L’établissement usé du régionalisme

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L’irlande ne doit rien au régionalisme, mais tout aux révolutionnaires

BREIZATAO – POLITIKEREZH (31/10/2012) Ces dernières semaines nous voyons un certain nombre de personnalités régionalistes sortirent du sommeil dans lequel elles semblaient plongées. Seul hic : ce sont les mêmes qui depuis plus de trente ou quarante ans se sont arrogés postes et influence.

On pourrait évoquer le cas de Charlie Grall, qui sans doute très honnêtement, appelle à une « régionalisation » dans un article récent. Ainsi affirme t’il :

« C’est à nous de changer, d’avoir une véritable stratégie pour un bloc autonomiste, régionaliste. Il faut travailler avec ceux qui ont la prétention de défendre la Bretagne avant une stratégie de gauche ou de droite, sans renier des choix idéologiques. Je suis de gauche et je n’ai pas de leçons de gauche à recevoir de la part de ceux qui veulent monter à Paris…« 

Le fait que l’intéressé juge indispensable de se présenter comme « de gauche » en dit long sur la crainte qu’éprouve les fameux tenants du régionalisme quant au magistère moral de leurs amis de la presse, de la fonction publique ou de l’université. Le fait qu’en 2012 il faille dire que le PSF n’offrira aucune avancée institutionnelle sérieuse démontre à quel point le régionalisme de gauche a œuvré à l’engourdissement des forces politiques d’émancipation. Devoir préciser une telle évidence à l’heure des émancipations catalane, flamande ou écossais traduit la médiocrité politique bretonne actuelle. Et plutôt que de faire le procès de l’UDB, cette immonde clique de traîtres à la nation, Grall s’en fait encore le défenseur. C’est la conséquence de la disparition de forces nationalistes intransigeantes : la place a été donnée à la réaction petite-bourgeoise régionaliste.

On pourrait citer ainsi nombre de personnes qui écrivent, publient, parlent depuis trente ans, quarante ans sur le sujet pour toujours rabattre au final vers des impasses. On les absout généralement au nom de la « sincérité ». On évite en revanche d’interroger les bilans. Ainsi s’est constituée une sorte de voix « officielle » du régionalisme qui s’est arrogé la parole. Récemment encore le festival du « livre politique en Bretagne » a démontré la réalité du sectarisme comme de l’archaïsme de ce microcosme. Christian Troadec, le révolutionnaire qui a appelé à voter François Hollande et Richard Ferrand, en est en quelque sorte le « Pape ». Vicaire d’un régionalisme aussi socialisant qu’opportuniste. À ce festival, on ne trouvait aucun jeune : les personnes invitées à pontifier ont au moins 60 ans.

Et pour cause : la lessiveuse socialiste a fait son œuvre. L’édition a été enrégimentée, les radios – comme Radio Bleu BREIZH IZEL sont les vitrines de ce gauchisme régional puant aux pratiques de terrorisme intellectuel éprouvées. Est-ce surprenant que la CGT y tienne le haut du pavé ? Les associations dites « culturelles » sont toutes tenues par un Parti Socialiste Français qui les rétribuent contre leur alignement. Sera t’on donc surpris d’entendre en 2007 un représentant de Ti Ar Vro Kemper proclamer dans Le Télégramme : « La langue bretonne sera sauvée par la république » ? Il écrivait en réaction à un tag nationaliste appelant à l’indépendance. Ti Ar Vro Kemper, nous le savons, est totalement cornaquée par la CGT locale et financée par le PSF. Qu’attendre de fonctionnaires installés et payer par l’état colonial ?

Ils ne sont cependant pas rétribués pour rien. Ils luttent impitoyablement contre toute forme d’organisations prônant un indépendantisme, un nationalisme ou un autonomisme non inféodés à la gauche française. Un seul mot : « harkis ! ».

L’époque où un Yann Sohier et un Olier Mordrel luttaient en toute camaraderie pour BREIZH est révolue. L’État Français a su générer une petite bourgeoisie régionaliste compradore. Ses organes politiques ont fait œuvre de propagande : la haine trotskiste, l’inculture généralisée, le terrorisme intellectuel de la gauche perpétré par les médiats aux ordres, ont achevé de détruire la diversité de la pensée bretonne. Surnage donc une soupe conformiste régionalisante de coloration socialiste, pratiquant son sport favori : la mendicité.

Voici donc les Angèle Jacq ou les Jean Pierre Le Mat devenus les derniers représentants d’un courant politique disparu. À leur image, les Alan Stivel ou les Gilles Servat, qui du multiculturalisme niaiseux qui du concert à la fête communiste française de l’Humanité, à Paris. Des élus politiques ? Pas même, ou alors isolés, tel Christian Troadec dont le seul acquis solide dans la durée est celui d’avoir fait augmenter considérablement la population française d’origine immigrée dans sa commune. Lui aussi n’a de cesse de se dire de gauche, bien qu’il fasse montre d’un solide opportunisme de droite.

Ce bourbier régionaliste est atteint de sénilité. Il nourrit des faisans sans talent qui, à force de copinage et de compromissions, paradent ici et là. Ce n’est pas là que l’avenir de la pensée bretonne politique se trouve. Cette pensée, révolutionnaire depuis l’origine, est une pensée à la fois élitiste – parce que minoritaire – et plébéienne. Soyons clairs : quiconque renie l’héritage national porté aux commencements par les apôtres du nationalisme – les Debeauvais, les Mordrel, les Guyesse, etc – ne peut apporter aucune pierre à l’édifice national. Dieu n’aime pas les tièdes et ainsi en va t’il de la Nation.

Jamais les modérés, les pleutres, les demi-intellectuels et les bourgeois provinciaux n’ont fondé quoique ce fût de durable. Seuls les révolutionnaires, les instransigeants, les audacieux ont pu bâtir. Souvenons-nous en !

Que les autres prennent leur retraite et disparaissent des mémoires.

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