L’Arabie Saoudite (et les USA) impose un ultimatum au Qatar : cesser tout soutien aux islamistes, à la Turquie et à l’Iran
Posted by La Rédaction on 23rd juin 2017
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BREIZATAO – ETREBROADEL (23/06/2017) Peu après la visite de Donald Trump en Arabie Saoudite, la nouvelle stratégie américaine se met en place. Et elle vise à neutraliser les islamistes, qu’ils soient sunnites ou chiites.

Évolution politique

Cette stratégie vise à former un bloc israélo-arabe armé et soutenu par les USA comportant l’Égypte, Israël, les états du Golfe et la Jordanie voire, ultérieurement, le Kurdistan.

Première étape de cette évolution, la désignation de Mohammed Bin Salman comme Prince héritier d’Arabie Saoudite cette semaine.

Ce jeune homme de 31 ans est considéré comme un réformiste dont l’objectif est de de rompre, autant que faire se peut, avec l’ère wahhabite. But affiché : faire entrer le Golfe « dans la modernité ».

Avec la raréfaction pétrolière, la probabilité de troubles politiques à moyen terme se renforce. Alimenter des zélotes dans ce contexte reviendrait à paver le chemin pour une révolution islamique en Arabie Saoudite au détriment de la monarchie actuelle. « Normaliser » le pays est donc un enjeu stratégique.

Ce projet correspond aux objectifs de la Maison Blanche vis-à-vis de l’islamisme, qu’il soit sunnite ou chiite. Pour contrer l’expansionnisme iranien, Donald Trump a besoin de partenaires arabes gérables. Ce qui suppose de rompre avec toute forme de radicalisme islamique.

Pour l’Iran comme la Turquie et les Frères Musulmans, cette désignation de Mohammad Bin Salman est un désastre géopolitique. Elle signifie, dès à présent, une intensification de la crise face au Qatar, un des principaux financiers du djihadisme mais aussi de l’islamisme en Occident.

Outre ce soutien, l’émirat avait entrepris un rapprochement avec l’Iran. Une ligne rouge pour les USA, l’Arabie Saoudite et bien sûr Israël.

Ultimatum arabo-américain

Point d’orgue de cette évolution, un ultimatum en 13 points posé au Qatar ces dernières heures.

Les 13 points de l’ultimatum :

  1. Limiter les relations avec l’Iran aux échanges commerciaux, expulser tous les représentants officiels iraniens, notamment les Gardiens de la Révolution.
  2. Fermeture de la base turque au Qatar.
  3. Le Qatar déclare rompre avec toutes les organisations terroristes dont les Frères Musulmans, l’État Islamique, Al Qaeda, Fateh Sham (Al Nusra), le Hezbollah.
  4. Le Qatar cesse de financier les individus ou organisations extrémistes ou terroristes.
  5. Le Qatar livre tous les terroristes désignés par les 4 états arabes du Golfe ainsi que ceux désignés par les USA et la communauté internationale.
  6. Le Qatar ferme la chaîne Al Jazeera.
  7. Arrêt de l’interférence du Qatar dans les affaires intérieures des autres pays de la région.
  8. Des compensations financières pour les victimes de la politique étrangère du Qatar contre les 4 états arabes du Golfe demandeurs.
  9. Le Qatar s’aligne sur l’Arabie Saoudite conformément à l’accord de Riyad de 2013 et de 2014.
  10. Le Qatar donne toutes les informations sur les groupes politiques qu’il a soutenu.
  11. Tous les médias soutenus par le Qatar doivent être fermés.
  12. Le Qatar doit remplir ces conditions dans les 10 jours.
  13. Le mécanisme d’application sera basé sur des rapports mensuels la première année, trimestriels la seconde année, annuels pour les 10 années suivantes.

Un tel ultimatum semble avoir le plein soutien de la Maison Blanche, le président Donald Trump ayant passé outre les tentatives de sabotage du Département d’État, largement infiltré par les Frères Musulmans.

La Turquie islamiste réagit

Si un tel ultimatum était accepté par le Qatar, le djihad global et les Frères Musulmans perdraient une ressource de financement colossale. Une situation que la Turquie islamiste, dirigée par la confrérie, ne peut que redouter.

Le ministre de la Défense turc a logiquement rejeté les exigences saoudiennes (source). Cependant, si le Qatar cède, il sera impossible pour Ankara de maintenir une garnison dans l’émirat salafiste.

La Turquie et l’Iran, bien que concurrents en Syrie, se trouvent en accord sur le dossier qatari. Mais également sur le dossier kurde, avec l’annonce d’un référendum d’autodétermination pour le kurdistan irakien en septembre et la partition, de facto, de la Syrie au profit d’un « proto Kurdistan » syrien consécutivement à la chute de Raqqa. La Turquie comme l’Iran comptent des minorités kurdes qui pourraient bientôt se révolter contre eux.

Les USA et Israël – mais aussi l’Arabie Saoudite – soutiennent la constitution d’un tel état qui pourrait réunir jusqu’à 40 millions de Kurdes. Il aurait le potentiel, grâce à l’appui politico-militaire américano-israélien et le financement saoudien, de contenir l’influence iranienne et d’altérer la capacité de projection turque au cœur du Moyen-Orient.

 

 

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