La démocratie aérienne alliée et le génocide humanitaire : de Brest à Dresde, de Belgrade à Tripoli

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Le vent de la liberté plane sur Dresde (1945)

BREIZATAO – ISTOR (14/02/2018) Hier, 13 février 2018, était commémorée la mise à mort de la population civile de Dresde. Comme de nombreuses villes ultérieurement, de Hanoï à Bagdad en passant par Belgrade, les cités bretonnes furent anéanties par les bombardiers démocratiques, détruisant au nom du monothéisme des droits de l’homme des millions de civils.

L’extermination humanitaire

Arthur Harris, affectueusement appelé « le boucher » par ses collègues

Les démocraties britannique et américaine ont alors théorisé la « libération » par l’extermination indiscriminée des populations civiles dont l’éradication fut soigneusement planifiée par les états-majors de l’US Air Force et de la Royal Air Force.

Au Royaume-Uni, Arthur Harris, chef d’état-major de la RAF – surnommé « le boucher » au sein même de l’armée britannique -, évoque « une méthode relativement humaine » de mener la guerre alors qu’il procède à la destruction des civils français ou allemands, à grande échelle.

Aux USA, le Major-Général Curtis LeMay, responsable des opérations de bombardement contre 64 villes japonaises, procède à l’incinération minutieuse de 100,000 civils en 2 jours lors du bombardement de Tokyo par bombes incendiaires les 9 et 10 mars 1945. Malgré l’altitude, les équipages des bombardiers témoigneront de l’odeur de chair brûlée pénétrant jusque dans leurs cockpits.

Celui qui sera ultérieurement en charge de l’incinération des civils vietnamiens dira, avec une certaine candeur, « si j’avais perdu la guerre, j’aurais été jugé comme criminel de guerre… si vous laissez cela vous perturber, vous n’êtes pas un bon soldat ». LeMay, qui demandera sans succès à ses supérieurs lors de la Guerre du Vietnam de « ramener le Nord Vietnam à l’âge de pierre », résuma la philosophie des bombardements démocratiques : « il n’y a pas de civils innocents ».

Vietnam : Une civile coupable dûment démocratisée par l’US Air Force

Ces grandes figures du messianisme démocratique sont opportunément oubliées par ceux qui, par ailleurs, agitent le « devoir de mémoire » en guise d’alibi moral.

Brest, Saint-Malo, Morlaix, Saint-Nazaire, Nantes…

Plus tard, pour asseoir leur légitimité, les putschistes gaullo-communistes décidèrent d’ensevelir le souvenir des 70,000 Français pulvérisés par les bombes alliées.

La sauvagerie établie en système au nom des principes humanitaires produisit des effets très concrets, y compris en Bretagne.

Brest subit 200 bombardements d’anéantissement aboutissant à la mort d’un millier de civils, bilan seulement modéré par l’efficacité de la DCA allemande en charge de la protection de la ville bretonne.

Une ville comme Montroulez (Morlaix) bénéficiera aussi des bienfaits de la guerre humanitaire qui en était à ses débuts. Le 29 janvier 1943, 67 Bretons sont tués dont 39 enfants de l’école Notre-Dame de Lourdes.

Les seuls bombardements de Naoned (Nantes) des 16 et 23 septembre 1943 firent 1463 civils tués et des milliers de blessés.

Nantes démocratisée

La ville de Sant-Nazer (Saint-Nazaire) bénéficia également de la Bonne Nouvelle démocratique. Grâce aux bombardements libérateurs, près de 500 civils bretons furent incinérés.

An Oriant (Lorient) dut aussi être incinérée avec sa population pour être libre, annonçant en cela la formule du communiste Sartre – qui sut cependant s’accommoder de la présence allemande entre 1940 et 1944-, : « Abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ».

La liberté, lot de consolation à titre posthume, fut en effet l’explication avancée par les démocraties célestes.

Les vertus démocratiques du génocide aérien

Dresde : Des civils définitivement acquis aux droits de l’homme

Hélas, les milliers de Bretons brûlés par les bombes démocratiques ne peuvent pas témoigner de la joie qui est la leur d’avoir pu goûter à la liberté dont ils ont été gratifiés unilatéralement.

Heureusement pour eux, les gaullo-communistes et leurs amis démocrates anglo-américains ont largement compensé ce manque en se livrant à d’innombrables commémorations  pour célébrer la liberté retrouvée de ces cadavres, quoique dans la sécurité de l’après-guerre, y compris 73 ans après les faits.

Ces bombardements systématiques firent donc des « dommages collatéraux », ce que l’on nomme en droit commun des « homicides involontaires », étant entendu que personne ne peut décemment s’attendre à ce que des civils soient tués lorsque l’on entreprend de détruire leurs villes à coups de bombes à fragmentation, napalm et phosphore.

La démocratie, on l’aura compris, ne se fait pas sans casser des oeufs. Et la république française, parfaitement intégrée dans ce système humanitaire, en a cassé beaucoup aux côtés des libérateurs américains depuis 1944.

Que l’on songe à la dernière libération du genre, en Libye, où les bombes démocratiques françaises libérèrent un nombre considérables de civils qui, là encore, n’ont été empêchés d’être reconnaissants que par le fait regrettable d’avoir malencontreusement été incinérés.

De Brest et Morlaix à Hanoï et Phnom Penh, de Nantes et Saint-Malo à Dresde et Tokyo, de Lorient et Pontivy à Tripoli et Belgrade, la démocratie aérienne alliée démontre les bienfaits de la guerre du droit depuis 79 ans.

Cette démocratie volante a ses adeptes, encore de nos jours. Le nomadisme aérien couplé au nomadisme de la démocratie religieuse, est effectivement sa marque de fabrique et nul ne saurait les accuser de discrimination : arabes, asiatiques, européens, tous ont le droit de recevoir leur vaccination.

Rééducation et « devoir de mémoire »

Cet Irakien libéré ne peut hélas pas communiquer sa joie

Non seulement cela, mais encore, une fois « libérés », les survivants se doivent de célébrer en farandole leurs libérateurs.

Sefton Delmer, le Britannique d’origine juive en charge de la propagande noire du gouvernement anglais durant la guerre l’exposa clairement :

La propagande sur les atrocités, voilà comment nous avons gagné la guerre. Et nous n’en sommes vraiment qu’au début en ce moment ! Nous continuerons avec la propagande sur les crimes de guerre, nous allons l’intensifier jusqu’à ce que plus personne ne tolère ne serait-ce qu’un mot gentil des Allemands, jusqu’à ce que toute la sympathie qu’ils peuvent encore recevoir de l’étranger ait été détruite et qu’eux-mêmes deviennent si déboussolés qu’ils ne sauront même plus ce qu’ils font. Une fois que ce sera fait, une fois qu’ils auront renversé leur propre pays et leur propre peuple, non pas avec des réserves mais avec empressement pour satisfaire les vainqueurs, seulement alors notre victoire sera complète. Mais elle ne sera jamais définitive.
La rééducation nécessite un entretien attentif, comme une pelouse anglaise. Un seul moment de négligence et toutes les herbes repoussent à nouveau, ces herbes indestructibles de la vérité historique.

Les Alliés découvrirent bientôt que cette martingale gagnante pouvait être dupliquée à l’infini. La figure du démon – Adolf Hitler – pouvait être discernée chez n’importe quel chef d’état jugé démocratiquement hétérodoxe : de Ho Chi Minh à Slobodan Milosevic, de Saddam Hussein à Mouammar Kadhafi, les exorcistes du monothéisme démocratique ont toujours su déceler la présence démoniaque quand il le fallait.

Ces « herbes de la vérité historique » poussent cependant et la démocratie messianique aérienne chancelle de toutes parts à mesure que le biblisme de l’US Air Force se voit confronter à des opposants de taille de plus en plus énorme, Chine en tête.

Au coeur même de l’Occident, les hérétiques relèvent la tête. Ce qui est désormais désigné sous le nom de « menace populiste » par les « jardiniers » en charge du gazon dont parlait Delmer.

La rééducation des « libérés malgré eux » – que l’on nomme habituellement « devoir de mémoire » – s’épuise invariablement à mesure que le fanatisme inspiré par les tables de la loi des droits de l’homme perdent de leur pouvoir de suggestion.

Et ceux que l’on avait proclamé vaincus à jamais, sous les cendres de l’oubli, continuent de vivre. La victoire appartient en effet à celui qui a la mémoire la plus longue : il suffit pour les « esclaves de la libération » de voir leurs chaînes et de se souvenir de ceux qui ont lutté pour eux face à la machine de mort démocratique.

 

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3 COMMENTS

  1. Magnifique article qui nous fait faire aussi notre « devoir de mémoire ».

    70 000 tués par les bombardements anglo-américains, c’est à mon avis beaucoup beaucoup plus.
    J’ai épluché les statistiques: on voit qu’il y a eu des centaines d’avions larguant leurs bombes pendant une nuit sur une ville avec des milliers d’habitants, que la moitié d’une ville est démolie et incendiée, et on annonce un bilan de 6 morts comme si il y avait juste eu une bouteille de gaz qui avait explosé.

    Et il faut ajouter les 75 000 tués de l’épuration.

    Ne pas oublier que les Anglais,
    1°) après avoir poussé le président de la République française à se joindre à eux pour déclarer la guerre à l’Allemagne, en toute illégalité puisque la Constitution exigeait un vote du Parlement,
    3°) ont pris la fuite devant l’armée allemande et rembarqué toute leur armée à Dunkerque en abandonnant tout leur matériel, leurs armes et munitions aux Allemands,
    4°) ont assailli et confisqué nos navires réfugiés dans leurs ports, puis bombardée notre flotte qui relâchait dans le port de Mers El Kébir en tuant 1 927 marins dont un bon tiers de Bretons, coulé le cuirassier Bretagne.

    Ne pas oublier que la prétendue aide des USA pour reconstruire les villes et les infrastructures qu’ils étaient les seul à avoir détruite, le Plan Marshall, était en réalité un prêt forcé des banques de Wall street assortis de l’obligation d’utiliser tout l’argent exclusivement pour payer des entreprises et des marchandise américaines.

    Pendant la WW2, on nous a fait croire que les deux camps étaient les résistants et les collaborateurs, alors que c’était les nationalistes et les internationalistes, les patriotes de Vichy et les traîtres de Londres.

  2. rien que Dresde c’est plus de 200 000 morts, mais ils ont lâchement prétendu et rendu obligatoire le nombre de 20 000 après coup.

  3. (Sefton Delmer, le Britannique d’origine juive en charge de la propagande noire du gouvernement anglais durant la guerre, et LE DIABLE FOU SOLOMON ZUCKERMAN, TUEUR DE LA POPULATION CIVILE EN FRANCE EN 1944).
    Les Juifs de l’espace; Marc Dem, Albin Michel, Paris, 1974. Pourquoi le peuple juif a-t-il réussi à garder sa personnalité propre à travers les brassages de l’Histoire ? Pourquoi a-t-il été sans cesse rejeté et persécuté par les autres ? Qui sont les Juifs en définitive ? A ces questions, le livre de Marc Dem fournit une solution inattendue et saisissante : les Juifs ne sont pas originaires de notre terre. Le problème traité dans Les Juifs de l’espace ne se situe pas seulement dans le passé; il concerne aussi l’avenir prochain. Car, si la théorie de Marc Dem est exacte, le plan conçu par la puissance extérieure qu’on a longtemps confondu avec Dieu met notre planète en danger.
    https://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=8166436070&searchurl=kn%3Dmarc%2Bdem%2Bespace%26sortby%3D17%26ds%3D20&cm_sp=snippet-_-srp1-_-title9
    https://www.amazon.fr/Juifs-lespace-Chemins-limpossible/dp/2226001107/ref=sr_1_3?s=books&ie=UTF8&qid=1519158313&sr=1-3&keywords=les+juifs+de+l%27espace

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