BREIZATAO – BRUSSEL (09/11/2010) En adoptant son budget mercredi, le Parlement européen a validé deux mesures de soutien aux «langues menacées».

A l’origine, deux amendements proposés et adoptés à la commission budget du Parlement. Le premier, présenté par Carl Hagund, Finlandais de langue suédoise du groupe libéral (Alde), vise à élargir le champ d’application du programme Culture de l’UE au «soutien en faveur des langues européennes menacées, notamment grâce à la fourniture de documents éducatifs, à la formation des enseignants, à l’enseignement parimmersion linguistique et à l’échange des meilleures pratiques en matière de renaissance linguistique». Le second amendement a été présenté par les députés «régionalistes et indépendantistes» membres du groupe Verts-Ale, dont notamment le Corse François Alfonsi. Ce second amendement précise que le fonds culturel vise également les langues «non officielles» faisant partie du «patrimoine culturel et littéraire de l’Europe».

Ce qui veut dire que des langues comme le breton ou le corse qui n’ont pas de statut officiel pourront avoir accès à des aides du programme Culture de l’Union. F. Alfonsi explique : «Nous avions eu le cas d’éditeurs bretons qui avaient sollicité une aide pour traduire Shakespeare dans cette langue et qui s’étaient vu opposer une fin de non-recevoir car le breton n’est pas une langue officielle.» L’eurodéputé corse fait remarquer «la contradiction qu’il peut y avoir à financer un projet en langue basque à Bilbao et à en refuser un à Bayonne.»

Le Parlement européen ayant adopté le budget et ces deux amendements, ceux-ci devraient être exécutoires au 1er janvier. A moins qu’au sein du Conseil de l’Europe (représentant les gouvernements) ces amendements soient refusés. Mais d’après le parlementaire c’est peu probable, «les débats au conseil auront lieu sur d’autres points.»

La position de l’Etat français

Interrogé sur la position de l’Etat français, sur le territoire duquel aucune langue minorisée n’a de statut officiel, il ne s’inquiète guère : «Le budget du programme Culture de l’Union européenne, c’est 57 millions d’euros. L’Etat français à lui seul a reçu 47 millions dans le cadre du programme Recherche pour la centrale Iter… De toute façon, l’Etat aura des négociations beaucoup plus importantes à mener au sein du Conseil, il n’ira donc pas pinailler sur une petite ligne budgétaire. »

L’europarlementaire rappelle que l’adoption de ces amendements fait partie d’une campagne globale menée par l’intergroupe des «minorités traditionelles et des communautés nationales» regroupant des eurodéputés de tous bords. Dans ce cadre il a proposé un projet de résolution demandant «la sauvegarde de la diversité culturelle en Europe, et des langues minoritaires européennes en danger, menacées de disparition».

Le but des membres de l’intergroupe est de peser sur les discussions qui vont avoir lieu en 2011-2012 en vue du vote en 2013 des orientations stratégiques de l’Union pour la période 2014-2020.

Giuliano CAVATERRA

Source Journal du Pays Basque

1 COMMENT

  1. ça prouve en tout cas qu’une minorité d’euro-députés fait son boulot et se bouge afin de secouer l’indolente bureaucratie européenne. Mr Alfonsi semble optimiste sur l’aboutissement de ce projet, ce qui est plutôt encouragent, mais de grâce ne nous réjouissons pas avant l’aboutissement de ces amendements car l’État français ne brille certainement pas par son respect des peuples, langues et cultures minoritaires sauf… chez les autres bien entendu ! 🙂

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