Le mafieux gaulliste Charles Pasqua, ennemi du Peuple Breton, est mort

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BREIZATAO – NEVEZINTIOU (30/06/2015) L’homme des basses oeuvres du gaullisme, Charles Pasqua, est mort. La presse d’état comme l’ensemble du régime salue unanimement celui qui incarne si caricaturalement l’effondrement moral du système républicain.

Assassinats politiques

La vie de ce Corse était jalonné d’affaires non-élucidées, aussi chaotique que mal connue, malgré l’abondante littérature qui lui est consacré.

Charles Pasqua, chargé des basses oeuvres du système gaulliste – jusqu’en Afrique – est soupçonné d’avoir fait liquider le principal opposant à Jacques Chirac : Robert Boulin.

On le soupçonne, lui et ses amis, d’avoir fait tuer le juge Michel qui enquêtait sur le trafic de drogue, notamment marseillais.

Trafic d’héroïne indochinoise

Autre épisode : en 1972, le quotidien new yorkais « Newsday » publie une série d’articles intitulés « The heroïn trails ». Une équipe de journalistes a commencé son enquête au Canada sur les agissements dans les années 60 de Jean Venturi, représentant local de la firme Ricard, dont le supérieur hiérarchique direct avait été à l’époque Charles Pasqua, directeur des ventes à l’export.

Ils obtiendront auprès des services de police compétents un document du bureau américain des narcotiques incriminant Jean Venturi dans un trafic d’héroïne à destination des Etats-Unis : c’est la « French Connection ».

Le SDECE, service des renseignement français, a amplifié depuis la guerre d’Indochine la culture de l’opium. Acheminée à Marseille, le port colonial français, des laboratoires le transforment en héroïne particulièrement pure, sous la supervision du milieu marseillais sur lequel règne la diaspora corse. Celle-ci est traditionnellement très présente dans les colonies françaises. Pasqua participe à l’acheminement de la drogue, sous la couverture des activité de Ricard, vers l’Amérique du Nord.

Dans l’ombre, le parrain italo-américain Lucky Lucciano, en cheville depuis 1943 avec l’OSS, l’ancêtre de la CIA. Il appuie le Corse Antoine Guérini, un des parrains du milieu marseillais ainsi qu’Etienne Léandri, proche de Pasqua. Léandri, un ancien collaborateur de la Gestapo, représente Luciano auprès de la CIA et rencontrera plusieurs son directeur, Allen Dulles.

Le port de Marseille va être, très tôt, le lieu où la pègre sera appuyée par la CIA et le gouvernement français pour contrer l’influence du PCF et de l’URSS sur les dockers. Sans ce port, le transit des armes et du ravitaillement vers l’Indochine et la Corée aurait été impossible. Irwing Brown, un agent de la CIA, créé de toutes pièces Force Ouvrière afin d’affronter la CGT. Composé d’hommes du milieu, ce syndicat fait le ménage dans le port. Les trafics pourront s’y dérouler sans difficulté par la suite (source).

Création du SAC

Charles Pasqua est dans les réseaux gaullistes depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il prend une grande responsabilité en 1958 en devenant co – fondateur du SAC – Service d’Action Civique – les gros bras du RPR de l’époque ( UDR) et instrument de police parallèle.

Il n’est donc pas étonnant que Pasqua fasse appel à Étienne Léandri (« l’ambassadeur » de Luciano) pour recruter des gros bras et constituer la milice gaulliste. Un troisième homme joue un grand rôle dans la formation du SAC, l’ancien garde du corps de De Gaulle, Achille Peretti, un Corse lui aussi.

Après la Guerre d’Algérie, nombre de déçus du gaullisme membres du SAC, partent. Ils sont souvent remplacés par des membres de la pègre, au profil moins probe que les vétérans de la Résistance ou des guerres coloniales. Le SAC créera l’UNI pour contrer les gauchistes dans les facultés.

Le SAC constituera une milice, « Francia », chargée de lutter contre le FLNC en Corse. C’est la tuerie d’Auriol, à Marseille, qui précipite la dissolution du SAC par Mitterrand, en 1982.

Parrain de Nicolas Sarközy

La mère de Nicolas Sarközy est la secrétaire d’Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de l’Assemblée nationale.

Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l’existence d’une organisation criminelle secrète « l’Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l’Europe et l’Amérique, la fameuse « French connexion ». Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l’Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».

À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste. Il y fréquente d’autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n’est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.

En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s’étant inscrit au barreau, épouse la nièce d’Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu’avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l’île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi (source).

Pasqua et la pègre corse en Afrique

Il va monter son réseau en Afrique que l’on retrouvera dans l’affaire du trafic d’armes avec l’Angola. Ministre il va à plusieurs reprises et contre l’avis de la commission du ministère, favoriser les ventes de casinos pour ses amis de la pègre corse.

Suite à l’intervention française au Mali, la présidence française impose son candidat à la présidence malienne : Boubacar Keita. Et lui associe des cadres des réseaux Pasqua.

Lieutenants de Charles Pasqua en Corse et en Afrique, Michel Tomi et son fils Jean Baptiste, sont devenus les plus proches conseillers du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, surnommé IBK. Les patrons de jeux et de casinos corses, traditionnellement proches de Charles Pasqua, viennent ainsi de mettre la main sur le casino de Bamako avec l’appui bienveillant de la présidence malienne, qui les consulte désormais régulièrement.

Empereur des jeux et des casinos en Afrique, Michel Tomi, qui tutoie Pasqua, n’est pas un perdreau de l’année. Condamné dans la débâcle du casino de Bandol en 1996 à un an de prison, une peine confirmée par la Cour de cassation, cet honnête garçon avait obtenu du juge d’application d’Ajaccio un régime de semi liberté (source).

Impliqué dans le coup monté de « l’Affaire Dermouche »

Pasqua était connu et détesté en Bretagne. On lui doit notamment cette déclaration à l’emporte-pièce : « Les Bretons, c’est comme les cochons, plus ça devient vieux… ». Le vieux mafieux manifestait là son mécontentement devant une belle revanche bretonne : leur vote faisant pencher la France dans l’intégration européenne via le Traité de Maastricht. Sans le vote breton, la France aurait voté « non ».

Il n’en fallait pas plus pour faire fulminer le commis aux basses oeuvres du gaullisme, notoirement engagé par ailleurs contre les nationalismes corse et breton.

Mais Pasqua s’est signalé pour son implication dans une opération médiatique contre le nationalisme breton, dans le cadre plus général de la destruction du front politique et culturel en Bretagne décidé à la fin des années 90.

En 2004, Sarközy – ministre de l’Intérieur – est en pleine promotion de la « discrimination positive ». Il suit les orientations multiculturalistes de l’ambassade des USA à Paris et cherche à s’appuyer sur le vote immigré. Ainsi tente-t-il de se poser en défenseur de la promotion de hauts-fonctionnaires maghrébins dont un certain Aïssa Dermouche.

Le véhicule du préfet d’origine algérienne est détruit par un attentat, à Nantes, en 2004. Sitôt l’explosion connue – et jamais élucidée – Charles Pasqua accuse à la radio « l’autonomisme breton ». Ce sera l’occasion de présenter Nicolas Sarközy comme « sauveur » des musulmans français. Mais aussi de lancer une grande opération de police contre le parti ADSAV, dont la présence inquiète le gouvernement qui a réussi à détruire l’extrême-gauche indépendantiste, suite à l’attentat de Quévert (source).

Un parcours accablant, salué par le régime

Dans toute l’histoire de la drogue, des jeux, du SAC, des réseaux, au moins depuis 1958 – après le coup d’état gaulliste – on trouve la trace de Charles Pasqua ou de ses proches, Jean Charles Marchiani, Bozzi, André Guelfi dit « dédé la sardine, Tomi, Felliciagi, Jean Baptiste Jérôme Colonna, Pierre Falconne, Etienne Léandri etc.

En se servant de la pègre pour former sa garde prétorienne, Charles De Gaulle a fait entré le loup dans la bergerie. Rapidement après son départ, la mafia prend le contrôle du parti gouvernemental qui fera accélérera progressivement l’effondrement moral du régime républicain. Si bien qu’en 2015, l’ancien protégé de Charles Pasqua, Nicolas Sarközy, est toujours solidement ancré à la tête du principal parti d’opposition.

Révélatrices, les réactions de toutes les factions du régime, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche républicaines.

Une certaine idée de la France dont nous avons résumé, à grands traits, les conceptions et pratiques.

Le Front National n’est pas en reste, puisque l’homosexuel et énarque Florian Philippot – qui aspire à la carrière d’un Pasqua, le talent et les attributs masculins en moins – tonitrue :

Le sans-culotte Jean-Luc Mélenchon s’est empressé de saluer « un républicain qui n’avait pas peur ». De corrompre et d’être corrompu assurément ni, comme on l’a vu, de lutter contre les amis communistes de Mélenchon à Marseille comme on l’a vu.

François Hollande a lui aussi salué « la mémoire d’un gaulliste », qui semble être devenu un compliment dans la bouche des socialistes.

Philippe de Villiers a quant à lui déclaré : « Charles Pasqua défendait la France et la démocratie car il n y a pas de démocratie sans souveraineté nationale ». L’ancien compagnon de route de Pasqua a semble-t-il oublié que c’est lui qui avait dénoncé les manoeuvres frauduleuses de l’ancien ministre de l’Intérieur, du temps du RPF.

Face à cet unanimisme de la caste, les commentaires du peuple sont bien moins ronflants.Pasqua, en dehors de l’image d’un des plus grands membres de la pègre française, ne laissera guère que son influence délétère sur un pays en ruine.

Une page se tourne que les Bretons ne regretteront pas.

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