BREIZATAO – POLITIKEREZH (28/01/2017) Depuis l’avènement de l’idéologie antiraciste et sa traduction dans le droit français en 1972, l’Hexagone a progressivement mis en place une police politique d’inspiration néo-communiste. D’abord célébrée par nombre d’intellectuels juifs, cette idéologie alimente désormais l’appétit insatiable d’un état monstrueux ayant entrepris de les dévorer, au même titre que les Blancs.

C’est la conclusion que l’on tire des procès spectaculaires mis en œuvre contre Eric Zemmour, Alain Finkielkraut ou, plus récemment, Georges Bensoussan dont la dimension implicitement antijuive est particulièrement frappante. Curieux revirement historique si l’on se rappelle que cette idéologie fut d’abord formée en réaction à l’Holocauste avant de devenir, au début des années 2000, la bannière de ralliement d’organisations antisionistes ou antijuives virulentes.

Le journal Marianne revient ainsi sur le procès de l’historien du génocide des juifs, Georges Bensoussan. Des organisations islamistes radicales, à l’instar du CCIF liée aux Frères Musulmans, côtoient la LICRA, une association juive quand à elle liée au Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIJF).

Marianne (source) :

L’historien, responsable éditorial du mémorial de la Shoah, auteur de nombreux ouvrages, était, rappelons-le, poursuivi par le Parquet  « pour provocation  à la haine raciale » sur dénonciation du Collectif contre l’islamophobie en France. En cause : des propos tenus lors de l’émission Répliques, sur France Culture, où il évoquait l’antisémitisme dans les familles arabes . Ce dernier s’était prétendu diffamé puis avait retiré sa plainte. Difficile en effet pour Laacher de nier avoir dit devant les caméras : « Cet antisémitisme, il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est quasi naturellement déposé  sur la langue, déposé dans la langue… Des parents à leurs enfants, quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juifs. Bon. Mais ça, toutes les familles arabes le savent.  C’est une hypocrisie monumentale de ne pas voir que cet antisémitisme, il est d’abord domestique ». Georges Bensoussan, en s’y référant, avait usé métaphoriquement de l’expression « l’antisémitisme, on le tète avec le lait de sa mère ».

Un attelage hétéroclite, réuni pour la circonstance, qui a notamment attiré à lui Mohamed Sifaou, « musulman modéré » visiblement rattrapé par sa fierté tribale au point de faire cause commune avec les radicaux du CCIF :

Le CCIF, représenté par Lila Charef, étroitement voilée, était appuyé par une pléiade d’associations antiracistes, Licra, Mrap, SOS racisme, la Ligue des droits de l’Homme. La Licra avait trouvé un témoin à charge surprenant en la personne de Mohamed Sifaoui. Ce dernier, qui a si souvent écrit dans nos colonnes, se retrouvait ainsi sur le même banc que le CCIF dont on pensait que le journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne partageait pas vraiment les options. Sifaoui écrivait en effet du CCIF, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme ». De son côté, en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine ».
Sifaoui, d’habitude considéré comme proche de certains cercles juifs socialistes, osent une attaque contre George Bensoussan en soupçonnant que ses critiques contre l’islam ou les musulmans trouvent leur origine « en Israël » :
C’est que, de l’autre côté, Sifaoui s’indigne : « Bensoussan détricote tous les moments positifs entre juifs et arabes. N’est-il pas en train d’écrire une histoire qui peut servir à des milieux douteux ? C’est un destructeur des ponts entre juifs et arabes. » En s’attardant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». Une heure plus tard, l’avocat du CCIF lancera à l’historien : « Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ? »
L’accusation aligne des juifs liés à la gauche communiste pour témoigner contre George Bensoussan :
Suivra un dernier et obscur témoignage de Michèle Sibony, enseignante retraitée, par ailleurs animatrice d’une « Union juive française pour la paix » qui, en se drapant dans la cape de la bonne moralité identitaire, s’enlise dans la phraséologie la plus ossifiée pour flatter l’islamisme. Devant le tribunal, elle va manier l’injure en accusant Bensoussan de « discours digne d’un Drumont » ( Edouard Drumont, antidreyfusard, était un célèbre idéologue antisémite du début du XXème siècle).  Nous sommes toujours à des années-nuits du réel et de la clarté intellectuelle.
Le réquisitoire du procureur sera, selon Marianne, digne d’un commissaire politique. George Bensoussan concluera en disant :

« Ce soir, Madame la présidente dans le silence de la nuit qui s’est abattue sur le Palais de justice, pour la première fois de ma vie j’ai eu la tentation de l’exil. »

Curieusement donc se dessine à nouveau ce qui se passa lors de la Seconde Guerre Mondiale : le glissement progressif d’éléments antiracistes vers l’antisémitisme radical. C’est ce que démontre notamment le livre de l’historien Simon Epstein, « Les Dreyfusards sous l’Occupation » (source) ou encore son autre ouvrage « Un paradoxe français, Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance ».