce où la société est culturellement défiante vis-à-vis de l’état, la société française est intégralement structurée autour de lui depuis la Révolution, au point d’être devenu le créateur de l’identité nationale française. Son effondrement n’aura pas seulement des conséquences économiques ou sociales, il va bouleverser les représentations collectives inconscientes, démentant les certitudes héritées les plus anciennes et désarticulant chaque individu au plus profond de lui-même.

La question de ce qui fonde l’identité française va logiquement entraîner une crise existentielle engendrant, en réaction, une radicalisation politique qui cherchera à « refonder » l’être collectif français sur une base non étatique.

Bruxelles ne compte plus

Les acteurs en présence sont en train d’intégrer cette nouvelle réalité, à l’exception des « anciennes » grandes puissances. Paris et Berlin continuent de soutenir Bruxelles dans ses tentatives inutiles de rappel à l’ordre.

Les nations européennes concernées, conscientes de l’obsolescence et de l’incompétence de la bureaucratie bruxelloise, ont tourné la page. Le sommet qui s’est déroulé à Vienne, en Autriche, et qui réunissait 10 pays des Balkans pour coordonner leur politique migratoire a signifié la mise à l’écart de Bruxelles, Paris et Berlin (voir ici).

Au surplus, la décision de l’Autriche de fermer le Col du Brenner face à l’imminent torrent afro-musulman en provenance de Libye a replacé les Italiens face à leurs responsabilités. Jusque là, ces derniers allaient secourir l’envahisseur grâce à leurs gardes-côtes, avec le soutien d’un Vatican soucieux de prendre sa part sur les fonds accordés pour prendre en charge les migrants clandestins.

Là aussi, le clergé italien risque d’être rapidement mis sous pression par une opinion publique italienne qui fera face par ailleurs à une dépression massive. Les banques du pays étant en état de banqueroute (voir ici).

L’Italie ne pourra plus compter sur Schengen pour se débarrasser de ses obligations. Sauf à être submergée rapidement par le flux massif des colons afro-musulmans, comme la Grèce, Rome va devoir abandonner les vieilles lunes de l’internationalisme antiraciste et stopper l’envahisseur africain.

Face à cette désintégration, Paris, Berlin et Rome tenteront divers subterfuges pour contenir le séparatisme des nations d’Europe centrale et orientale. Ce qui ne manquera pas d’alimenter ce dernier au lieu de le résorber. Pour preuve, la Hongrie entend organiser un référendum sur l’immigration afin de réaffirmer la primauté du droit national hongrois sur les décisions bruxelloises. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a reçu le soutien de l’ex-chancelier allemand Helmut Kohl (voir ici).

L’Otan n’existe plus

L’Otan, encore vilipendée avec férocité par nombre de souverainistes de tous bords, est dans la même situation. L’alliance est une « alliance sans armée ». La France, avec le Royaume-Uni, est un des rares membres de l’Otan a encore disposé d’un outil militaire, d’ailleurs très diminué. La France ne consent plus à un effort budgétaire militaire que de l’ordre de 1,5% de son PIB (source). L’adhésion à l’Otan suppose un effort de 2% du PIB.

Les USA, qui ont un PIB à peu près équivalent à celui des 28 états-membres de l’UE, estiment qu’il n’est plus possible qu’ils supportent à eux seuls 75% des efforts de défense de l’alliance. Moyennant quoi, un consensus émerge Outre-Atlantique : mettre les Européens face à leurs responsabilités ou se désengager. Ce qui se traduit par des appels à « augmenter » les budgets militaires des états membres.

Les États-Unis cependant ne pensent pas les Européens capables d’un tel effort, en raison d’un manque de volonté politique aux racines très profondes. Contrairement à l’époque de la Guerre Froide, les pays membres de l’Otan n’ont plus de cohésion culturelle, idéologique, politique et stratégique.

La France par exemple ne se sent nullement menacée par la Russie. C’est ce qu’ont révélé les sanctions prises contre Moscou dont se plaint désormais ouvertement le gouvernement français (voir ici). Les Polonais, les Baltes ou les Roumains réalisent donc que les Français ou les Allemands ne se battront pas pour eux en cas de conflit contre la Russie. Les Français parce que le sort des Polonais ou des Baltes les indiffère plus que celui des Maliens ou des Ivoiriens, les Allemands parce qu’ils sont plus préoccupés par le financement de leur retraite que d’un Front de l’Est.

Aussi les nations est-européennes ont-elles engagé des efforts bilatéraux afin de forger une alliance avec les USA. Ceux-ci mettent donc en œuvre le grand plan de Pilsudski, dit « intermarium », prévoyant de créer un rempart allant de la Finlande à la Bulgarie (voir ici).

La conséquence de cette indifférence ouest-européenne se traduit de fait par un effacement de ces pays dans l’ordre géopolitique européen. Et cela a un impact direct sur ce qu’il reste de l’UE, Paris ou Berlin devenant insignifiantes pour ce qui concernera la grande stratégique continentale. Celles-ci ayant été isolées – avec leur consentement – de l’espace frontalier de la Russie.

Quant à un « retournement européen » intégrant la Russie, bien que sympathique en théorie, il est au-delà des moyens et de la volonté de ces mêmes Ouest-Européens, bien plus préoccupés par l’impossible intégration de millions de musulmans analphabètes que de l’édification de « l’Euro-Russie ».

Les quatre espaces géopolitiques post-UE

L’Europe est donc en train de fragmenter en quatre zones « géopolitiques » indépendantes :

  • Une Europe de l’Est, conservatrice et nationaliste, dominée par la Pologne et intégrant la Hongrie, la Slovaquie, la Tchéquie, la Roumanie, les États Baltes et la Bulgarie.
  • L’Europe du Sud, socialiste et en échec structurel, comportant la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la France.
  • L’Europe du Nord, libérale, avec les îles britanniques et la Scandinavie.
  • L’Allemagne et ses alliés immédiats que sont l’Autriche, Belgique, Pays-Bas voire la Finlande.

Les USA estiment qu’il est de leur intérêt de contenir la Russie militairement et à se titre consentent à établir un système d’alliance bilatérale avec l’Europe de l’Est.

L’Otan, sans être formellement dissoute, restera une option diplomatique de « casus belli » permettant à la Maison Blanche de se réserver un droit d’intervention sur le continent en cas de menace stratégique. Mais pour la part conventionnelle de son système militaire, c’est le premier dispositif diplomatique qui prévaudra.

Inutile de dire, dans ce contexte, que les USA seront parfaitement à l’aise avec une Europe centrale et orientale de plus en plus nationalistes dans la mesure où elles renforceront le rempart continental anti-russe précité tout en s’éloignant de l’Europe Occidentale en voie d’afro-islamisation.

Un état en échec

La France ne sera plus un acteur majeur des affaires européennes. Dès lors que l’UE sera réduite à peu de chose sur les grands dossiers et que l’Eurozone aura été dissoute, l’influence française sur la majeure partie des pays d’Europe se sera évaporée.

Au surplus, la France va de plus en plus se focaliser sur ses affaires intérieures en raison de la crise systémique qu’elle va connaître. Une crise déclenchée par l’écroulement d’un état-providence insolvable qui nourrira la libanisation raciale et religieuse de son territoire.

De ce processus d’atomisation découlera une crise politique profonde et durable aboutissant à une évolution à « la libanaise » dans le meilleur des scenarii. C’est-à-dire un système où le gouvernement central est privé de pouvoir réel tandis que les partis politiques dominants, structurés sur des lignes ethno-confessionnelles et territoriales irréductibles, feront régner une inertie à peine troublée par de brusques accès de violences.

Au « pire » – ou au mieux – un scénario yougoslave aboutirait à la constitution de nouveaux états, à moyen et long terme.

Ce recentrage sur fond de défaillance générale de son économie contribuera à accélérer puissamment l’émigration de ses élites, des capitaux, de sa jeunesse. Il est probable que la nomenklatura au pouvoir optera pour une politique jusqu’au boutiste, donc autoritaire.

L’arrivée au pouvoir du Front National, si elle arrivait, ne résorberait pas cette crise mais l’accélérerait tout en l’aggravant mécaniquement. Hésitant probablement entre radicalité et continuité, une telle formule politique – ou apparentée – aboutirait à un pourrissement de la situation, c’est-à-dire une gestion tactique, sans plan d’ensemble. L’état Français, privé de recettes fiscales, sera progressivement limité à des missions restreintes, ce qui ne manquera pas de « privatiser » le domaine sécuritaire.

La France, comme la Belgique ou l’Allemagne, deviendra un « état en échec ».

Si certains pensent que j’exagère grandement, il suffit de garder à l’esprit la cartographie ethno-raciale de la natalité hexagonale :

73AKbAU

Si l’on a à l’esprit que dès 2025 les naissances seront pour 51% d’origine extra-européenne (voir ici), on a une photographie précise de la future carte politique du pays. Plus exactement, la carte du futur « méga Liban » que devient l’espace français sous nos yeux.

SHARE
Avis aux lecteurs : Si vous désirez informer la population bretonne de faits occultés par les médias d'état (insécurité, islamisme, immigration clandestine, corruption), vous pouvez contacter notre rédaction sur notre page Facebook (voir ici) ou à notre adresse email : redactionbreizatao@gmail.com.