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BREIZATAO – ARMERZH (18/08/2015) Avec près de 18,4 milliards d’exportations, la Bretagne historique (4+1) est classée 72ème nation exportatrice – sur 185 – derrière le Luxembourg. Au niveau européen, l’économie bretonne se classe dernière de par sa quasi absence sur les marchés internationaux.

Faible exportatrice

Les chiffres de la Chambre de Commerce et de l’Industrie « régionale » pour la Bretagne administrative indique que, pour l’année 2014, cette dernière a exporté pour 10,3 milliards d’euros. En net recul cependant par rapport à 2013, à 10,6 milliards d’euros (source).

La région nantaise quant à elle a exporté pour 8,3 milliards d’euros. Pour la totalité du territoire breton, le volume des exportations s’élève donc à 18,6 milliards d’euros (source).

Ce volume fait de la Bretagne la 72ème nation exportatrice au plan mondial. Le volume d’exportations par habitant se chiffre à 3 900 euros/hab, ce qui fait de la productivité bretonne la 45ème, juste derrière les USA (source). Elle est cependant loin derrière la Belgique, à 27 000 euros/hab ou des Pays-Bas à 29 000 euros/hab.

Contrairement à une idée reçue, la Bretagne dispose d’une économie très peu exportatrice. Avec 18,6 milliards d’euros, la part des exportations dans son PIB annuel de 115 milliards ne représente que 17% du total. A titre de comparaison, il est de 53% pour le Danemark, 83% pour la Belgique ou même de 30% pour la Grèce (source).

Trafic maritime

Pour l’année 2014, le port de Nantes / Saint-Nazaire a traité 26 millions de tonnes, en baisse de 4% sur un an et troisième année de baisse consécutive. Les ports bretons de la Bretagne administrative n’ont traité que 8 millions de tonnes dont 2,3 pour Lorient et 2,7 pour Brest (source). Soit un total de 34 millions de tonnes en 2014.

Bien que comparaison ne soit pas raison, le port belge d’Anvers a traité quant à lui 190 millions de tonnes de marchandises en 2013. Le premier port français, Marseille, traite environ 78 millions de tonnes par an. Gênes, le premier port italien, gère 51 millions de tonnes de marchandises.

Répartition de l’activité économique

La Bretagne administrative, faute d’exister sur les marchés internationaux, dispose d’une économie de service (40% du PIB). L’industrie représente 15% de la production et la construction seulement 7%. Le commerce représente quant à lui 10% du PIB annuel.

Le secteur tertiaire marchand (biens et services) est de moindre importance que la moyenne française à 49,7% contre 55,6% pour la France. L’industrie joue un rôle légèrement plus significatif à 15,1% de la production annuelle contre 14% en France.

Une économie archaïque et sclérosée

L’économie bretonne, malgré une industrie agro-alimentaire présentée comme le « socle » de son modèle « exportateur », est en réalité largement fermée au marché européen et mondial. Et ceci du fait même d’un modèle imposé par le gouvernement français dans les années 50 et 60 qui contraint celle-ci à centrer son activité sur le secteur agricole et agro-alimentaire. Une activité à très faible valeur ajoutée.

Si un pays comme la Belgique  – 10 millions d’habitants, soit à peine le double de la population bretonne – compte certes 10% de ses exportations en pétrole, le pays s’est doté d’une industrie innovante et à forte valeur ajoutée. L’industrie pharmaceutique représente 10,5% de ses exportations, l’automobile 9,7%, la chimie 7,2% et les machines-outils 7,1% (source).

Les exportations bretonnes quant à elles sont dominées pour plus d’un tiers par l’agro-alimentaire (35%) dont la valeur ajoutée est très faible, à 3,5 milliards d’euros par an alors qu’il embauche 160 000 personnes !

L’électronique représente 9% des exportations bretonnes mais ne génère que moins d’un milliard d’euros par an, contre 14,6 milliards d’euros pour la Belgique dont il ne représente que 3,1% des exportations.

Liberté économique et liberté politique étroitement liées

La cause essentielle de cette situation est l’absence de liberté politique en Bretagne qui empêche l’économie bretonne d’allouer librement ses capitaux sur des investissements à forts rendements. Prisonniers d’un état central français de type socialiste, les Bretons ne peuvent déterminer ni leur fiscalité ni l’allocation de leur capital. Moyennant quoi, on assiste au phénomène propre à toute économie planifiée et centralisée : des secteurs improductifs sont subventionnés au détriment du secteur productif, détruisant les initiatives porteuses au profit de structures inefficaces.

A plus d’un titre, l’agriculture étatisée et l’absence de gouvernement indépendant constitue, pour l’économie bretonne, le plus grand handicap.

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