Bac en langue bretonne : Les bacheliers bretons de Carhaix poursuivent le gouvernement français en justice

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Ça a été le feuilleton du début de l’été. Le 22 juin dernier, une quinzaine de lycéens de l’établissement Diwan de Carhaix, avait pris le parti de passer l’épreuve de mathématiques du bac, en breton. Contre l’avis du rectorat.

Coefficient 9 pour certains, 5 pour d’autres, cet examen représente une part importante dans la note finale du baccalauréat.

Du comité à l’association

Un temps, l’incertitude a plané sur la correction de leurs copies. Rassemblés en comité – le Bak e Brezhoneg – les lycéens de Diwan avaient reçu de nombreux soutiens. Au rang desquels Lena Louarn, les Ramoneurs de menhirs, Yann Tiersen ou Loïc Chesnais-Girard notamment. Au final, quatorze d’entre eux ont été admis et un recalé.

« Cet été, ils ont continué à se voir pour entretenir la dynamique et affirmer de nouveau leur volonté d’aboutir à une réforme de la part du rectorat », souligne l’avocat brestois David Rajjou, récemment saisi par les jeunes bacheliers. Des jeunes qui ont décidé de transformer leur comité en association« On a décidé de créer une structure plus institutionnelle, qui nous permet notamment de prendre un avocat », soulignent Ismael Morvan et Aziliz Boistuaud, respectivement président et secrétaire de cette nouvelle association, tous deux bacheliers 2018.

Ils veulent les copies

« Ils ont décidé d’introduire un recours gracieux, auprès du rectorat de Rennes », développe David Rajjou. Un recours qui sera écrit en français, avec une copie adressée en breton.

Pour quoi faire ? « L’objectif premier est d’obtenir la communication des copies corrigées, lance David Rajjou. C’est prévu légalement, donc on ira jusqu’au bout. »

La position du rectorat, en juin, était de corriger ces copies comme si elles étaient rédigées en français. Or, les notes vont de 3/20 à 17/20… « On ne sait pas comment ça a été corrigé… C’est le flou, déplore Ismael Morvan. On veut voir si les critères de notation ont été les mêmes pour tout le monde. »

Pour le bac 2019

Le recours gracieux, une demande officielle avant demande judiciaire, vise aussi à permettre aux bacheliers de 2019, de passer cette fameuse épreuve de mathématiques en langue bretonne. Ils prennent exemple sur les lycéens basques, qui ont le droit de passer l’épreuve en basque.

« On a récupéré un élément juridique qui permet de démontrer que la décision du rectorat de Rennes est une atteinte aux principes d’égalité entre les lycéens », lance David Rajjou.


 

« Ça n’a aucun sens »

Ce document est un courrier du recteur de l’académie de Bordeaux, en date du 29 mai 2012. Il donne clairement le droit aux lycéens de choisir la langue basque pour composer l’épreuve de maths. « Pourquoi autorise-t-on aux Basques ce qu’on n’autorise pas aux Bretons ? », questionne l’avocat, qui parle d’une « rupture d’égalité entre les citoyens français. »

Ismael abonde : « Ça n’a aucun sens d’être en immersion pendant quinze ans et de conclure notre scolarité avec une épreuve dans une autre langue. »

(Source : Ouest-France)

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