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Slovakia

BREIZATAO – ETREBROADEL (08/10/2015) Comme nous le disons depuis le début de la crise migratoire, le fossé civilisationnel latent entre l’Europe de l’Est et l’Europe l’Ouest sert de terreau au processus de décomposition de l’Union Européenne. Le 3 septembre dernier, citant l’ancien président tchèque Vaclav Klaus, nous soulignions cette réalité (lire ici) :

Le divorce entre pays de l’ex-bloc de l’Est et l’Europe de l’Ouest est de plus en plus net. Face à l’immigrationnisme forcené des gouvernements français et allemand, les pays de l’Est se révoltent et s’organisent.

Et nous citions l’ancien chef de l’état :

« Les déclarations du ministre français des Affaires étrangères et d’un grand nombre d’autres politiciens ont attiré mon attention et m’ont irrité », a expliqué M. Klaus, chef de l’Etat tchèque entre 2003 et 2013, au site web du journal Dnes.

« Si l’Europe veut commettre un suicide en recevant un nombre illimité de migrants, qu’elle le fasse, mais sans notre accord », a-t-il asséné. « Nous devrions dire un ‘non’ résolu ».

Les dirigeants de l’Europe de l’Ouest, acquis au multiculturalisme et à l’immigrationnisme en plus de leur soutien de principe à l’islam, ne mesuraient pas à quel point l’Europe centrale et orientale étaient étrangères à leur propre vision du monde.

Le Premier ministre slovaque résumait la chose, comme nous le rapportions (lire ici) :

“Lorsque l’Allemagne ou la France disent quelque chose nous ne devons pas nous prosterner (devant eux) et répéter la même chose. Nous avons notre propre opinion” , a déclaré M. Fico à la presse en référence aux propositions faites quelques heures plus tôt par le président de la Commission européenne.

Nous citions également les propos du Premier ministre Viktor Orban (source) :

“La question à présent n’est plus vraiment de savoir dans quel genre d’Europe nous, Hongrois, nous voulons vivre, mais plutôt de savoir si ce que l’on appelle l’Europe aujourd’hui survivra ?” a déclaré le Premier ministre Viktor Orban lors du 26ème Camp d’été des écoles et étudiants à Tusnádfürdő (Baile Tusnad), une petite ville hongroise située dans la Roumanie actuelle.

“Notre réponse est claire : nous voudrions que l’Europe soit préservée pour les Européens” a-t-il ajouté.

Choc de civilisation

Les médiats occidentaux, acquis aux principes généraux du marxisme culturel, ont globalement réagi envers ces pays de la même façon qu’ils le font habituellement avec ce qu’ils appellent chez eux « l’extrême-droite », expression commode pour cataloguer tous ceux qui ne s’alignent pas sur leurs conceptions idéologiques.

On y décelait aussi à l’évidence une arrogance occidentale envers ces « petites nations » généralement présentées comme ignorantes et archaïques. La caste politique française – parisienne plus exactement – s’est particulièrement illustrée dans cet exercice, croyant toujours disposer d’une sorte de magistère moral universel. C’était oublier un peu vite que, à la différence des politiciens d’Europe de l’Ouest, il en faut plus pour déstabiliser de jeunes états qui ont du affronter le totalitarisme communiste pour exister.

Et l’on constate, à mesure que les dirigeants est-européens durcissent leurs discours, un désarroi évident de la part des mêmes médiats et politiciens d’Europe de l’Ouest. C’est que ceux-ci pensaient les Européens de l’Est faits du même bois qu’eux-mêmes. Ils les croyaient aussi lâches, prêts à monnayer le destin de leurs patries par le simple recours au chantage et aux menaces.

Cette erreur d’appréciation – d’ordre idéologique et, désormais, culturel – a créé les conditions d’une crise politique grave, voire existentielle. La bureaucratie jacobine bruxelloise, au fanatisme sans-frontiériste plus radical que jamais, s’est enfermée dans une impasse d’où aucun des deux camps ne peut s’extraire sans perdre la face ni se désavouer idéologiquement.

C’est un choc de visions du monde sur fond de crise de légitimité des élites occidentales : capituler face aux nations de l’Est sur la question migratoire revient, en toute logique, à faire de même face à ce qu’elles désignent comme leur « extrême-droite » nationale.

Elles sont parfaitement conscientes que, contestées à l’intérieur et à l’extérieur, perdre sur l’un des deux fronts amènera inévitablement la défaite sur le second.

La Slovaquie menace de quitter l’UE

La Slovaquie n’a pas varié depuis. Plus grave pour les élites d’Europe de l’Ouest, françaises et allemandes principalement, Bratislava menace désormais de quitter l’Union Européenne si Bruxelles persiste dans son jusqu’au boutisme immigrationniste (lire ici).

Pour les élites occidentales, essentiellement acquises à l’antiracisme post soixante-huitard et droits-de-l’hommiste, faire du continent un cloaque afro-islamique n’est même pas un sujet susceptible d’être débattu. Qu’il le soit effectivement à l’initiative des nations de l’Est les sidèrent et les scandalisent. Pour ces élites, c’est une insupportable injure faite à leur sentiment de toute-puissance ainsi qu’à leur impérialisme moral et idéologique.

Mais, qu’elles le veuillent ou non, elles doivent bien admettre que ce débat est désormais posé en des termes existentiels par l’opposition orientale.

Les ploutocraties d’Europe de l’Ouest ne comprennent pas comment un pays comme la Slovaquie peut songer à remettre en cause les avantages matériels de son adhésion à l’UE pour conserver des choses aussi abstraites, à leurs yeux, que son identité ethnique ou son héritage spirituel chrétien. Encore une fois, les élites occidentales, confites de leur arrogance, croient sincèrement que leur conception du monde est la seule qui soit légitime, mais aussi et surtout que le monde entier n’aspire qu’à y adhérer. C’est une grave erreur.

Implosion de l’UE

François Hollande et Angela Merkel doivent par ailleurs affronter une opposition en Europe de l’Ouest de plus en plus forte, ce qui pour eux ne forme qu’une seule et même menace. Parfaitement incarnée par le Front National en France, cette opposition appuie désormais les nations de l’Est dans leur résistance. Créant ainsi les conditions de l’implosion de l’Union Européenne. Implosion qui, comme nous le disons depuis le mois d’août, a déjà commencé et est irréversible.

Nous ne pouvons que recommander au lecteur de visionner l’intervention récente de Marine Le Pen au parlement européen en présence du président français et de la chancelière allemande pour prendre la mesure de l’intensité de la crise. La présidente du FN tient un discours qui s’articule sur les éléments que nous avons exposé : impérialisme moral, notamment allemand, dénonciation de la coercition sur la question de l’immigration, jonction avec les nations européennes de l’Est, etc.

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