LATEST NEWS
Catalogne : Soutenu par l’UE, le gouvernement de Madrid tente d’empêcher le référendum d’autodétermination
Posted by La Rédaction on 18th septembre 2017
| 380 views

BREIZATAO – ETREBROADEL (18/09/2017) La situation se tend rapidement en Catalogne où le gouvernement de Madrid réprime brutalement toutes les personnes manifestant leur désir de maintenir le référendum d’auto-détermination devant se dérouler le 1er octobre 2017.

Le gouvernement central espagnol a ainsi décidé d’opter pour la répression pure et simple plutôt que d’opter pour l’approche britannique en Écosse. Londres avait en effet accepté la tenue d’une consultation populaire en 2015.

Madrid a ainsi interdit tout signe pro-référendum dans l’espace public catalan, ce qui amène à des actions de la police contre les populations qui arborent des badges ou distribuent des tracts.

Plus largement, les maires catalans jugés « complices » de l’organisation du référendum ont été spécifiquement ciblés par le gouvernement de Madrid.

 

Le Monde (source)

La place Sant Jaume de Barcelone, sur laquelle se font face la mairie de Barcelone et le palais de la Généralité, le gouvernement catalan, est bondée samedi 16 septembre à 12 heures. La foule, qui déborde dans les rues piétonnes adjacentes, entonne soudain la célèbre chanson antifranquiste de Lluis Llach, L’Estaca, puis le chant des Segadors, l’hymne catalan. Les cris « Votarem » (Nous voterons), « Independancia » et « Llibertat » retentissent […] Le parquet général d’Espagne avait ordonné mercredi aux procureurs de Catalogne de citer à comparaître ces maires prêts à coopérer « à l’organisation du scrutin illégal » pour les mettre en examen. S’ils ne répondent pas à la convocation, ils peuvent être arrêtés.

Plus de 700 maires catalans ciblés par Madrid étaient présents à la mairie de Barcelone pour protester et ont chanté l’hymne national en défiance de la répression espagnoliste.

Le site internet communiquant les modalités du référendum a été bloqué par le gouvernement de Madrid avec l’appui des grands groupes de communication. Le président de la Catalogne Carles Puigdemont propose une liste de proxys pour contourner la censure d’état.

L’État Espagnol au bord du désastre

Le Premier ministre écossais, Nicola Sturgeon, a apporté son soutien au processus démocratique catalan, soulignant que le droit à l’autodétermination était garanti par la Charte des Nations-Unies.

Deux conceptions sont ici à l’œuvre : celle de souveraineté étatique, dite « nationale », et celle de souveraineté populaire, dite « démocratique ». Le gouvernement espagnol assure que puisque la constitution espagnole ne permet pas à la Catalogne d’organiser un référendum d’autodétermination, celui-ci est « anti-démocratique » car opposé à « l’état de droit » que garantit cette même constitution.

Or, si la majorité des Catalans veut effectivement voter pour décider de son futur, le gouvernement de Madrid oppose son refus à un peuple entier.

Ce jésuitisme légaliste utilisé par le gouvernement de Madrid vise en fait à empêcher le peuple catalan de s’exprimer démocratiquement car l’Espagne risque de perdre un territoire qui constitue 20% de son PIB. En faillite comme de nombreux états d’Europe Occidentale, l’Espagne ne peut se permettre de perdre de telles recettes fiscales sans faire défaut, entraînant avec elle le reste de l’Eurozone.

L’UE opposée à l’indépendance

L’Union Européenne est fermement opposée à l’indépendance de la Catalogne, tout comme elle l’était à celle de l’Écosse. Pour une raison simple : l’UE n’est que l’union de 28 états membres dont un certain nombre répriment eux-mêmes des peuples luttant pour l’indépendance.

Jean-Claude Juncker, président de l’Union Européenne, a donc rappelé que la Catalogne serait immédiatement exclue de l’UE en cas de victoire du « oui » (source).

Cette position est cependant à double tranchant : Bruxelles a jusque là assuré que les états-membres ayant adopté l’Euro ne pouvaient pas quitter l’UE et l’Eurozone. Ce fut le principal argument pour le maintien de la Grèce dans la monnaie unique. Or, en excluant de facto l’une de ses régions les plus riches où l’Euro est en vigueur, l’UE démontrerait qu’un tel départ est possible.

Ironie, ce serait à l’initiative de Bruxelles qu’aurait lieu un tel développement, les Catalans voulant majoritairement demeurer au sein de l’Union Européenne. Après le Brexit, l’indépendance de la Catalogne aurait donc toutes les chances de plonger l’UE un peu plus dans une crise institutionnelle profonde.