S’il est des mouvements de gauche patriotique qui luttent pied à pied pour défendre l’héritage des Anciens, la France elle semble ne conserver que le pire de l’idéologie progressiste, à savoir son caractère égalitariste et universaliste.

Victime du « syndrome évangélique », cette même gauche se croit investie et légitime pour non seulement détruire les sociétés qu’elle contrôle, mais encore de leur imposer ses propres philosophies et structures mentales. On ne comprendra jamais la situation si l’on ne garde pas à l’esprit le fait qu’en France, l’individu a le devoir de se conformer aux normes dictées par une élite auto proclamée « garante de la vérité ».

Cet élitisme, cette rupture entre le peuple et l’élite, se retrouvant jusque dans l’organisation territoriale centralisée à l’extrême. Fonctionnant selon schéma dualiste Bien/Mal, Paris/Province, Tradition/Table Rase, l’intelligentsia jacobine et ses pseudopodes font de toute communauté organisée selon des schémas exogènes une entité évoluant en dehors de « l’Humanité », c’est à dire d’elle même, et donc susceptible d’être détruite en conséquence pour la victoire du camp du « Bien », celui de la religion du « Progrès » et de la « Fraternité ».

Un article d’un journal français dit « de droite », aux mains d’un vendeur d’armes pro-israélien, Le Figaro pour ne pas le citer, nous gratifie d’un article édifiant de fiel. Il est symptomatique que ce média interview pour les besoins du système des acteurs éminemment connus pour leur sympathies socialistes. Preuve que sur ce sujet fondamental de ce qu’est en France un peuple, la convergence de vue platonicienne est patente. S’y agitent notamment des professeurs d’université notoirement compagnons de route du Parti Communiste Français, plus grand parti cocardier et jacobin après le Front National, et un animateur culturel trotskiste vivant de la culture bretonne dans le monde audiovisuel (qui en France est largement subventionné par l’état, comme de juste).

L’article se justifie comme une attaque en règle contre le Festival Interceltique, naturellement jugé coupable de deux péchés mortels pour un intellectuel parisien: il est populaire non seulement d’un point de vue événementiel mais encore sur le plan culturel. Cette plèbe ignoble qui ose encore se rouler dans une identité de tradition si éloignée du « génie français » normé depuis Paris. Notons que le FIL a reçu 100 000 euros de subventions alors qu’il est le premier festival de France (700 000 visiteurs) tandis que le Festival d’Avignon, parangon de la culture de la bourgeoisie parisienne reçoit plus de 5 millions d’euros pour 116 000 spectateurs.

De façon caractéristique, le titre sarcastique se veut d’emblée un programme: « Bretagne insolite: esprit celte es-tu là ? ». Article rédigé par une juive de Paris, Florence Halimi, dont on supposera pourtant qu’elle tient beaucoup de son coté à l’identité de sa communauté (Mais nous avons l’habitude de ce double discours).

L’article commence fort:

« Qui dit Celte pense à un improbable inventaire à la Prévert où s’épousent, sur fond de brumes et de landes entrelacées, d’étocs éventreurs et d’amers rassurants, les différentes «patries» celtophones: Irlande, pays de Galles, Écosse, île de Man, Bretagne bien sûr, voire Galice espagnole, dont la «celtitude » est contestée par de nombreux historiens. »

Le postulat de base est énoncé, les pays celtes n’en sont pas et les « historiens », dont les sympathies politiques sont soigneusement dissimulées aux lecteurs, sont conviés à en attester. L’objectif de l’article est clair: détruire.

Est invité pour ce faire un ancien professeur d’université en retraite, comprendre marxiste, Patrick Galliou. Citons encore l’article:

« Curieusement, si la Bretagne est la région française la plus marquée par l’imagerie celtique, elle fut historiquement l’une des moins occupée par cette civilisation indo-européenne migrante, établie notamment dans l’est de la France, en Italie du Nord, en Hongrie. « Il serait plus juste d’inviter les Auvergnats au festival Interceltique « 

Nous voilà donc « marqués par une imagerie » alors que dans cet article en réalité c’est bien l’auteur qui, mêlant incompréhension et sabotage, navigue dans un imaginaire français issu du 19ème siècle qu’elle raille tout à la fois. Le pays breton quant à lui n’est plus du tout celte. Les tribus gauloises qui y vivaient et dont une , les Vénètes, donna de sérieuses inquiétudes aux légions de César, ont disparu. La colonisation bretonne qui revivifia le celtisme dans la péninsule ? Pas vu. Les Auvgernats au final sont eux bien plus celtes, comprenez donc que ce festival interceltique n’a pas lieu d’être et en tous cas pas à Lorient, chez ces Bretons qui visiblement n’ont pas compris qu’ils n’en étaient pas.

LE révisionisme historique, sibyllin, s’affirme, fait de mensonges par omission. Patrick Galliou parle:

« La Bretagne n’était pas le centre ancien du monde celtique. On y a trouvé peu de traces archéologiques, contrairement aux vallées de la Moselle et du Rhin moyen. On n’en trouve d’ailleurs pas davantage en Irlande, et l’on peut se demander si les régions dites celtes aujourd’hui ne sont pas plutôt liées par une culture et des modes de vie similaires, inhérents à leur façade maritime. La Bretagne, de bord de mer surtout, est une sorte d’éponge, ce qui peut expliquer ce paradoxe étonnant entre, d’une part, l’absence de vestiges, et, d’autre part, la présence de noms celtiques dans ces contrées dès le IV e siècle avant Jésus-Christ. »

En réalité on ne parle pas du même pays. Les Bretons dont parle l’article ne sont pas ceux que Galliou cherche dans l’Armorique antique. À dessein. De telles méthodes ne pourraient avoir lieu dans le monde universitaire anglo-saxon ou un tel chercheur aurait du se recycler dans la vente de sandwichs (Nous invitons au passage le dit historien à formuler son intéressante théorie à Cork ou Dublin ou il serait reçu comme il se doit). Mais soulignons que l’Université Française, totalement effondrée et dont la première université est classée 49ème au niveau mondial, n’est plus depuis longtemps qu’un relais de l’idéologie française chargée de plier les faits jusqu’à ce qu’ils confortent les présupposés progressistes de l’élite en place. Pas étonnant donc de lire ce genre d’énormités. Réaffirmons donc, même si cela semble aberrant que de devoir le dire en 2010: les Bretons d’aujourd’hui viennent de l’île de Bretagne qui fût un espace de développement important du monde celtique. Ce qui est éludé dans ce mauvais papier.

Nelly Blanchard, grand communiste français devant l’éternel, nous donne ensuite une vision de l’histoire bretonne soigneusement revue et corrigée par l’historiographie marxiste:

« On assiste à une esthétisation de la Bretagne, à une forme de courant anti-Lumières, en réaction à la toute-puissance de la raison, de la loi, des institutions, auxquelles on oppose charme, coutumes, irréalisme. La Bretagne porte l’image des temps d’avant la civilisation, d’avant le christianisme, d’avant le droit et d’avant l’Etat. Cette Bretagne allégorique est un artifice créé au XIX e siècle par et pour les classes hautes de la population bretonne ou les intellectuels bretons en exil à Paris, en proie à des inquiétudes sur leur condition, leur rôle, le sens de l’histoire et la marche effrénée du monde.

On ne peut que rire de l’ignorance crasse de l’auteur au sujet de la civilisation celtique dont Christian Guyonvarc’h, historien, a démontré l’extrême sophistication notamment sur le plan juridique et social. Nous assistons là en vérité à l’étalage partisan de la vision d’intellectuels de gauche dure férus de culture gréco-latine, soigneusement débarrassée de tout ce qui ne correspond aux dogmes universalistes du Progrès (On doute que la constitution de Périclès trouve grâce aux yeux de Nelly Blanchard qui risquerait d’y voir un proto-fascisme). Intellectuels qui ne supportent pas qu’une autre vision du monde puisse coexister à coté de la leur et qu’ils renvoient au germe d’un « romantisme fâcheux » ayant tendance à ne pas voter socialiste.

L’auteur de l’article nous ressort ensuite une marotte des intellectuels juifs dont il fait partie:

« D’où une richesse musicale et artistique qui s’appuie sur les traditions, certes, mais aussi sur le métissage. »

Est enfin interrogé un méridional échoué à Brest sur ce qu’est la culture bretonne.

« Le Breton a une forte identité, mais il n’est pas identitaire. Il revendique sa culture, sa langue, mais il s’adapte au contexte mondial, il est dans l’ouverture, pas dans le repli. Du coup, il a su ne pas entrer dans le jeu politique, d’où la faiblesse de mouvements comme le FLB. « 

Vieux réflexe d’étranger que de se flatter que les autochtones ne versent pas dans la fierté nationaliste… Et de conclure sur ce qu’est un celte:

« Pour moi, le celte est davantage un genre musical, une sphère comme le jazz ou le classique. »

Armstrong à Alésia, c’est désormais possible avec ces cosmopolites marxistes sans lesquels la France ne serait pas vraiment la France.

Source: http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2010/08/07/01006-20100807ARTFIG00007-bretagne-insolite-esprit-celte-es-tu-la.php

Abonnez-vous à la newsletter de BREIZ ATAO !

1 COMMENT

  1. L’homogénéité ethnique de notre peuple, l’ancienneté de la nation bretonne, l’identité forte, tout cela ne peut que hérisser le poil de l’intelligentsia française adepte du métissage, de l’éclatement de la cellule familiale et par extension de tout ordre un tant soit peu naturel. Cet article aurait tout aussi bien pu paraître dans le monde, l’humanité ou pour notre secteur géographique : Orient de France et le télégramme. Pour ce qui concerne les personnalités qui ont collaboré à ce crachat, elles sont la preuve vivante que l’on peut être tout à la fois un universitaire et un crétin absolu doté d’une ignorance crasse. Mais plus vraisemblablement, l’odeur des liasses de billets de 500 € à du être l’élément déterminant pour convaincre ces faussaires diplômés.

Comments are closed.