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BREIZATAO – ETREBROADEL (01/08/2014) Bien que les médiats internationaux accordent une attention relative aux événements se déroulant actuellement en Ukraine, ceux-ci n’évoquent pas ce qui se discute activement au Kremlin : un scénario de guerre entre la Russie, l’Otan et les USA impliquant l’utilisation d’armes nucléaires tactiques.

Les radicaux contrôlent totalement la présidence US

Depuis le coup d’état du 21 février 2014 à Kiev, le gouvernement en place est pour ainsi dire le pion de Washington. Jusqu’au mois de mai, les Russes ont voulu croire à un emballement d’une situation pouvant être négociée. Avaient été mis sur la table la fédéralisation de l’Ukraine, le respect de l’intégrité territoriale du pays, la protection de la minorité russe et russophone. Moscou s’engageait à soutenir l’économie de l’Ukraine, notamment au plan énergétique et à reconnaître le gouvernement ukrainien.

Dans le Washington Post, Henry Kissinger avait appelé le gouvernement américain à abandonner l’idée d’intégrer l’Ukraine dans l’Otan et à adopter vis-à-vis de ce pays des rapports similaires à ceux entretenus avec la Finlande. A ces conditions, un accord aurait pu mettre un terme à la crise.

Mais Kissinger lui-même a été totalement écarté par Washington ainsi que tous les spécialistes des relations américano-russes susceptibles de tempérer ce qui semble être un plan d’agression soigneusement mis en oeuvre.

Selon Stephen Cohen, historien de la Russie à Princeton, les éléments rationnels de la CIA sont mis hors jeu et ne peuvent accéder à la Maison Blanche. Et comme il le résume : « Quelque part, quelqu’un pousse à un conflit avec la Russie ». Stephen Cohen est un universitaire juif proche du Parti Démocrate qui soutenait depuis l’origine Barack Obama. Mais étant désormais écarté des médiats comme de tout accès aux responsables américains en raison de ses appels à la mesure et aux négociations, ce dernier n’hésite plus à parler publiquement de l’état de dissolution de l’appareil d’état américain et de l’ampleur de la crise actuelle.

Le but stratégique de l’Otan

Fort de ses discussions avec des interlocuteurs russes et américains, Stephen Cohen souligne que pour le Kremlin il est tout simplement impossible de laisser les forces de Kiev s’emparer du Donbass. Les forces ukrainiennes comportant une part importante d’ultra-nationalistes appelant au nettoyage ethnique des Russes d’Ukraine, Poutine est puissamment mis sous pression par son entourage et l’opinion publique pour agir vite et fort.

Mais Poutine est un stratège avisé et prudent. Il ne veut pas d’une confrontation avec l’Otan ou l’Amérique. De ces discours les plus récents, le président russe souligne cependant que la Russie est « prête à se défendre » et qu’elle n’accepterait pas d’être « dominée militairement ».

Ce que beaucoup ignorent, les médiats occidentaux se gardant de l’expliquer, c’est le contexte qui a vu naître Vladimir Poutine. Le président russe a empêché à partir de 1999 la destruction programmée de la Russie par les oligarques, majoritairement juifs. Ceux-ci, en rapport avec les USA, avaient entrepris, contre toute logique apparente, de démanteler tous les secteurs stratégiques de l’économie russe : armement, électronique, etc.

Mais ce que font mine d’ignorer les médiats occidentaux, et ce que savent et disent tous les décideurs russes, c’est que les sites de recherche ou les sites indsutriels visés par ces démantèlements correspondaient exactement aux cibles qu’avaient arrêté les USA en cas de frappes nucléaires stratégiques contre la Russie. En d’autres termes, les oligarques que Poutine a neutralisé réalisaient par des mesures économiques soi-disant réformistes ce que les USA avaient envisagé de détruire par un plan militaire créé durant la Guerre Froide.

En parvenant à sauver la Russie de la destruction, Vladimir Poutine a suscité chez les cercles mondialistes d’Occident un puissant ressentiment qui se traduit depuis par une campagne systématique de diabolisation dans la presse de l’Ouest. Car la Russie a non seulement survécu, mais elle devient de plus en plus l’architecte de la fin de la domination américaine sur le monde, aux côtés de la Chine.

Pour les Russes en général – et pour Poutine en particulier – le but de l’Otan est connu : c’est la destruction pure et simple de la Russie et sa partition en d’innombrables états ethniques ou religieux, en guerre les uns contre les autres. Aussi, dans l’esprit du maître du Kremlin, ce qui se joue en Ukraine n’est que la pointe de l’iceberg. Et cet iceberg c’est une révolution politique contre le gouvernement russe débouchant sur une nouvelle atomisation du pays. Danger très réel puisque la dernière tentative financée par les USA s’est déroulée en 2012 lors des élections présidentielles où, comme un seul homme, les médiats occidentaux avaient monté une campagne visant à accréditer l’idée d’élections « truquées ». Avait été un des leaders de cette tentative de déstabilisation participé le joueur d’échec juif Kasparov.

Pour Poutine, depuis 1992 jusqu’à aujourd’hui, il y a là un seul et même conflit : celui opposant une Russie essayant de se redresser face à des USA voulant assurer leur domination mondiale en détruisant ce pays une fois pour toute.

Escalade voulue par Washington

Et il semble que Washington est déterminé à soutenir une guerre en Ukraine de façon à légitimer une action de l’Otan contre la Russie, puis dans la foulée, tenter de susciter un coup d’état maquillé en révolution dans ce pays. Tout d’abord en mobilisant l’armée ukrainienne qui devrait atteindre 500 000 hommes d’ici à décembre.

La réponse russe a été d’inviter les conscrits ukrainiens à se réfugier en Russie en se rendant à la première occasion, voire en s’y rendant directement. Des ordres ont en outre été donnés pour traiter comme prisonniers de guerre ces mêmes conscrits et ainsi éviter tout débordement à leur encontre. Plusieurs centaines d’entre eux sont déjà à Rostov-sur-le-Don où ils sont traités décemment. Comme le soulignent nombre d’observateurs, une mobilisation comme celle à laquelle se livre l’Ukraine, ne s’explique que dans le cadre d’une guerre entre états et non contre des milices.

Des gestes de plus en plus dangereux ont été observés comme le lancement, avant-hier, de 4 missiles SS21, à capacité nucléaire ou bactériologique, contre les rebelles prorusses. Ces missiles, bien que non nucléarisés, constituent un message adressé aux Russes sur la capacité ukrainienne à utiliser, le cas échéant, des armes tactiques extrêmement puissantes. La riposte de Moscou a été immédiate puisque l’armée russe a détruit les missiles en vol puis a commencé à faire mouvement vers l’Ukraine avant de suspendre son avancée, constatant que les tirs ne s’étaient pas poursuivis.

Les rebelles prorusses ont même indiqué hier, par la voix de leur ministre de la Défense Strelkov, que les forces ukrainiennes avaient pointé des missiles identiques vers des sites industriels chimiques qui, s’ils étaient visés, pourraient tuer par les émanations qui en résulteraient, par la mort d’un nombre considérable de civils.

Voir la conférence de presse (sous-titrée en anglais) :

« Crise la plus grave depuis 1962 »

Pour Stephen Cohen, le risque d’une situation extrêmement grave se profile à l’horizon. Est discuté depuis des semaines au Kremlin les mesures préventives à prendre pour protéger l’Est de l’Ukraine des forces de Kiev. L’option « la plus légère » étant une zone d’exclusion aérienne sur le modèle de ce qui s’est fait en Libye. Les Russes entendent profiter de l’occasion pour rendre la monnaie de sa pièce à Washington après ce que les USA ont fait en Libye.

Mais selon Stephen Cohen d’autres scénarios, beaucoup plus graves, sont étudiés. Soulignant que les Russes ont changé de doctrine militaire dans les années 90, l’universitaire américain évoque les plans mis en oeuvre à Moscou pour l’usage d’armes nucléaires tactiques, de petites dimensions, capables de contrer une offensive de l’Otan. Les Russes en effet ne misent plus sur un affrontement nucléaire global à longue distance, mais sur un affrontement conventionnel appuyé par une « artillerie » nucléaire. Et à ce jeu là, les Russes ont une nette avance : ils possèdent 10 000 têtes de ce type, contre 400 ou 500 pour les USA.

Ce risque d’escalade est réel si les Russes se sentent contraints d’intervenir en Ukraine directement notamment grâce à leur aviation. L’Otan pourrait décider de faire mouvement en Ukraine de l’Ouest et, pour la première fois, USA et Russie seraient en contact direct, sur les frontières russes, avec une Russie qui considère qu’elle joue sa survie et un gouvernement américain visiblement convaincu de sa toute-puissance.

La Pologne et les Pays Baltes continuent d’envoyer des mercenaires pour combattre les rebelles prorusses et les effectifs de l’Otan continuent d’augmenter à l’Est.

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