BREIZATAO – ETREBROADEL (19/07/2017) Refusant les fausses solutions comme l’immigration, les sites de construction au Japon connaissent une vague d’automatisation et de robotisation intensive sur fond du manque de main d’œuvre. Les robots s’occupent des charges les plus lourdes tandis que les drones collectent les données aériennes en temps réel.

Une stratégie réalisée dans le cadre d’une collaboration entre les grandes entreprises du BTP et le gouvernement japonais. Résultats : la production augmente de manière spectaculaire en dépit d’une baisse du nombre d’employés et d’ouvriers dans ce secteur. Les percées technologiques n’ont de cesse de progresser en parallèle.

Selon la Fédération des Constructeurs du Japon, il y aura 1,28 millions d’employés du bâtiment en moins d’ici à l’année fiscale 2025.

En 2015, 30% de tous ces employés étaient âgés de plus de 55 ans, tandis que ceux de moins de 29 ans n’en représentaient que 10% selon le Ministère des Sols, Infrastructures, Transport et du Tourisme.

« Nous aurons probablement 900,000 travailleurs qui rejoindront l’industrie ces dix prochaines années, mais 300,000 devront être remplacés par des gains de productivité » assure Atsushi Fujino, un porte-parole d’une grande entreprise du BTP, Kajima Corp.

Kajima Corp. a commencé à utilisé des camions, bulldozers et rouleaux compresseurs automatisés, sans chauffeur et dotés de systèmes GPS sur ses sites de construction. Utilisant une tablette numérique, un ouvrier dirige ces véhicules préprogrammés pour mener les différentes tâches.

Seule une personne utilisant une tablette est nécessaire pour superviser la réalisation des tâches par cinq machines qui déverse la terre, la tasse et la lisse la surface.

En ce moment, les machines sont en train d’être testées sur un site de construction pour un barrage, dans la préfecture d’Oita.

Shimizu Corp., une autre grande entreprise du BTP, a développé un robot doté d’un bras qui soulève les barres d’armature de renforcement. Il faut habituellement de six à sept personnes pour soulever une barre de 200 kilos, mais l’usage de la machine permet à seulement trois ouvriers de diriger le robot et déplacer la barre.

Même avec des avancées technologiques, les sites de construction sont encore loin d’être totalement robotisés. « Il y a des choses que seules les humains peuvent faire, comme par exemple ce qui touche aux petits coins ou aux intérieurs, qui nécessitent l’intervention les compétences d’un artisan » précise Atsushi Fujino.

Tomoaki Ogi, de l’entreprise Shimizu, est d’accord, soulignant que chaque site est différent en terme de zone, de sol et de temps et que le robot doit être reprogrammé à chaque fois pour s’adapter aux nouvelles conditions.

Les sites de construction ne sont pas comme les industries manufacturières où les robots sont stationnaires et les tâches identiques, chaque produit se déplaçant sur une chaîne d’assemblage.

Tomoaki Ogi suggère d’utiliser les points forts des robots et des humains. « Laissons les robots faire les travaux les plus lourds sous la supervision des hommes » dit-il.

Les entreprises du BTP espèrent que les robots et l’automatisation de la construction encouragera les nouvelles générations à joindre le secteur.

Les jeunes n’ont pas été attirés par le bâtiment en raison des horaires, de la pénibilité et des bas salaires.

Yohei Oya, un chef de chantier de 38 ans travaillant pour Shojigumi Inc., dans la préfecture de Shizuoka, utilise les robots et d’autres machines automatisés. Il assure que les chantiers connaissent une transformation majeure. « La productivité a été accrue de 5 à 10 fois grâce l’automatisation et pourtant nous ne sommes pas sur le chantier toute la nuit comme le faisions avant. Vous n’avez même plus vraiment besoin d’être très qualifié pour que le travail soit fait » assure t-il.

« Le fardeau a été réduit pour nos travailleurs et notre direction. Le travail est réalisé en moitié moins de temps qu’avant » ajoute t-il.

Oya a lancé un réseau en 2015 qui connecte les entreprises de construction à travers le pays qui désirent essayer de nouvelles technologies sur leurs chantiers et partager les informations collectées. Treize entreprises ont rejoint le réseau et utilisent les dernières technologies, y compris les drones qui offrent une vue immédiate du site et peuvent être utilisés pour surveiller et remplir les pelleteuses grâce à un système qui permet de creuser le sol à une profondeur prédéterminée.

Le gouvernement a également promu l’automatisation des chantiers grâce à sa campagne i-Construction. Le ministère des Infrastructures indique qu’il financera les projets publics qui prévoient l’utilisation de drones et d’autres technologies afin de réduire les coûts des travaux.

Le montant du soutien sera calculé sur la base du coût estimé pour un projet.

(Source : Japan Times)

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