Leon Jasson : Kevarc’h !

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“…Ceux qui possèdent au plus haut point cette vertu virile de patience ne souhaitent pas les réalisations immédiates, qu’ ils savent éphémères parce que venues avant terme. Ils acceptent les échecs sereinement, car ils ont une vue plus haute et plus juste des choses. Seuls de tels hommes sont capables de préparer la venue indispensable d’ une jeune élite nationaliste. En effet, la formation de cette élite exige avant tout une patience que rien ne peut rebuter.

Nos Dieux nous ont laissé l’ espérance d’ un retour. Pour hâter ce retour, nous avons pris les armes. Nous étions sûrs de la défaite , mais convaincus de la défaite, mais convaincus de la Nécessité de notre Geste. S’ il le faut, nous mourrons pour que la Bretagne mérite son indépendance.

Je plains sincèrement ceux qui n’ ont pas lutté d’ une façon pure et désintéressée pour une cause… Je comprends cette soif de vivre qui tourmente certains hommes devant la mort. Leur passé ne se solde que par des jours d’ ennui et de néant. Ils ressentent le besoin de vivre longuement pour que leur vie ait le même poids que celle très courte des morts glorieux.

Il n’ y a aucune raison de désespérer quand on n’ a pas attendu d’ espérer pour entreprendre et qu’ on s’ est de longue date préparé à accueillir, d’ un front égal, les succès et les échecs, la prison et la mort…”

“Nous avons la certitude, nous qui avons subi tous les affronts, nous qui avons soutenu les assauts du doute, nous qui avons souffert dans notre foi nationaliste et qui sommes aujourd’hui devant la mort, nous avons la certitude que nos combats, nos défaites et notre sacrifice ne seront pas vains. Nous avons appris la patience et nous savons que ce qui doit arriver n’ arrive qu’ à son heure; mais nous sentons déjà se lever quelque part dans la patrie bretonne une nouvelle génération nationaliste… et c’ est le coeur plein d’ espoir que nous irons au poteau.”

“J’ en étais venu à penser clairement que c’ était pour moi une nécessité que de me présenter devant la justice, afin de racheter par mon attitude les fautes des lâches, des faibles et des renégats. Je l’ ai décidé sans regret, après avoir mûrement réfléchi.”

(Lettre de Léon Jasson à sa mère, Maison d’arrêt de Rennes, 17 Juillet 1946)

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