Syrie : Face à la défaite de ses alliés islamistes, la Turquie préparerait l’invasion du pays (Armée russe)

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BREIZATAO – ETREBROADEL (04/02/2016) Alors que l’offensive des armées russe, syrienne et iranienne est sur le point d’écraser les islamistes présents dans le nord de la Syrie, le gouvernement islamiste turc serait sur le point de lancer une action militaire à haut risque dans le pays.

La Turquie au bord de la défaite en Syrie

L’état-major russe a annoncé avoir des éléments crédibles sur ce qui serait le va-tout de Recep Tayyip Erdogan, le président islamiste turc : l’invasion de la Syrie.

Sputnik News (source) :

La Turquie se préparerait à une invasion militaire massive en Syrie, a déclaré jeudi le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov.

« Nous avons des raisons de supposer que la Turquie s’apprête à introduire ses troupes sur le territoire d’un Etat souverain — en Syrie… Nous voyons de plus en plus de signes indiquant que les forces armées turques se préparent à une opération en Syrie », a indiqué le général Konachenkov.

Cette agitation turque a une explication. L’Armée Arabe Syrienne et le Hezbollah chiite libanais – sous la couverture aérienne russe – ont coupé la dernière route d’approvisionnement entre Alep, deuxième ville du pays et bastion de l’insurrection islamiste, et la Turquie :

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Cette défaite condamne les milliers de combattants islamistes soutenus par Ankara à la destruction à court terme. Au surplus, des populations turkmènes vivent dans la région et sont protégées par la Turquie. Ce sont elles qui ont détruit le Su-24 russe. Symboliquement, c’est la puissance turque elle-même qui est donc remise en question à ses frontières par la Russie.

Une position difficilement tenable pour le président islamiste turc Erdogan, de plus en plus sous la pression de l’aile la plus nationaliste de l’opinion publique turque dont il a longtemps alimenté l’agressivité.

Face à cet anéantissement rapide des « rebelles » islamistes, les USA et la France ont protesté (source), conscients du fait que d’ici peu de temps il n’y aurait plus rien à négocier à Genève au sujet de la Syrie.

Ces réactions de colère font suite à celles du ministre des Affaires Étrangères russe Serguey Lavrov (source) ne laissant planer aucun doute sur les buts réels de la Russie : jouer la montre en faisant traîner les négociations pour mieux anéantir l’insurrection islamiste au nord et au sud du pays. Après quoi, ne restera plus que les groupes djihadistes d’Al Qaeda ou de l’État Islamique.

La Turquie bientôt hors-jeu

La Turquie a régulièrement fait savoir qu’il serait intolérable pour elle que de voir le sud de sa frontière dominé par les forces indépendantiste kurdes. Celles-ci occupent une large part du nord de la frontière turco-syrienne et sont armées par la Russie (en jaune sur la carte) :

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Avec la chute prochaine d’Alep et l’installation probable d’éléments armés russes dotés d’équipements ultra-modernes, la Turquie n’aura plus aucun moyen d’influer sur l’évolution du conflit. Sauf à soutenir ouvertement l’Etat Islamique (en sombre sur la carte), ce qui serait intenable au plan international.

Une frontière dominée par la Russie et les indépendantistes kurdes signifie, à moyen terme, un soutien actif de Moscou au PKK kurde actif en Turquie même. Moscou entend faire payer à Erdogan la destruction de son appareil, interprété par Vladimir Poutine comme « un coup de poignard dans le dos » qui mérite, pour des questions de crédibilité, une punition exemplaire.

Le seul moyen pour Ankara de conjurer ce désastre stratégique consiste à prendre le contrôle de la partie sud de la frontière syrienne. Mais la Turquie ne dispose pas des moyens militaires nécessaires, notamment aériens, pour vaincre la Russie en Syrie. Elle table donc, en cas d’invasion, sur un soutien de l’Otan.

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