BREIZATAO – PENNAD STUR (07/12/2017) Le Président Donald Trump a reconnu, au nom des Etats-Unis, Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, appliquant ainsi une autre promesse de campagne.

Les Palestins hors jeu

Cette décision intervient alors que rien, concrètement, n’a avancé ces vingt dernières sur la question d’un traité de paix entre Israéliens et Arabes de Palestine. Lassé de l’attentisme arabe et des mesures dilatoires en leur faveur de la gauche occidentale, le Président Trump a une nouvelle fois opté pour un choix qui clarifie la situation. Une approche similaire à celle de son administration sur la question du programme nucléaire nord-coréen.

Sur le terrain, la reconnaissance américaine ne change pas véritablement la donne : la moitié est de la ville demeure arabe. Elle renforce cependant Israël dans son désir de légitimer l’administration souveraine de la ville en son entier tout en assurant, comme l’a déclaré le Premier ministre Benyamin Netanyahu, « le libre accès aux lieux de culte » à toutes les confessions.

Cette reconnaissance, qui signifie la fin des négociations de paix depuis longtemps au point mort, n’aura aucun impact sur la situation au Moyen-Orient. Contrairement à ce que peuvent évoquer les « experts » de la presse française, le « conflit israélo-palestinien » ne joue plus aucun rôle dans l’actuelle configuration de la région. Celle-ci s’ordonne désormais entre pro et anti-iraniens et aucun état arabe ne prête sérieusement attention à ce qui se déroule en Palestine.

D’une certaine façon, les Palestiniens ont exploité à outrance la bienveillance de la gauche occidentale, pensant qu’elle prévaudrait toujours. Si bien qu’ils n’ont plus jugé nécessaire de négocier un accord durable avec Israël. Las, les voilà désormais sans véritable levier d’influence.

Les USA dans le grand jeu

Dans les faits, une très grande majorité d’états continuera de ne pas reconnaître la souveraineté israélienne sur Jérusalem – du moins sur la partie est-, à commencer par les quelques cinquante pays musulmans de la planète.

Il faut surtout interpréter cette décision comme un message envoyé aux tenants du globalisme : l’approche concertée et multilatérale qui contraignait les USA à rechercher l’aval de puissances tierces avant d’agir est révolue. Il s’agit d’un retour de la culture du rapport de force. Ce retour est à distinguer de celui de l’ère Bush où il s’agit toujours de façonner l’ordre mondial dans une logique globale par la force des armes.

Face à des puissances émergentes et concurrentes comme la Chine et l’Iran, les USA ressentent la nécessité de s’engager plutôt que de feindre la neutralité. Ne disposant plus d’une suprématie aussi écrasante qu’en 1991, leur aspiration au rôle de juge de paix universel est devenue caduque. Aussi renforcent-ils leurs lignes en marquant leur soutien à des états alliés.

D’une certaine façon, la période de l’après Guerre Froide touche à sa fin, remplacée par une confrontation de plus en plus forte entre blocs culturels.

Indépendamment de ce que chacun peut penser de cette question territoriale, on notera que le président US croit en l’action et non aux discussions convenues stériles qu’affectent politiciens et diplomates et que cette philosophie guide ses décisions. Immobilisme que le Président Trump perçoit comme un facteur d’enlisement pour les USA.

Pour Israël, c’est une victoire symbolique. Si pour les Israéliens la question n’a jamais fait l’objet du moindre débat, recevoir l’appui de la première puissance de la planète demeure un atout considérable.

En France, pays largement acquis aux intérêts islamiques, les réactions ont été hostiles. Le président français s’est lamenté de la décision américaine.

Mais là encore, la France n’a aucune sorte d’influence significative et doit donc se contenter de commenter le nouvel ordre des choses.

 

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  • Stern

    Excellente analyse. Merci