Réunification : de qui se fout Bernadette Malgorn ? Des Bretons !

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BREIZATAO – POLITIKEREZH (16/04/2014) On ne doit ni peut attendre quoique ce soit d’un élève de l’ENA, l’école des cadres du jacobinisme français. Et encore moins d’un préfet, c’est-à-dire d’un gouverneur non-élu chargé par l’état central de surveiller et tenir en respect le peuple breton.

Bernadette Malgorn, qui depuis sa mise en retraite cherche désespérément une ville où on voudra bien d’elle, tente tant bien que mal de conserver la main sur la droite française en région Bretagne. C’est elle qui, aux dernières élections municipales, mena l’UMP à un désastre historique, voyant Jean-Yves Le Drian s’imposer au premier tour, du jamais vu.

L’actualité aidant, Malgorn a été sollicitée sur la question de l’intégrité territoriale bretonne. Voici ce que déclare l’ancien préfet de région :

« La possibilité d’une réunification de la Bretagne historique est une bonne chose. »

Avant d’ajouter :

« Mais nous avons toujours assorti ce vote d’une mention particulière. Pour nous,  la réunification impose le désenclavement de la pointe bretonne. Concrètement, cela implique la  mise de Brest et Quimper à trois heures de Paris et l’achèvement de la mise à deux fois deux voies de la RN 164. »

On ne se refait pas et pour l’énarque Malgorn, la lumière ne saurait venir que de Paris et du tout-état, alors que pour les Bretons, le salut est atlantique et européen, absolument pas parisien, surtout quand on voit ce qu’est ce cloaque du Tiers-Monde.

Ce projet de ligne LGV sans utilité est la marotte d’esprits technocratiques français fatigués, drogués à la logique pyramidale à l’ère des réseaux et du fédéralisme, déjà convaincue d’archaïsme il y a trente ans. Une ligne qui ne se fera jamais, ce dont, au surplus, tout le monde se fout.

Bref, Malgorn vit au XIXème siècle, comme la totalité de la technostructure française.

Sur la réunification territoriale, Malgorn a des convictions de l’épaisseur d’une feuille de cigarette. En 2006 elle déclarait :

 « Je trouve plutôt sympa sur le plan sentimental que le nord de la Loire Atlantique soit breton. Cette aspiration un peu nostalgique est un détournement de centres d’intérêt de ce qui est essentiel pour la Bretagne. »

Avant d’ajouter :

« Si l’on raisonne en espaces économiques homogènes, s’étendre vers le sud n’a pas de sens pour la Bretagne. »

Malgorn se fout des Bretons, comme son mentor Sarközy qui l’avait déclaré publiquement. Cette droite stato-socialiste, archaïque, nostalgique des plans du père De Gaulle ne comprend rien au XXIème siècle. Fort heureusement, une nouvelle relève se fait jour : Marc Le Fur ou Ludovic Jolivet, ardents partisans d’une identité bretonne pleinement restaurée, ont changé quelque peu le discours général. Et face à un Parti Socialiste dont les figures dominantes, comme Jean-Jacques Urvoas, chevauchent le régionalisme avec toujours plus d’ardeur que d’opportunisme, les reliquats du centralisme de droite font figure de fossiles politiques.

Malgorn serait bien inspirée de prendre sa retraite politique et de faire la place aux jeunes qui, eux, vivront au rythme du nouveau millénaire.

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