Vers le communisme racial : à lire

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BREIZATAO – PENNADSTUR (03/07/2013) Il est des articles de presse qui marquent leur époque et annoncent également le futur. Celui réalisé par deux idéologues socialistes et publié dans Le Monde est de ceux là. Il faut le lire, plusieurs fois, et peser chaque mot. C’est une synthèse de la pensée terroriste dans la meilleure tradition de 1793. Pour le lire, se rendre ICI.

Cet article est signé par Nicolas Lebourg, « spécialiste de l’extrême droite » et accessoirement fondateur d’un groupe de réflexion dirigé par Manuel Valls, ainsi que Stéphane François, « politologue » antifasciste. Chaque paragraphe mériterait une étude serrée, mais nous ne retiendrons que les passages les plus importants.

Voici le premier :

Il importe de rappeler les limites des interdictions qui ne visent que des groupes, mais laissent vaquer hommes et idées. Les anciens militants peuvent non seulement échapper à toute surveillance mais aussi se radicaliser. Or la seule interdiction de structures n’est pas en mesure de résoudre l’affaiblissement de la communauté républicaine. La contestation des valeurs égalitaires, une « altérophobie » tantôt antisémite tantôt islamophobe, tantôt les deux, sont des dynamiques sociales puissamment à l’oeuvre. Celles-ci réclament une politique globale alliant répression des troubles à l’ordre public et réintégration sociale des agents de déstabilisation de l’ordre républicain.

Ce passage est stupéfiant. Il valide l’idée que tout individu hostile à la république – ou supposé tel – ou à des « valeurs » officielles de l’idéologie en place devraient être « réintégrés socialement ». « Réintégrer socialement » des éléments politiquement divergents suppose, en toute logique, de modifier leurs convictions politiques qui ne relèvent plus donc de l’intimité de la conscience mais de l’État. Bien loin d’être originale, cette volonté d’intégration a connu de fameux précédents : c’est la rééducation dans les camps de Chine Populaire ou d’Union Soviétique et bien évidemment l’exercice d’autocritique. C’est que l’on appelle plus communément le « lavage de cerveau ». Ici l’idéologie marxiste dure est remplacée nominalement par l’idéologie républicaine, mais la différence est nulle car ce travail de dressage politique a pour but l’acceptation du principe « d’égalité » de condition – l’égalitarisme – qui est le cœur de l’idéologie marxiste.

Voici le second passage :

Pour le volet répressif, chacun sait que le skinhead menace moins la République, en tant que culture commune et contrat social, que ne le fait la banalisation de l’assignation à leur origine ethnique et cultuelle de certains de nos compatriotes. Disqualifier le skinhead est plus facile que d’interpeller ceux qui, élus, universitaires, hommes et femmes de presse, diffusent des conceptions altérophobes dont le style feutré est bien plus dommageable qu’un défilé de crânes rasés. Une répression républicaine ne saurait se limiter à viser la seule haine émanant du Lumpenproletariat. Au contraire : les discours de haine, les actes discriminatoires, la domination sociale sont d’autant plus efficaces qu’ils sont exercés par ceux qui, situés en haut de l’échelle sociale, savent en atténuer la visibilité et donc en limiter la dénonciation.

Ce passage non plus n’évoque rien de nouveau. Il se propose d’étendre la répression aux cercles sociaux cultivés ne partageant par les orientations idéologiques égalitaristes des deux auteurs. La suppression de l’intelligentsia d’une nation ou d’un pays pour imposer son propre programme politico-idéologique est une chose parfaitement connue : c’est cette logique qui fut appliquée à Katyn contre des milliers d’officiers polonais qui, dans le civil du temps de la paix, étaient des hommes politiques, des universitaires, des hommes de lettres, de sciences, de droit, etc., c’est-à-dire l’élite du peuple polonais. Lorsque Staline ordonne la liquidation de cette élite par le NKVD, le but est d’anéantir toute capacité de réaction de la part de la Pologne, facilitant d’autant la mise au pas par les communistes. Ce passage ne se propose rien d’autre à l’échelle de l’Hexagone contre tout ce qui peut ressembler à un intellectuel conservateur, de près ou de loin.

Voici le troisième passage :

Bien qu’il ne s’agisse pas de prime abord d’un même combat, la République doit faire savoir sa fermeté par l’instauration de peines planchers, de privation de droits civiques pour ceux qui menacent son contrat social, que ce soit pour incitation à la haine, violence, discrimination en raison de l’ethnie, la confession, le genre, la nationalité, l’orientation sexuelle ou pour détournement de fonds publics. On ne pourra pas faire reculer l’adhésion aux thèses d’extrême droite en faisant l’économie de la répression d’une corruption qui menace autant le pacte républicain que la lutte contre le racisme. Cette privation de droits civiques est certes insignifiante pour le skinhead, mais des élus et hommes de médias devraient être ainsi plus soucieux des conséquences de leur discours.

Ici les deux auteurs créent un curieux amalgame. Les cibles de la « répression » sont ceux qui ne mesureraient pas « les conséquences de leur discours ». Car c’est entendu, ceux qui ne partagent l’opinion des deux auteurs sont au mieux des imbéciles au pire des délinquants idéologiques. Mais il est aussi question de réprimer la « corruption ». L’amalgame entre « corruption » et « discours déviant » est curieux a priori, mais au fond peu surprenant : le déviant est forcément aussi un criminel de droit commun. Mais le plus intéressant est bien l’idée de créer deux types de citoyens en fonction de l’appartenance idéologique de chacun : tout élément soupçonné de militantisme « déviant » devrait se voir privé de droits civiques dont on ne précise pas lesquels : droit de réunion, d’expression, d’élection ? Par ailleurs, pour faire le tri entre ces deux types de citoyens, il faudrait une juridiction capable de se prononcer sur ces questions, créant de fait un tribunal politique chargé d’évaluer les orientations politiques des suspects présentés. Cela a déjà été appliqué, sous la Terreur en France avec le Tribunal Révolutionnaire, et dans toutes les « démocraties populaires » marxistes.

Quatrième passage :

Le dépôt de plainte pour incitation à la haine ne doit plus être le fait sporadique d’associations : l’Etat doit systématiquement rappeler à l’ordre républicain ceux qui s’en écartent.

Ce court extrait se propose purement et simplement de faire de l’État un État capable de prendre des initiatives sur le terrain idéologique en menant « systématiquement » la répression contre ceux qui « s’écartent de l’ordre républicain », qui de fait n’est plus seulement perçu comme l’État de Droit mais bien comme un État détenteur d’une idéologie officielle à laquelle personne ne peut contrevenir sans être jugé par lui, sur son initiative. Plus besoin donc de plaignants pour que la justice agisse le cas échéant, l’État se passera d’eux et déterminera qui est politiquement délinquant a priori de qui ne l’est pas. Là encore, rien de neuf, c’est un des aspects de tous les états totalitaires ayant existé ou existant encore.

Cinquième passage :

Cela signifie enfin un travail d’intégration des citoyens aux normes républicaines. La République n’est pas un marché idéologique ouvert. Elle ne peut tenir dans un rapport consumériste à ses valeurs, où les individus prendraient ce qui leur sied et se réfugieraient ensuite derrière leur individualisme libéral. Il est en ce sens symptomatique que nombre de nos concitoyens ne trouvent rien à redire aux discours qui, sous couvert de lutte contre le communautarisme, subvertissent les valeurs républicaines en établissant une hiérarchie des civilisations, revenant en ce sens à des représentations coloniales.

Ce passage reprend le premier en le détaillant, celui de la rééducation politique des individus idéologiquement déviants. Les auteurs le disent d’ailleurs ouvertement : « La république n’est pas un marché idéologiquement ouvert« . Il est donc fermé et l’État Républicain, rompant avec l’état de droit libéral, devient un État détenteur d’une idéologie qui ne souffre pas de contestation ou de critique. C’est alors que l’on comprend que la « République » n’est pas l’ensemble des institutions françaises mais un régime idéologique chargé de créer un type d’homme bien précis. Lorsqu’un État viole la conscience humaine pour lui imposer une conception particulière, nous avons à faire à un état totalitaire. Là encore la sève marxiste de ce passage est transparente.

Rééducation des individus ne partageant pas l’idée d’un communisme racial, liquidation par l’État de l’intelligentsia non-conforme, privation de droits pour délit d’opinion, transformation de l’État en État idéologique capable de traduire en justice quiconque serait considéré par lui comme déviant, nous avons la totalité des attributs des états totalitaires de type communistes, staliniens ou maoïstes. Le cœur idéologique d’un tel régime ne serait plus la lutte des classes mais la lutte des races, les races suspectes d’être « non-historiques » devant être rééduquées – c’est-à-dire poussées à admettre leur disparition – ou en cas de refus, liquidées.

Qu’un tel condensé terroriste soit publié dans le plus grand journal français par des conseillers du ministre de l’Intérieur français, Manuel Valls, devrait donner à réfléchir à ceux pour qui la liberté mérite d’être défendue.

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6 COMMENTS

  1. Article inquiétant et révélateur de vers ou nous entraine les « valeurs de la république »: une tyrannie socialo-bolchevique mondialisée ou les crimes crapuleux , les viols, les actes de barbaries seront moins durement chatiés ( comme dans toutes les dictatures marxistes) que les délits d’opinion et l’usage de la liberté d’expression.
    L’actuel ministre de l’intérieur a exactement le profit de l’emploi pour ces basses-oeuvres de justice.

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