La sentence du Kosovo, un nouvel argument en faveur du droit à l'autodétermination

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La sentence du Kosovo, un nouvel argument en faveur du droit à l’autodétermination

par David Forniès, directeur de MónDivers

L’opinion du Tribunal International de Justice (TIJ) qui avalise la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo est, surtout, une victoire morale et un argument de plus -un nouveau et un des plus importants- pour la défense du droit à l’autodétermination des peuples. Quelques centralistes hystériques, ici et là, ont réagi à la décision du TIJ tout en disant qu’on vient d’ouvrir la boîte de Pandore, et que maintenant n’importe quelle province, municipalité ou quartier peut se déclarer indépendant. Ce n’est pas réaliste. Le monde ne fonctionne pas ainsi, les centralistes sont les premiers à le savoir.

Ce que le TIJ a avalisé est qu’une assemblée comme celle du Kosovo ne contrevient à aucune norme internationale quand elle déclare unilatéralement l’indépendance de son pays, lequel, ne l’oublions pas, avait été victime d’une agression continue (policière en premier lieu et militaire par la suite) de la part de la Yougoslavie. Il existe quelques pays au monde qui peuvent mettre sur la table, et avec raison, des attaques et des discriminations permanentes de la part de l’état central, d’un point de vue militaire, mais également politique et économique. Mais rappelons également qu’il ne s’agit que de quelques pays et non de milliers. Il s’agit de pays qui ont des parlements et des assemblées légitimes et représentatifs, qui ont bâti (ou cherchent le faire) des contacts et alliances avec des puissances mondiales ou régionales, et dont une partie importante de la population supporte la légitime volonté d’être libres ; d’ici à dire que n’importe quelle municipalité peut se proclamer république il y a une distance sidérale et un défaut d’arguments et un discours honteux.

De plus, il ne faut pas de vue la perspective de l’opinion du TIJ qui ne compromet personne et n’oblige personne à quoi que ce soit. La preuve en est que quelques heures après la décision du TIJ, la Serbie a réitéré son souhait de continuer à ne pas reconnaître le Kosovo. Or : les décisions du tribunal servent de référence, de guide, et il faut en tenir compte. Le président de la République Serbe de Bosnie, Milorad Dodik, admettait juste avant de connaître la décision du TIJ qu’il la suivrait avec attention, puisqu’elle pourra servir « de message pour de futures actions ». Le président d’Abkhazie, Serguei Bagapx, l’interprète favorablement et dit que le TIJ vient de démontrer que sa république a le droit d’être indépendante.

Plus encore, la décision a un poids moral intéressant : il admet le droit d’une assemblée démocratique à proclamer l’indépendance d’un territoire par-delà des principes de l’inviolabilité de frontières. Une inviolabilité à laquelle, de plus, les mêmes gouvernements ne croient pas : si non, comment peut-on expliquer qu’il y a un siècle, il y avait un soixantième d’États dans le monde, tandis que, maintenant, on frotte le chiffre des 200 ? Cette inviolabilité, selon quelques experts, devrait être remise en cause. Ils pensent qu’il faut la rejeter juridiquement et ne l’utiliser que lors d’une agression militaire d’un État contre un autre, mais pas pour éviter qu’une nation puisse remettre en question son appartenance à un État auquel elle ne se sent pas appartenir.

(Source : MónDivers)

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6 COMMENTS

  1. Humm, avec cela, les musulmans d’Europe vont pouvoir se tailler des Califats indépendants. « L’agression » par la Yougoslavie? Qu’est-ce que cela signifie? C’est une terre Serbe où la population musulmane est devenue majoritaire que récemment et voilà le résultat. L’occident est en train de crever de sa repentance…

  2. Et alors ? Les musulmans sont majoritaires sur un territoire, ils en font un pays, ça me semble parfaitement normal et compréhensible.

    Si demain la Seine Saint Denis décide de déclarer son indépendance je serai le premier à applaudir.

    A nous de faire en sorte que cela n’arrive pas, en montrant justement ce qu’il se passe quand ce modèle de société qu’est l’islam est majoritaire. L’islam ne se fond pas dans une autre société, il crée un nouveau modèle de société et quand ce modèle est majoritaire en fait le modèle officiel.

    Si avec cet exemple les gens ne comprennent pas à nous de leur ouvrir les yeux.

    • « A nous de faire en sorte que cela n’arrive pas » -> Je voulais dire « en Bretagne » bien évidemment, je n’ai que faire que la France explose…

  3. « Si avec cet exemple les gens ne comprennent pas à nous de leur ouvrir les yeux »

    Sauf que le mouvement breton est majoritairement derrière le Kosovo indépendant au mépris de la culture Européenne. Il y en a même qui se répandent sur l’ABP citant le Kosovo comme le summum de la « démocratie », des droits de l’homme, etc.

    Depuis que j’ai vu les vidéo de foules kosovars musulmanes détruire des églises je ne pense pas que le kosovo soit un bien.

  4. Jusqu’à preuve du contraire les Albanais sont européens quant bien même ils seraient musulmans en partie. Jusqu’à preuve du contraire encore pendant l’antiquité, les Illyriens, c’est à dire les ancêtres des Albanais, occupaient le « Kosovo » des siècles avant que les Slaves ne s’aventurent dans les Balkans. Donc si l’on veut se servir de l’histoire autant être sûr de soi…

    Les simplifications historiques c’est bien gentil mais ça ne fait pas avancer le schmilblick… Par ailleurs, les Serbes ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes après avoir passé leur temps à vouloir dominer leurs voisins.

    La seule solution : le partage du Kosovo !

    Quelques anecdotes : « Alba » = blanc ; le héros national albanais Georges Skanderbeg (le « champion du Christ ») est une des principales figures de la lutte contre les Ottomans dans les Balkans ; l’occupation ottomane a été marquée par de nombreuses révoltes ; tous les Albanais ne sont pas musulmans, loin de là, et d’ailleurs la plupart ne sont pas pratiquants…

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