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Le débat sur l’intégration lancé par Thilo Sarrazin a pris une telle ampleur outre-Rhin qu’il pose désormais la question de l’éventuelle création d’un nouveau parti de droite, beaucoup plus conservateur que la CDU d’Angela Merkel.

Le membre du directoire de la Bundesbank, qui reproche aux immigrés musulmans de mal s’intégrer, a certes démissionné sous une très forte pression. Mais ses thèses ont rencontré un large écho : selon un sondage Forsa, 61 % des Allemands en approuvent au moins une partie. Dans ce contexte très électrique, Erika Steinbach, députée CDU, à la tête de la Fédération des expulsés de guerre, provocatrice notoire, a déclaré au « Welt am Sonntag » que, « si quelqu’un doté de charisme fondait un nouveau parti authentiquement conservateur, il franchirait aisément la barre des 5 % » nécessaire pour entrer au Bundestag. Erika Steinbach a largement critiqué les inflexions centristes données ces dernières années à la CDU par Merkel. Selon les instituts de sondage, il y aurait en Allemagne un réservoir – entre 15 % et 20 % -d’électeurs qui ne se reconnaissent pas dans l’offre politique actuelle.

Reste à savoir qui pourrait prendre la tête d’un nouveau parti. Thilo Sarrazin – qui, accessoirement, est encore membre du Parti social-démocrate -a indiqué qu’il ne le ferait pas. L’ancien ministre-président de la Hesse, Roland Koch, qui a démissionné au printemps, aurait le bon profil. Il présente en octobre son livre, « Conservateur – sans valeurs et sans principes il n’y a pas d’Etat », mais son retrait de la politique semble définitif.

L’ancien meilleur ennemi d’Angela Merkel, Friedrich Merz, a dit ne pas vouloir jouer les « Oskar Lafontaine de l’autre côté de la rue », en référence à l’ancien leader de la gauche radicale. Cela pourrait-il être René Stadtkewitz ? Chassé de la section berlinoise de la CDU pour ses positions radicalement anti-islam, il vient de créer le mouvement Die Freiheit, sur le modèle du parti de Geert Wilders aux Pays-Bas. Avec des ambitions pour l’instant limitées au Land de Berlin. « Mais je n’exclus certainement pas de l’étendre au niveau national », a prévenu le fondateur, qu’on doit surveiller de près à la CDU.

Karl De Meyer, Les Echos
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