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BREIZATAO – ETREBROADEL (06/07/2015) Contrairement au bruit médiatique entretenu ici et là, la sortie de la Grèce de l’Eurozone est depuis longtemps actée par les marchés. L’imbroglio est donc plus politique, diplomatique et médiatique qu’économique. La France quant à elle tente, depuis une semaine, de maintenir à toute force la Grèce dans la monnaie unique. Non pas par philanthropie, mais pour gagner du temps qu’elle sait compté.

Le front des démagogues se moque des épargnants

Les populistes français de tous bord ont vanté les mérités du Premier ministre grec, Alexis Tsipras. Le Front National n’a pas été le moins prolixe, brodant sur la « dignité » du peuple grec avec force pathos de circonstance. Il a aussi surjoué le recours au référendum comme garant de l’opération de démagogie pure du chef de gouvernement d’extrême-gauche grec (source).

C’est d’autant plus fascinant que le Front National s’est gardé d’expliquer que sa lune de miel avec les gauchistes d’Athènes coûtera aux épargnants français la modique somme de 50 milliards d’euros, voire de 60 à 70 milliards. C’est-à-dire deux fois le budget de la Défense. En période de précarité financière accrue, cet enthousiasme frontiste témoigne de la profonde irresponsabilité d’un parti qui n’hésite pas à se divertir médiatiquement sur le coût supporté par des millions de déposants français.

Cynisme donc qui donne la dimension du peu de cas que font les démagogues de gens dont ils espèrent les suffrages, pour leur propre compte. Une telle formation au pouvoir en France mènerait, comme en Grèce, le pays à la ruine de par son inconscience, son égoïsme et son incompétence.

Démocratie grecque de fiction

Quant au couplet sur la « démocratie grecque » vengée, c’est là encore une sinistre imposture. La « démocratie grecque » ne dispose pas de la légitimité pour forcer les Européens des 17 autres pays membres de la zone Euro à financer un pays qui refuse de se réformer durablement.

Et ceci pour préserver, entre autres, d’innombrables mafias à l’instar des armateurs, du clergé orthodoxe, du secteur public qui – de 1994 à 2004 – a augmenté de 70% sans que jamais une administration fiscale ait été établie.

Pourtant, c’est bien ce qu’entend exiger Tsipras des Européens : non seulement que la dette du pays soit effacée, mais encore que la Grèce soit maintenue dans la zone euro pour emprunter à vil prix. Et enfin que ces mêmes Européens financent de nouveaux prêts à un pays en faillite.

Nul ne peut voter pour s’inviter dans une organisation dont par ailleurs on refuse d’appliquer les règles. Mais c’est l’élection même de Tsipras qui, dès le début, signifiait la fuite en avant d’unn pays ravagé par le socialisme, la truande fiscale, l’inexistence économique.

En toute logique, Front de Gauche et Front National se retrouve eux aussi dans sur une ligne politique qui consiste à faire de la pensée magique une politique.

Tsipras ne veut pas quitter l’euro

Il y a aussi une profonde malhonnêteté dans le « soutien » amical des démagogues frontistes à la Grèce. Car il ne s’agit pas de vouloir « aider » ce pays, mais bien de s’en séparer en mettant un terme à l’euro.

Ainsi Marine Le Pen écrit-elle dans son communiqué :

« La victoire du Non au référendum grec ce soir est la victoire du peuple contre l’oligarchie de l’Union Européenne ! C’est un Non de liberté, de rébellion face aux diktats européens qui veulent imposer la monnaie unique à tout prix. »

Avant d’ajouter :

« C’est aussi l’espérance pour le contribuable français de ne plus avoir à sortir une nouvelle fois le chéquier pour verser quelques milliards supplémentaires dans le trou sans fond de la dette grecque et de l’euro. »

A un détail près : le chef du gouvernement grec ne veut surtout pas quitter l’Eurozone. C’est précisément pour conjurer à tout prix une telle exclusion par l’Europe du Nord qu’il a sollicité le référendum et tenter de tordre le bras aux Européens.

Ainsi s’est-il empressé de déclarer, sitôt le « non » acquis :

« Vous avez pris une décision très courageuse mais je suis concient que vous me donnez l’ordre de continuer avec l’Europe et pas de rompre avec elle, de trouver un accord encore plus fort et viable avec des perspectives au-delà du cercle vicieux de l’austérité. Et je vais me mettre tout de suite à la tâche. » (source).

Démontrant une nouvelle fois son autisme et sa profonde incompréhension de la situation, le Front National a opéré un transfert de ses propres attentes sur ce référendum. Tsipras veut rester dans la zone Euro afin de financer son programme socialiste démagogique, et ceci aux frais des Européens, y compris de pays plus pauvres que la Grèce.

Avec des « amis » de la Grèce comme ceux-là, le gouvernement d’Athènes n’a guère besoin d’ennemis.

Le cynisme du gouvernement socialiste français

Le gouvernement français quant à lui tente depuis une semaine de maintenir à toute force la Grèce dans la zone Euro. Ainsi, prenant l’exact contrepied d’Angela Merkel, François Hollande s’est-il acharné à parler de « négociations » avec un pays qui n’en veut pas. Et ceci, en oubliant un peu vite que le créancier allemand est en dernière instance le décideur.

En réalité, ce soutien – réitéré depuis par Harlem Désir (lire ici) – vise à la fois à affaiblir l’Allemagne et à ne pas se retrouver dans une zone Euro beaucoup plus homogène. Cela vise aussi à ne pas devenir l’objet de toutes les attentions des créanciers internationaux qui savent que la France est le véritable maillon faible de l’économie européenne.

Aussi, maintenir la Grèce dans l’Eurozone constitue pour Paris le moyen de détourner l’attention des marchés financiers.

Les Allemands maîtres du jeu

Seulement le jeu perfide d’une France irréformable qui gère les dossiers européens comme les siens, c’est-à-dire à la petite semaine, a atteint ses limites. L’Allemagne, la Finlande, les états baltes ou encore la Hollande ne veulent plus payer pour une Grèce ayant fait le choix de la démagogie gauchiste.

L’heure est donc venue d’exclure la Grèce de la zone euro et vite. Ce que Berlin devrait organiser le plus rapidement possible, faute de quoi, c’est toute la zone qui s’effondrerait sous le poids des démagogues de tous poils.

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