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Les mystères du château de Rustephan
Posted by La Rédaction on 26th juin 2017
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BREIZATAO – ISTOR (26/06/2017) Selon la tradition un premier château a été construit à l’emplacement actuel par un fils du duc de Bretagne, Étienne, comte de Penthièvre et seigneur de Nizon, qui est décédé vers 1137. Le nom « Rustéphan » signifie d’ailleurs « château d’Étienne » en breton. On sait qu’en 1250 le château appartenait à Blanche de Castille. Selon certains historiens, il s’agirait d’un ancien pavillon de chasse des ducs de Bretagne. Sa position à l’entrée d’un grand bois qui couvrait alors en grande partie la paroisse de Nizon et où le gibier abondait rendent cette assertion plausible.

L’édifice actuel dont il ne subsiste que quelques ruines a été bâti par Jean II du Fou, grand échanson de France, fils de Jehan Ier du Fou, écuyer, seigneur de Kerjestin en Ergué-Gabéric et du Rustéphan, époux de Typhaine de Saint-Juzel ; Jean II du Fou est décédé en 1492.

La fille de Jean II du Fou et de Jeanne de La Rochefoucault, dame de Montbazon, Renée du Fou, se maria par contrat passé à Tours le 9 août 1492 avec Louis III de Rohan-Guémené, chevalier, seigneur de Guémené, de Montauban, de Romefort, etc, décédé en 1498.

En 1536, les Rohan possèdent encore Rustéphan, mais vers le début du XVIIe siècle, le manoir passe par vente à Charles de Guer, baron de Pontcallec. Il échoit ensuite à la famille La Pierre puis aux Euzenou de Kersalaun. Décrit comme étant à l’état de ruine en 1794 par Jacques Cambry, le vieux château fut vendu comme bien national le 8 juillet 1798. Les deux paysans acquéreurs démolirent bientôt l’arrière-façade et employèrent les matériaux à la construction de quelques granges. De 1832 à 1864, l’œuvre de démolition se poursuivit. En 1887, une nouvelle brèche fut pratiquée dans les ruines. Bien vite le Conseil général et la Société archéologique du Finistère tentèrent de s’opposer à l’œuvre de vandalisme, ce qui n’empêcha pas la façade du manoir de s’écrouler sous le pic et le levier des maçons.

Légende

La légende veut que Geneviève du Faou et Yannick Le Flecher hantent toujours le château. Elle est associée à l’histoire vraie et tragique d’un roturier (Yannick) qui tomba amoureux de Geneviève au XVIe, une des filles du seigneur de Rustéphan. Le seigneur désapprouvait bien sûr cette relation et Yannick fut contraint d’embrasser la carrière de prêtre et de quitter la paroisse. La jeune femme s’est alors laissée mourir de chagrin. Son esprit, vêtu d’une robe verte ornée de parements, hanterait toujours les lieux. La rode d’un vieux prêtre triste autour des ruines a également été rapportée. Ce récit a fait l’objet d’une gwerz, un chant traditionnel breton, Jenofeva Rustefan (Geneviève de Rustéfan), qu’a rapporté Théodore Hersart de La Villemarqué dans son recueil, le Barzaz Breiz.

Félix Benoist résume en ces termes cette légende :

« (…) Ainsi le peuple dit qu’anciennement on avait coutume de danser fort tard sur l’esplanade de Rustéphan, et que si cet usage a cessé, c’est que les danseurs aperçurent, un soir, la tête chauve d’un vieux prêtre, aux yeux étincelants, à la lucarne du donjon. On ajoute qu’on voit encore, vers minuit, dans la grande salle, une bière couverte d’un drap mortuaire, dont quatre cierges blancs, comme on avait coutume pour les filles nobles, marquent les quatre coins, et qu’on voyait jadis une jeune demoiselle, en rob de satin vert, garnie de fleurs d’or, se promener à la clarté de la lune sur les murailles, chantant quelquefois et pleurant souvent.. Quel mystérieux rapport peut-il y avoir entre ces deux vagues figures de prêtre et de jeune fille ? La ballade nous apprend qu’une héritière de Rustéphan s’éprit d’un clerc qui lui rendit l’anneau des fiançailles pour se consacrer à Dieu, et que la jeune fille mourut de douleur le jour où son amant célébra sa première messe. »

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