BREIZATAO – PENNADSTUR (12/12/2017) La victoire des nationalistes corses aux dernières élections territoriales représente pour les Bretons une sévère leçon de réalisme politique dont ils sont toujours, en 2017, incapables.

Avec plus de 56% des suffrages exprimés, les nationalistes corses ont remporté une victoire historique, confirmant le tournant de décembre 2015 où ils l’avaient emporté sans disposer à l’époque de la majorité absolue des suffrages.

Première leçon, celle de la patience. La lutte nationale corse, si elle est séculaire, s’est surtout intensifiée à partir des années 60. La progression fulgurante des nationalistes ces deux dernières années ne l’est qu’en apparence : il a fallu plus d’un demi siècle de lutte politique et de sacrifices pour parvenir au résultat actuel. Cette patience s’explique par la nature même du combat nationaliste qui dépasse, par définition, une élection ou une génération.

Conséquence de la dissolution avancée de la France, les partis français sont pour l’essentiel de simples syndicats électoraux qui n’ont plus rien à dire ou à offrir. La permanence identitaire corse vient répondre à cette érosion. En Bretagne, aucune offre politique identitaire et nationaliste n’est venue répondre à l’effondrement de l’ordre social et politique français.

Les nationalistes corses n’ont jamais cédé et ont toujours affirmé leur idéal, envers et contre tout. En Bretagne, l’obséquiosité ambiante associée à l’influence désastreuse de la bourgeoisie urbaine loyaliste ont mené à l’impasse. Les Corses s’inscrivent dans l’histoire tandis que les Bretons s’en effacent volontairement.

Deuxième leçon, celle du patriotisme. Les nationalistes corses ont démontré qu’ils formaient effectivement une nation en faisant prévaloir l’intérêt national corse au détriment des questions de purisme idéologique et d’épicerie politique. Autonomistes et indépendantistes se sont alliés pour vaincre. Ils ne raisonnent pas en termes de « droite » ou de « gauche », mais en termes nationaux, c’est-à-dire en termes de « corse » ou de « non-corse ».

En Bretagne, sous l’influence d’une gauche aussi radicale que sectaire et groupusculaire, rien de tel n’a pu émerger. Alors que les autonomistes et indépendantistes corses se rassemblaient lors des élections régionales de 2015, on assistait en Bretagne à l’éternel sabotage de l’UDB qui, rappelons-le, en est toujours à faire chanter l’internationale lors de ses rares réunions publiques. Ceci quand elle n’apporte pas son soutien aux fractions les plus dures de l’islamisme turc, par islamophilie.

Si Jean-Guy Talamoni a été reconduit en sa qualité de militant indépendantiste revendiqué, Christian Troadec, sous l’influence de l’UDB, continuait de jouer sur tous les tableaux en se noyant dans la promotion d’un « régionalisme » sans aucune force de suggestion. Plutôt que d’embrasser la soif d’enracinement identitaire et de rupture, il continuait à vouloir évoluer dans le sillon franco-socialiste.

Les Corses sont à des kilomètres de cet amateurisme et de cet opportunisme à la petite semaine : ils ont fait le choix de la responsabilité politique sans rompre avec leur projet de rupture.

Troisième leçon, celle de l’affirmation identitaire. Conséquence de l’influence de la gauche coloniale en Bretagne, les réseaux régionalistes et culturels se sont largement alignés sur les partis socialistes ou marxistes hexagonaux. Ils ont repris à leur compte les slogans anti-nationaux et anti-identitaires en provenance de Paris tout en prétendant défendre un peuple dont ils nient par principe l’existence. Logique schyzophrénique qui a amené les fameux « défenseurs de l’identité bretonne » à vendre le projet d’une Bretagne africaine affublée d’un chupen. Le rôle de ce régionalisme de gauche a consisté à accompagner la destruction identitaire du peuple dont ses tenants se proclament frauduleusement les avocats.

En Corse, encore une fois, rien de tout cela. Si Talamoni est situé à gauche, son discours sur l’immigration et le remplacement de population lui vaudrait, en Bretagne, des bordées d’injures et un décret formel d’excommunication de la part des mêmes génies qui ont mené la question bretonne dans l’impasse, toujours plus soucieux qu’ils sont du salut de l’humanité plutôt que de celui de leur propre peuple.

Talamoni, en tant que nationaliste, pense et agit en patriote corse et non en tant que compagnon d’Emmaüs. Une distinction qui, chez nos cagots armoricains, semble inaccessible.

Ainsi donc, quand les nationalistes corses mettaient formellement en garde les djihadistes infiltrés sur le continent, en Bretagne les curés du socialisme bêlant s’engageaient pour le droit de l’Afghanistan à s’implanter dans le Kreiz Breizh. La sénilité a là atteint des sommets.

Dès lors, comment s’étonner que le gouvernement français ait décidé de ne pas implanter de migrants clandestins sur l’île quand dans le même temps, en Bretagne, Troadec fanfaronnait en installant des syriens dans sa commune, pourtant largement paupérisée ?

En politique, il n’y a pas de mystère : on a que ce qu’on mérite. Faute d’un front nationaliste unifié, la Bretagne restera un nain politique et continuera de sombrer au rythme de la France.

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