Brest : L’islamiste radical et trafiquant de drogue Nassim Benantar continue ses activités depuis sa cellule
Posted by La Rédaction on 11th janvier 2017
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BREIZATAO – NEVEZINTIOU (11/01/2017) Après le procès en appel de Nassim Benantar à Rennes en juin dernier durant lequel il avait bénéficié d’une étonnante clémence (lire notre article), ce sont ses associés – dont ses frères – qui sont jugés cette semaine à Brest.

Rien n’a cependant filtré dans la presse officielle sur une réalité occultée par les autorités : cadre islamiste particulièrement radical, Benantar continue de gérer ses activités criminelles depuis sa cellule de la prison de l’Hermitage, à Brest. Neveu d’un pionnier du djihadisme algérien lui-même impliqué dans le financement criminel du terrorisme islamique, la question du but de ses activités de trafiquant de drogue n’est toujours pas posée.

La presse d’état tait le profil politico-religieux des accusés

Le journal Le Télégramme, proche de la municipalité socialiste de Brest, a tenu à cacher les noms – comme l’engagement islamiste – des maghrébins jugés cette semaine dans la même affaire. Il se contente de rappeler quelques faits d’enquête (source) :

Convaincus qu’il s’agissait de revenus d’un trafic de stups, les policiers de la SD avaient resserré leurs investigations autour de quelques « gros bonnets » connus pour leur implication tant dans les violences urbaines que dans l’économie souterraine, et notamment trois frères de Ponta (enclave musulmane de Pontanezen, NDLR). L’un deux, surnommé « Django », faisait d’ailleurs l’objet d’un mandat d’arrêt international suite à une précédente condamnation, déjà pour trafic de stupéfiants.

Et poursuit :

Il avait, un temps, pris la fuite en Espagne. Depuis quelques mois, il résidait en Seine-Saint-Denis, sous une fausse identité. De là, avec la complicité de ses deux frères, il avait réorganisé ses activités illicites. La drogue, en provenance du Maroc et d’Espagne, transitait jusqu’en Bretagne, via des convois « go fast » à raison de plusieurs déplacements par mois. En août 2014, les seuls transports à destination de Brest et Lorient auraient rapporté près de 102.000 € à leurs initiateurs. En septembre, la somme aurait dépassé les 176.000 €. C’est au péage de La Gravelle, non loin de Rennes qu’a été porté le coup d’arrêt à ce très juteux trafic.

En fait, le ci-devant « Django » n’est autre que Nassim Benantar que nous évoquions en introduction de cet article et dont nous avons parlé en détail lors de son procès de juin 2016.

A la tête du clan Benantar composé de lui-même et de ses deux frères, Nassim n’est autre que le neveu de Mabrouk Benantar, pionnier du djihadisme algérien et membre du Front Islamique du Salut (FIS). Ce dernier a notamment appartenu aux GSPC – Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat – dont il était un « porteur de valise ».

Arrêté en 1998 à Brest par la DST française, il est de nouveau arrêté en région parisienne en 2002 dans une affaire de financement du djihadisme par le grand banditisme (source). Mabrouk Benantar est alors affilié à l’idéologie du « Takfir » (excommunication) qui deviendra celle de l’Etat Islamique actuel.

Comme nous le disions dans notre article précédent (source), Mabrouk Benantar vivait comme son neveu Nassim à Brest dans les années 90. Il fréquentait déjà l’embryon de mosquée salafiste qui sera plus tard animée par Rachid Abou Houdeyfa, célèbre pour ses prêches radicaux.

Ces liens ont systématiquement été occultés par la presse gouvernementale.

Radicalisé, il continue de superviser le trafic depuis sa cellule

D’abord pressenti comme un jeune espoir du football – il a été un temps pris en centre de formation à Monaco – Nassim Benantar est revenu à Brest, dans l’enclave immigrée de Pontanézen, pour y encadrer un vaste trafic de drogue avec ses frères et autres compagnons de route.

Poursuivant la tradition familiale, il s’est dans le même temps engagé dans l’islam radical. En détention à Brest, il continue depuis sa cellule de gérer d’une main de fer son trafic de stupéfiants tout en étant devenu une des principales figures des détenus musulmans radicalisés.

Dans quelle mesure Nassim Benantar finance, grâce à ses activités criminelles, le djihadisme international ? Cette dimension n’a pas été abordée à ce stade et risque de ne pas l’être pour des raisons politiques.

Stratégie de défense

Lors de leur procès cette semaine, les frères de Nassim Benantar ont tous accusé celui-ci d’être le principal commanditaire. Une stratégie de défense que d’aucuns estiment avoir été mise en place par Nassim Benantar lui-même afin de permettre à ses frères d’être rapidement libérés pour mieux reprendre leurs activités.

Car le clan Benantar et ses divers associés de Pontanezen font face à une concurrence récurrente de la part de gangs ethniques rivaux.

Rappelons à nos lecteurs qu’une guerre de plus en plus violente pour le contrôle du marché de la dope a lieu entre l’enclave islamique de Pontanezen et celle de Kerourien. Concurrence dont nous avons parlé dans le détail par le passé (voir ici) et qui explique en partie les nombreux incendies criminels et règlements de compte de ces derniers mois (voir ici).

Le mois de décembre a été de loin le plus violent de l’année (voir ici).

Quoiqu’il en soit, les prisons sont clairement devenues des lieux privilégiés du recrutement djihadiste, la porosité entre la criminalité afro-maghrébine et l’activisme islamique n’étant plus à démontrer.

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