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BREIZATAO – PENNADSTUR (12/07/2016) La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne constitue un événement géopolitique majeur qui impacte directement la « Petite-Bretagne ». Le démantèlement de l’UE ouvre la voie au révisionnisme territorial grâce auquel la nation bretonne peut penser sa réémergence comme thalassocratie atlantique.

L’implosion de l’UE : une avancée positive pour les séparatismes d’Europe

La plupart des organisations politiques bretonnes avaient adopté une position classique de soutien à l’Union Européenne, ceci en raison d’une perception erronée de la philosophie politique de l’UE. Beaucoup de nationalistes ou d’indépendantistes accordent du crédit à une idée reçue très répandue selon laquelle l’UE serait bienveillante à l’égard des peuples d’Europe.

Rien n’est plus faux. L’UE n’a jamais été une Europe des peuples mais une Europe des états. La commission européenne est à ce titre composée de 28 commissaires représentant chacun un état-membre. Des nations comme l’Écosse, Breizh, la Corse ou la Flandre n’ont jamais bénéficié de la moindre reconnaissance par l’UE. C’est même l’inverse : lors du référendum sur l’indépendance de l’Écosse, les instances européennes ont soutenu Londres contre les nationalistes écossais en affirmant qu’une indépendance de l’Écosse signifierait une exclusion automatique de l’UE.

La même politique fut adoptée vis-à-vis de la Catalogne, elle aussi en lutte contre le pouvoir espagnoliste de Madrid. Dans les deux cas, Bruxelles se comporta en porte-voix des intérêts des états-membres, en l’occurrence l’Espagne et le Royaume-Uni, contre des nations parmi les plus europhiles du continent. Réalité encore vérifiée à l’occasion du référendum sur le « Brexit » ou 62% des Écossais ont voté pour leur maintien dans l’UE.

Bruxelles n’est que l’interface des bureaucraties étatiques des 28 états ayant été intégrés dans cet ensemble. Pire encore, l’UE est devenue la garante de l’intangibilité des frontières de l’Europe comme l’a montré son engagement actif contre les Écossais et les Catalans afin de conforter le statu quo réclamé par les états-membres.

En démontrant que les frontières de l’UE étaient susceptibles d’être révisées, la Grande-Bretagne a parallèlement déclencher un phénomène de révisionnisme territorial. L’implosion de l’UE, bien loin de renforcer les états, les affaiblit considérablement.

L’évaporation progressive de l’UE sous l’impulsion des forces centrifuges du continent n’est pas prête de cesser. Qu’il s’agisse de l’implosion du système bancaire européen, de l’immigration afro-musulmane et du terrorisme ou encore des questions de souveraineté et de démocratie, tout est en place pour un éclatement généralisé du continent en entités politiques hétérogènes. Comme cela s’est produit lors de l’effondrement de l’URSS et de ses républiques constitutives.

La Grande et Petite Bretagne

La Grande-Bretagne, en quittant l’UE, redevient un acteur géopolitique autonome sur le continent. Pour les Bretons, il s’agit d’une nouvelle positive dans la mesure où, historiquement, l’Angleterre est l’alliée de la Bretagne indépendante.

Les Bretons – malgré la déformation politique imposée par Paris – a une culture celtique insulaire qui se traduit par une sensibilité proche des îles britanniques sur de nombreux points. A l’instar de sa tradition juridique, totalement étrangère au droit latin prévalant en France.

Notre situation péninsulaire fait de la Bretagne une puissance ayant une vocation maritime et commerçante en lieu et place de la continentalisation imposée par la France. Cet arrimage oriental est débilitant pour l’économie bretonne qui se voit ainsi condamnée à un sous-développement chronique et à un état de dépendance politique imposé par Paris.

L’ouverture maritime et commerciale nous a historiquement liée à l’Angleterre et plus largement à toute la façade atlantique. La restauration d’une diplomatie et d’une politique bretonnes passe nécessairement par Londres. De la Guerre de Succession à la Guerre d’Indépendance en passant par la chouannerie, les Bretons ont toujours recherché et trouvé appui en Angleterre.

Ce lien a été malheureusement brisé suite à l’émergence allemande dans la seconde moitié du XIXème siècle, laquelle a poussé les deux empires coloniaux français et britanniques à nouer une alliance défensive.

La sortie de la Grande-Bretagne de l’UE rompt avec le consensus continental et fait de Londres un acteur géopolitique au poids relatif renforcé. Il est évident que l’Angleterre va rapidement chercher à rompre son isolement en encourageant un certain nombre de pays partageant sa tradition démocratique et libérale à s’éloigner du centre « carolingien » et socialiste franco-germanique.

Déjà en 1940, la politique relativement modérée de l’Allemagne vis-à-vis de la France – il n’est que de comparer le sort de celle-ci avec celui de la Pologne démembrée – avait mis en évidence la volonté allemande de trouver un terrain d’entente avec l’Hexagone.

La France est consubstantiellement hostile à l’Angleterre et le rapprochement de ces deux pays est l’exception, toujours guidé par un intérêt conjoncturel.

Notre environnement géographique comme notre culture et nos intérêts économiques font de la Bretagne une thalassocratie atlantique qui tend, par évidence, à se rapprocher de ses pairs britanniques et néerlandais. Seule notre annexion malheureuse au XVIème siècle a entravé l’activité inspirée par notre nature nationale.

Cette évolution considérable qu’est la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE signifie, de facto, un retour d’un jeu d’équilibre complexe sur le continent. Cette rupture constitue pour la Bretagne laisse entrevoir des évolutions majeures pour la réémergence de celle-ci comme état.

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