BREIZATAO – BREIZH (27/12/2010) Notre camarade Olier Mordrel publiait dans le numéro 170 de BREIZ ATAO en date du 12 mars 1933 une ébauche de programme de gouvernement où figuraient les principes généraux d’un État breton. Yann Sohier, militant communiste et ami d’Olier, en fit la lecture et déclara ne rien y voir de problématique. Il s’articule en « principes » fondateurs.

PRINCIPE INITIAL : la Bretagne aux Bretons.

  1. Constitution d’un État breton indépendant, qui recevra les limites de la Bretagne historique et auquel pourront se rallier, par voie de plébiscite, certaines régions limitrophes.
  2. Restitution à la Bretagne d’une partie des richesses nationales de l’État français, y compris encaisse d’or, colonies, collections d’art, bibliothèques, équipement industriel, en rapport avec le chiffre de sa population.
  3. Adhésion de la Bretagne, à son gré, par des liens fédéraux ou simplement économiques à toute puissance de son choix, pour assurer notamment un débouché à ses exportations, ainsi que sa protection militaire.
  4. Prise du pouvoir en Bretagne par Saga avec mission de faire disparaître les anciennes institutions et de susciter la création de nouveaux organismes de vie sociale, politique et culturelle. Son rôle terminé et le fonctionnement du nouvel ordre de choses étant assuré, Saga disparaît.

COMMENTAIRES

Pour le premier point, il nous apparaît que BREIZH, état social celtique, remplace le terme usuel de « Bretagne historique ». Ce dernier entretenant une confusion funeste sur ce qu’est pour les nationaux-celtiques une lutte de libération nationale bretonne. Il a été dit que pour BREIZ ATAO l’objectif ne peut être la reconstitution de l’ancien duché sous forme d’une république, mais d’une révolution sociale de tradition celtique aboutissant à la création de l’État Breton. Dans ce cadre, BREIZH s’adresse assez largement aux populations celtes de l’ouest français sans pour autant solliciter leur adhésion.

Le second point nous paraît aujourd’hui invalide. L’émancipation bretonne peut être la seule réparation nécessaire pour le tort causé.

Le troisième point a été rédigé dans une Europe inexistante politiquement. La question de l’adhésion à l’Union Européenne est posée. En l’état actuel des choses, une telle adhésion ne serait pas souhaitable pour un état breton au vu de la nature de l’Union Européenne.

Le quatrième point évoque un mandat révolutionnaire de renaissance nationale. Ce point est crédible dans le cadre d’une prise de pouvoir soudaine.

PRINCIPES POLITIQUES:

  1. La Bretagne est une communauté spirituelle. Qui n’en n’est pas n’est pas Breton.
  2. L’État est au service des travailleurs et non pas les travailleurs à la disposition de l’état.
  1. Exclusion des étrangers, et particulièrement des races latines et de couleur, de tous les postes responsables de la vie publique. Exception prévue pour le cas des hommes nordiques.
  2. Expulsion des étrangers indésirables ou inassimilables.
  3. Le Breton qui n’adhère pas à la communauté spirituelle bretonne et fait opposition au relèvement national est privé des droits civiques et est soumis à la législation sur les étrangers.
  4. Les droits et les intérêts des Bretons ont la priorité sur ceux des étrangers.
  5. Autonomie de la commune et de la région.
  6. Parlement professionnel et Parlement politique collaborent à la confection des lois.
  7. Indépendance de l’exécutif assuré par un mandat de longue durée.
    L’État celtique ne possède en propre que : le soin d’appliquer les lois élaborés de concert avec les corporations, l’administration des services publics étatisés, l’initiative des créations sociales, patriotiques ou économiques désirables, la représentation à l’étranger, les passeports et l’attribution des droits civiques, la douane et la milice.
  8. Sévère punition de la fraude et de l’immoralité électorales, par retrait du droit de vote et d’éligibilité, ainsi que la prison.

COMMENTAIRES

Le Premier point évoque une communauté spirituelle dont hélas le flou des contours nous laisse dans l’expectative.

Le Second point semble frappé au coin du bon sens.

Le troisième point évoque en termes actuellement illégaux la situation d’étrangers vivant sur le territoire national. Il apparaît en tout état de cause d’une évidence absolue que la souveraineté, donc la liberté, du peuple ne s’exerce que si son intégrité physique est assurée. En conséquence de quoi la préservation de l’homogénéité ethnique du peuple breton n’est pas un objet de débat. Les étrangers présents sur le territoire national pour BREIZATAO seraient légitimes s’ils sont étudiants, époux de nationaux bretons, conseillers techniques avec visas temporaires au sein d’entreprises ou personnels diplomatiques. Les étrangers présents au titre de visas délivrés par la France seraient tenus de rejoindre leur pays hôte.

Le quatrième point renvoie à la décision suisse d’expulsion des étrangers criminels ou asociaux.  Une mesure du plus élémentaire bon sens qui là non plus ne souffre aucun débat.

Le cinquième point est inutilement vindicatif dans la mesure ou selon le scénario présenté, la victoire de l’État Breton est admise. Les militants actifs contre le redressement national se verraient proposer le cas échéant une intégration pleine et entière dans le cadre d’une réconciliation nationale. En revanche les élus s’étant signalés par leur opposition résolue à la libération nationale seraient sanctionnés d’inéligibilité à vie.

Le sixième point s’avère superflu dans la mesure ou la présence des étrangers serait régie dans les cadres précités dans notre troisième point.

Le septième point soulève la structure constitutionnelle et aurait peut être intérêt à figurer dans une rubrique spécifique. Il nous semble qu’une constitution de type américain serait la plus adapté à notre situation. Le Bro serait l’état fédéré, BREIZH l’état fédéral. Une réduction importante est communes serait plus que nécessaire. Un passage de 1500 à 500 communes serait à cet égard bienvenu. Ceci étant posé, la structuration de la société en trois États concentriques devrait être abordée dans une partie consacrée.

Le huitième point propose un régime de type présidentiel. Il nous semble que pour ce qui est des domaines régaliens (diplomatie, défense, police, monnaie), la notion de durée est effectivement essentielle. Il apparaît superflu de soumettre ces domaines à l’électoralisme. En conséquence de quoi la question d’une monarchie ayant le monopole sur les questions militaires, de police, de diplomatie, de justice et d’émission monétaire est posée par BREIZATAO selon sa révolution principielle des 3 Ordres. À cet ordre régalien (de « rex », roi), s’ajouterait l’ordre social et économique (organisés selon un modèle démocratique spécifique entre travailleurs et patrons) et enfin l’ordre Spirituel relatif à l’éducation, la recherche, les arts, les sciences, la religion et la philosophie. Au coeur de ces trois ordres joueraient le rôle de coordinateur une représentation élue chargée de donner des impulsions en concertation avec les acteurs des trois ordres.

Le dernier point nous paraît une évidence.

Nous poursuivrons l’étude du programme SAGA les prochains jours.

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4 COMMENTS

  1. Ce programme correspond à une vison dépassée datant des années 30 et dont certains points sont choquants et inapplicables aujourd’hui, notamment les mesures discriminatoires envers les étrangers et qui plus est selon le critère de la race (?), ainsi que le corporativisme, qui à l’époque visait à contrecarrer l’action des syndicats ouvriers révolutionnaires (marxistes et anarchistes) aujourd’hui obsolètes.

    Il serait bon dans un nouveau programme actulisé de BA de penser à:

    – une éventuelle diminution de l’espace géographique de la Bretagne actuelle, plutôt qu’une augmentation, afin de renforcer la légitimité d’un État breton correspondant au pays bretonnant historiquement constitué depuis la fin du moyens-âge et correspondant à ce qu’on appelle la Basse-Bretagne, et que le peuple bretonnant dénomait Breiz-Izel en excluant le reste du Duché, Province, dont ils se référaient par Bro-Hall (pays français)… Un État breton ne reposant pas sur le teritoire historique de la langue bretonne est comme un navire sans port d’atache ou un voyageur sans passeport.

    – Une diminution des pays constitutifs (retour au « peier » au dépend des « broiou » qui ne sont ni plus ni moins qu’un recoupement de « peier » afinde constituer un évêché. Ainsi, le Pays de Léon sera divisé en Ac’h (Lokournan), Kemened Ili (Lezneven) et Daoudour (Kastel Paol). Cela rééquilibrera les « broiou » qui sont actuellement disproportionnés, et donnera plus de force à la démocratie locale.

    – Non pas une monarchie (anachronique et injustifié en dehors d’un cadre religieux) mais une république consulaire, ou le Chef de lÉtat aura le pouvoir de trancher là où la concertation démocratique n’aboutit pas à un consensus. La loi de la majorité à 50% des voix plus une, ne valant que pour l’élection du Consul et des Chefs des peier, mais pas pour les lois et autres décisions, lesquelles doivent faire l’objet d’un consensus et en l’absence de celui-ci d’un décision de l’exécutif (Chefs des peiers et Chef de l’État).

    – La référence aux trois ordres doit être abandonnée, car elles ne correspond à rien d’actuel dans nos sociétés modernes et ne peut qu’invalider (et ridiculiser) l’idée même d’un État breton. ces trois ordres pourraient faire place à trois dimensions ou échelle dans lesquelles se développe la vie de la nation, et correspondant à des fonctions et responsabilité, ainsi qu’à des référentiels politiques et jusridiques:

    1) l’individu : liberté et responsabilité (l’enfant)
    2) la famille : nourriture matérielle (économie) et spirituelle (éducation) (la mère)
    3) la nation : autorité et protection (le père)

    – L’État doit s’abstenir de toute réference raciale et religieuse.

  2. Vos propositions sont à l’opposé de l’esprit même de l’archéo-futurisme proposé par BA et sont le conformisme politico-philosophique actuel, par ailleurs en échec intégral.

    Les trois ordres sont la base des sociétés européennes et doivent être précisément rétablis dans un cadre égalitaire et méritocratique. Pour tout dire, éliminer les séquelles du libéralisme moderne anglo-français est la condition même de la renaissance.

    La dimension ethnique évidemment intégrée au moment où l’Europe comme Breizh fait face à une colonisation de peuplement étrangère.

    La « modernité » est l’ennemi numéro 1 de la philosophie traditionnelle. À ce titre l’idéologie individualiste universaliste doit être aboli pour celle du communautarisme – différencialisme.

    Une démocratie ne peut fonctionner sans homogénéité ethnique, point essentiel qu’il est devenu impératif de marteler face à une France libanisée et en voie de dissolution qui essaie de convaincre les faibles d’esprit du contraire.

    Ceci étant affirmé, votre cas particulier de métis n’est pas celui du peuple breton. Il est donc logique que vous restiez et vous épanouissiez dans ce chaos cosmopolite qu’est le Brésil.

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