Noblesse républicaine : 600 hauts fonctionnaires gagnent plus de 150 000 euros par an (Enquête)

0
122

BREIZATAO – POLITIKEREZH (20/01/2018) C’est le journaliste Vincent Jauvert, qui a étudié pendant deux ans les hautes sphères de l’État, qui vient de publier le livre « Les intouchables d’État », qui fait ce constat, après avoir enquêté sur les salaires, rémunérations et autres avantages des directeurs de cabinets, ambassadeurs et autres présidents d’organismes publics.

Ils sont 600 à gagner plus que le président de la République, c’est à dire 150 000 euros par an. Le journaliste parle ainsi d’une liste, REM 150, classée confidentielle, une note de la Direction générale des Finances Publiques, qui liste les hauts fonctionnaires qui gagnent plus que 150 000 euros l’année. Et ils sont nombreux ! En 2015, 150 cadres de Bercy avaient des rémunérations supérieures à cela : des fonctionnaires, des conseillers du ministres… un conseiller de Macron aurait gagné 181 000 euros en 2015, au moment où l’actuel président était ministre des finances.

L’autre ministère très dépensier, c’est le Quai d’Orsay, dont de nombreux ambassadeurs, consuls, font partie de cette liste : sur les 600 concernés, 300 sont diplomates. Des privilégiés dans des palais dorés, qui défendent les « intérêts de la France », pour des centaines de milliers d’euros. Depuis très longtemps, ce qui reste de la noblesse française, avec ses titres pompeux et ses noms à rallonge, a considéré la diplomatie comme son pré carré, et si la proportion de nobles a diminué dans la diplomatie française, leurs usages sont restés : salaires pharamineux (l’ambassadeur de France en Afghanistan gagne 29 000 euros par mois), palais luxueux à l’étranger et discrétion absolue.

Finalement, le livre de Vincent Jauvert dénonce aussi ce qu’il appelle des « couples d’État ». Dans son introduction, l’auteur explique que son livre est « une histoire de conflits d’intérêts conjugal » : de nombreux couples ont ainsi un pied dans la haute administration publique et l’autre pied dans les hautes sphères patronales. Des « collaborations » qui permettent d’élaborer des lois avantageuses, de comprendre les failles exploitables, etc. Par exemple, l’actuelle ministre des armées, Florence Parly, est mariée avec Martin Vial, qui est chargé de diriger l’Agence des participations de l’État, avec à son portefeuilles les entreprises de l’armement comme Thales, Safran ou Airbus. Des conflits d’intérêts qui font le beurre des industriels et des politiques, avec des fortunes personnelles qui se constituent sur le dos du contribuable.

(Source : Révolution Permanente)

SHARE