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BREIZATAO – AN ORIANT (11/10/2010) De « la construction de l’idée celtique » avec sa part de romantisme, aux « sentiments d’appartenance » qui en ont aussi la leur, jusqu’à la « diaspora celtique et ses réseaux internationaux », les chercheurs, universitaires et artistes qui se retrouvent, lundi et mardi, à Lorient pour un colloque sur « le Celtisme et l’Interceltisme aujourd’hui » ont du grain à moudre. Le sujet est vaste, intégrant à la fois l’histoire et la géographie, l’économie, les crises sociales et les religions.

Les Celtes ont été le peuple dominant de l’Europe du VIIIe au Ier siècle avant notre ère. Guerriers redoutés, habiles artisans, inventeurs innovants. Une fierté douchée par de nouvelles suprématies : Romains, puis Angles et Saxons les ont fait reculer jusqu’aux réduits côtiers atlantiques où on les trouve aujourd’hui !

Des terres d’origineà la diaspora

Des terres inhospitalières, peu fertiles. A la merci des catastrophes. La Grande famine priva les Irlandais de pommes de terre en 1845 : ils firent leurs bagages pour l’Amérique du Nord, fuyant aussi l’impitoyable répression de Cromwell, l’Anglais. Ces émigrants ont fait des petits et leurs communautés pèsent lourd aux États-Unis et au Canada. Certains ont même gagné le Mexique, mais désertèrent l’armée lors de la guerre contre la jeune Amérique pour se battre auprès de leurs frères et cousins du même pays d’origine !

Les Écossais, eux, ont suivi les armées anglaises, en Amérique et au Canada où l’on compte des pipe-bands par centaines, et jusqu’en Australie et en Nouvelle-Zélande, où la colonisation entraînait aussi des bagnards. Les Bretons quittèrent par dizaines de milliers le Centre-Bretagne vers les États-Unis, le Canada dans les années 50-60, d’abord serveurs ou cuisiniers ! Pour ces candidats au départ, Air France a longtemps maintenu une agence à Roudouallec !

Les Gallois, pour leur part, descendirent jusqu’en Patagonie, gardant pied sur terre ou au fond des mines. Ils y ont encore des choeurs et du coeur. « En 1982, lors de la guerre des Malouines, la Couronne britannique dépêcha sur les lieux un régiment gallois, risquant de se retrouver aux prises avec les descendants d’anciens voisins. Il dut être retiré », raconte Lisardo Lombardia, directeur du Festival interceltique de Lorient.

Les Asturiens et Galiciens ont aussi vécu de terribles galères. Famine pour les Asturiens dès 1860, qui durent fuir, au nombre de 300 000, un peu plus tard, entre 1890 et 1930, vers le Mexique, Le Venezuela, Cuba, le Brésil. Les Galiciens, pour des raisons similaires vers l’Argentine, le Brésil. Les Asturiens comptent encore un maillage de 80 centres dans le monde. À l’origine, ils facilitaient l’arrivée des proches, et les aidaient à rentrer au pays en cas d’échec.

Les Celtes sont donc un peu partout, organisés en petits groupes. Une famille disséminée qui se réclame de ses origines. Mais avec quel écho, derrière celui des cornemuses ?

Gildas JAFFRÉ.

Colloque à l’Université de Bretagne-Sud, à Lorient lundi et mardi. Entrée 10 €. Internet : [email protected]

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