Les haut-rois irlandais : le système monarchique de l’Irlande celtique

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BREIZATAO – KELTOURIEZH (06/04/2019) Si l’on se fie aux sources et aux documents irlandais rédigés avant la conquête anglaise de la fin du XIIe siècle, l’histoire insulaire n’est qu’une longue litanie de guerres, de batailles et d’échauffourées entre clans irlandais, et l’impression qui domine est, sans conteste, celle d’un état de guerre quasi permanent et d’une société livrée à l’anarchie la plus manifeste.

L’organisation de base de la société : la chefferie locale ou tuath

Comment connaître la nature de cette organisation politique de base de la société, que les Irlandais dénommaient Tuath et comment sa matérialité s’inscrivait-elle dans l’espace ? Pour répondre à ces deux questions, nous disposons d’un certain nombre de documents : les sources juridiques irlandaises des VIIe et VIIIe siècles [2]

Ces sources juridiques sont éditées dans le Corpus Iuris… permettent d’appréhender les structures sociales et politiques de l’Irlande médiévale, tandis que les documents anglais après la fin du XIIe siècle nous offrent une image, une représentation de leur réalité géographique [3]

Le tuath, géographie d’un territoire

Carte des clans irlandais

En regroupant les informations fournies par les sources, nous pouvons déterminer l’existence d’environ 150 chefferies se partageant l’ensemble du territoire irlandais. Chacune de ces entités politiques disposait d’un espace compris entre 50 et 300 km2 et d’une population comprise, quant à elle, entre 1 500 et 5 000 habitants [4].

La carte du comté de Clare, entre le IXe et le XIIe siècle, illustre l’univers géopolitique d’une région irlandaise et, sans en faire un quelconque paradigme, elle nous offre l’image d’une certaine réalité qui peut s’appliquer à l’ensemble insulaire. Le comté de Clare actuel est l’un des trente-deux comtés de l’Irlande contemporaine. Il correspond à une région que les Irlandais appelaient traditionnellement Tuad Mumu. Entre le IXe et le XIIe siècle, cette région était divisée en une mosaïque de clans regroupés au sein de treize tuatha de taille inégale, limités à l’ouest par l’océan Atlantique, au nord par la province de Connacht, au sud par la baie de Limerick et à l’est par la rivière Shannon.

Comté de Clare

C’est un ensemble géographique couvrant 3 447 km2, caractérisé par un relief contrasté, la violence des vents, l’abondance des précipitations et la faible superficie de terroirs cultivables. Toutes ces conditions naturelles expliquent, plus encore qu’ailleurs, la dispersion de l’habitat en nodules familiaux composés de quatre ou cinq exploitations, la prédominance de l’économie pastorale liée à la faible part de la céréaliculture, qui n’apportait qu’un complément dans l’alimentation des populations.

Le tuath, une réalité sociale et politique

La réalité sociale et politique de l’Irlande est complexe, mais elle peut être analysée à partir des textes de lois. En prenant l’exemple du Burren, nous pouvons constater que le territoire du tuath était constitué d’une mosaïque de clans, onze pour le tuath correspondant au territoire de la baronnie anglaise de Burren, formée après la conquête. Sur chacun ou presque de ces secteurs furent érigés un ou plusieurs édifices particuliers, au centre ou sur la côte, constitué d’une tour agencée de pierres sèches, qui matérialisait la résidence des chefs de clan. Au XVIe siècle, le chef des O’Lochlainn habitait toujours à Baile na Greagas, au centre des terres et du domaine du clan éponyme [7]

Dolmen dans le Burren

Les onze clans présentés sur cette carte n’étaient pas égaux et certains s’apparentaient à des clans aristocratiques, lesquels sont souvent les seuls à apparaître dans nos sources. C’est parmi ces clans aristocratiques qu’était choisi le chef de l’ensemble de cet espace politique, le chef du tuath, selon des modalités trop complexes pour être abordées ici [8]

Ce système favorisait le maintien du clan prépondérant, voire des clans dominants qui pouvaient avoir passé un accord d’alternance dans la fonction.

Le tuath, l’unité juridique de base de la société

Quoi qu’il en soit, le tuath était l’unité juridique de base de la société irlandaise, et c’est en son sein que l’individu disposait des prérogatives liées à son statut social. La loi s’appliquait i tuath (au sein du tuath) [9], ce qui signifiait, en d’autres termes, qu’un membre d’un autre tuath était sur le plan légal un étranger, un horsain [10] et qu’il ne pouvait se prévaloir de son statut juridique en dehors de son propre territoire. L’espace de reconnaissance sociale de l’individu était donc liée à sa participation à la vie politique du royaume local dont il dépendait.

En Irlande, différents grades de rois

Le rí tuathe, le principal personnage politique du tuath

Guerrier celte

Le seul personnage à la fonction spécifiquement politique de cette unité était le chef que les textes de lois irlandais appelaient . Le terme est l’équivalent direct du rex latin, et le roi irlandais, personnification du tuath, autorité politique et militaire, conservait, des époques pré-chrétiennes, son caractère magique et sacré, auxquels étaient liés un certain nombre d’interdits et de tabous [11]

Un texte de loi du VIIIe siècle, qui détermine les statuts, précise la signification du terme rí (roi) : « Rí, pourquoi est-il appelé ainsi ? Parce qu’il gouverne (riges) sur ses peuples (tuatha) avec un pouvoir coercitif ». En dépit de cette affirmation, il semble que le pouvoir coercitif de ce roi du tuath était assez limité. Son rôle principal consistait à maintenir les relations avec les autres rois et ses décisions concernaient alors l’ensemble des hommes de son territoire [12]

Maison celtique

Comment la fonction royale s’inscrivait-elle dans l’espace géographique ? Elle s’organisait en fait autour de trois éléments, souvent établis au centre du territoire tribal : une demeure aristocratique comprenant des bâtiments d’exploitation et un centre résidentiel plus vaste, entouré par des murs circulaires en terre ou en pierres sèches : un site religieux, oratoire, église ou monastère, qui justifiait la fonction sacrée du roi. Enfin, la proximité d’un monticule, qui servait de théâtre à l’inauguration royale, où le roi renouvelait l’alliance entre sa fonction et le territoire. Ce monticule était habituellement une structure construite par l’homme, à partir d’un tumulus de l’âge de bronze, assimilé à la sépulture d’un ancêtre célèbre, dont la mémoire était honorée par le principal clan du tuath. Il faut noter que la situation de la ferme ou de l’église principales pouvait changer, se trouver déplacée avec le temps. En revanche, le monticule d’inauguration perpétuait une alliance très ancienne entre le peuple, le roi et les forces magiques liées à son office, et ne pouvait être abandonné.

Le tuath est donc un territoire dont les membres des différents clans, qui le constituent, reconnaissent une certaine autorité à un chef qu’ils appellent roi. Mais les textes de lois reconnaissent deux autres grades de souverains : les rois supérieurs, ruiri, et les rois des rois supérieurs, rí ruirech, chaque titre étant associé à un type particulier d’entité politique [13]

Les ruiri à la tête des mor-tuatha ou royaumes composites

Les textes de loi irlandais identifiaient une entité politique plus grande que la chefferie simple, appelée en irlandais tuath mor ou « grand tuath », gouvernée par un roi supérieur (ruiri) [14]

Roi irlandais

Les chefferies de ce type étaient composées d’un certain nombre de chefferies simples rangées autour d’un territoire central, le territoire de la chefferie dominante. Ces plus grandes entités étaient alors des chefferies composées, et le modèle de la distribution de leurs territoires constitutifs était celui d’un centre et de ses espaces périphériques [15]

Le centre entretenait avec ses subordonnés une relation de clientèle reposant sur la reconnaissance de l’ascendance politique du roi supérieur par les rois des simples tuatha. Cette reconnaissance reposait sur un lien personnel établi entre le supérieur et son subordonné, et se concrétisait par l’octroi de tributs, la livraison d’otages et la participation périodique à des opérations militaires pour le compte de la tribu principale et de son roi. Les relations centre-périphérie ne pouvaient reposer sur la seule coercition, auquel cas elles se seraient modifiées au gré des réussites et des échecs successifs des clans qui les dominaient, alors que nous constatons au contraire une permanence de ces structures après le Xe siècle.

Le lien qui les unissait reposait en réalité sur trois éléments : la force militaire, le maintien de leur identité originale et le respect de leur intégrité territoriale. Le rapprochement généalogique se forgeait afin de confondre l’intérêt du clan dominant et les intérêts de l’ensemble des tuatha qui composaient la fédération. La chefferie composée des Dál Cais semble ainsi composer une entité autonome intégrée et les sources n’évoquent plus nommément, après le Xe siècle, les royaumes locaux qui la composaient. Trois chefferies composées de ce type peuvent être identifiées dans le comté Clare : Ce sont celles des Corcu Mruad du nord de Clare, des Corcu Baiscinn du Clare méridional, et des Déis Tuaiscirt, plus tard appelés les Dál Cais, de l’est du comté.

Les rois des provinces

Ces royaumes régionaux se fédéraient encore à une autre échelle pour former des royaumes provinciaux, gouvernés par de grandes dynasties, dont les chefs sont nommés dans nos sources rí ruirech, rois des rois supérieurs ou bien encore rí coiceda, roi d’un « cinquième ».

Les 5 royaumes d’Irlande

L’Irlande est partagée en cinq grands royaumes provinciaux appelés cóiceda « cinquièmes » : une province centrale, dont le nom, Meath ou Mide (milieu), lui est attribué par sa position géographique malgré l’intégration du territoire des Uí Neill du nord et de quatre provinces périphériques : le Leinster au sud est, le Munster au sud ouest, le Connaught ou Connacht à l’ouest et le royaume des Ulaid, l’Ulster, au nord-est.

Parmi ces royaumes provinciaux, deux dominent pendant presque toute la période historique. Il s’agit des territoires contrôlés par Uí Neill, qui se partagent en deux branches – l’une impose son hégémonie au nord, Uí Neill du nord ; l’autre règne sans partage sur le Mide – et du royaume de Munster, au sud [16]

C’est au cours du VIIIe siècle, alors que les Uí Neill gagnaient le contrôle incontesté de la moitié nord, au détriment en particulier des Ulaid, que les hommes de Munster développèrent la doctrine des deux hégémonies égales de Leth Moga (la moitié sud) et Leth Cuinn (la moitié nord). Ainsi, centrée sur le Mide, une dynastie contrôlait les royautés voisines du nord par sa prépondérance militaire et politique : son centre géographique se situait à Tara, capitale chargée d’une signification mythique, sans doute religieuse à l’origine [17] qui était le socle de la revendication politique des rois de Tara à l’hégémonie sur l’ensemble de l’île.

Site royal de Tara

Au sud, un royaume provincial de Munster, dominé par les clans Éoganachta distribués sur l’ensemble du royaume et centrés sur le site fortifié de Cashel, cherchait à imposer sa suprématie par la reconnaissance de ses voisins.

Cashel

Géopolitique des XIe et XIIe siècles

Cette organisation spatiale de l’Irlande évolue en se structurant davantage à partir du Xe siècle. Cette évolution correspond en partie à l’installation des colonies de peuplement scandinaves sur les côtes méridionales et orientales.
La géographie bouleversée par les Scandinaves

Guerrier viking

Passées les premières décennies du IXe siècle, la phase initiale des activités scandinaves, marquée comme ailleurs par une liste impressionnante de pillages, d’incendies et de massacres, laisse la place aux premières tentatives de colonisation.

Dès 841, les Norvégiens installent des établissements maritimes dans la baie de Dublin, puis fondent les premières cités en Irlande : Dublin, détruite par les Irlandais en 902 [18], mais réoccupée par les Norvégiens en 917, Limerick, conquise par le clan de Dál Cais en 967 [19], Wexford, Waterford, et Cork. Il s’agit essentiellement de cités maritimes, car les tentatives d’extension en profondeur vers l’arrière-pays ne furent jamais couronnées de succès.

L’installation des Norvégiens et des Danois ouvre des perspectives géopolitiques nouvelles. La première concerne l’intégration de l’espace côtier, jusque-là délaissé, et sa conversion en un pôle attractif des activités et des hommes. La cité de Dublin qui, d’après l’analyse des fouilles archéologiques, comptait peut-être plusieurs milliers d habitants au XIIe siècle [20], servait désormais d’interface commerciale et culturelle entre l’Irlande et l’Angleterre. Cette vocation s’affirme en particulier quand les grands rois provinciaux réussissent alternativement à en prendre le contrôle, dès la fin du Xe siècle. L’annaliste intitule par exemple le roi Diarmait mac Murchada en 1166 rí Laigen agns Gall’ ’roi de Leinster et des étrangers’ [c’est à dire les Scandinaves de Dublin] [21]

On possède aujourd’hui la preuve d’une acculturation de ces colons scandinaves, comme l’ont montré les résultats des campagnes de fouilles archéologiques entreprises à Dublin entre les années 1960 et 1980 [22]

Pourtant, les sources nous les présentent jusqu’au XIIe siècle comme des étrangers. Pourquoi les Irlandais perçoivent-ils encore, après plus de trois cents ans de contacts, de luttes, mais aussi d’alliances et de relations matrimoniales, ces populations originaires de Scandinavie comme des allogènes ? Cette dénomination n’apparaît dans les sources qu’après l’arrivée des premiers Vikings. La perception de l’identité irlandaise et la conscience de son originalité sociale et culturelle se sont forgées par le rejet de ces nouveaux venus, par l’impossibilité de les intégrer dans la société de type clanique, malgré leur degré avancé d’acculturation.

La royauté sur toute l’Irlande : une ambition partagée mais jamais atteinte

Cette installation des Scandinaves sur les littoraux et leur proche arrière-pays favorisa l’ambition des plus puissants dynastes à être reconnus rois de toute l’Irlande (irl. Ard-rí, haut-roi). Cette ambition fut d’abord le fait des Uí Neill ; elle transparaît dans la Vita Colombae d’Adomnan, abbé de Iona au tournant du VIIIe siècle [23]

Mais cette ambition fut tout au plus l’objet de la convoitise des rois provinciaux et le titre de haut roi ou de roi d’Irlande, qui est accordé douze fois par les Annales d’Ulster entre le VIIe et le XIIe siècle, signifie davantage « le plus puissant roi en Irlande », plutôt que « roi d’Irlande ».

Le premier à s’en être rapproché est cependant celui que les historiens nationalistes nomment un peu rapidement le premier roi d’Irlande, Brian Boru, à qui ces mêmes annales accordent en 1005 le titre d’imperator Scottorum, mais également celui de « roi suprême des Irlandais d’Irlande, et des étrangers, et des Gallois, auguste de tout le Nord-Ouest de l’Europe » [24]

Brian Boru

L’ascension de Brian fut rapide et elle commence sans doute avec la conquête par son clan de la ville norvégienne de Limerick et l’utilisation du butin que les sources décrivent comme des richesses considérables pour s’attirer les fidélités. Brian força les tribus occidentales du Munster à entrer dans son allégeance, conquit la forteresse de Cashel et devint roi de tout le Munster, un des cinq coiceda. À partir des années 980, il s’attaqua au Leinster, y obtint la reconnaissance de sa souveraineté, puis se tourna vers le Nord, où il fut reconnu comme roi supérieur par les dynastes Uí Neill. Mais ces conquêtes ne signifient pas qu’il ait bâti un État : il resta toute sa vie un chef de clan traditionnel, s’appuyant en premier lieu sur les clans aristocratiques de son tuath d’origine et de la confédération des Dál Cais. Les dynasties des royaumes provinciaux, qui s’étaient soumis, restèrent en place et au lendemain de sa mort, à la bataille de Clontarf en 1014, toutes les alliances s’éteignirent avec lui, jusqu’au cœur du royaume de Munster, où une révolte générale contre l’hégémonie des Dál Cais éclata.

Quelle perception les Irlandais avaient-ils de cette unité nationale ou de la division géopolitique entre Nord et Sud ? Toutes deux étaient sans doute artificielles. Pour preuve l’échec de toutes les tentatives d’intégration des entités politiques de base entre un ou deux royaumes centralisés. Mais plus encore, le dernier échelon de pertinence politique est celui des cinq royaumes traditionnels : dans la saga irlandaise du XIIe siècle, Cogad Gáedel re Gallaib [25], composée en l’honneur du roi de Munster Muirchertach Ua Briain, la raison invoquée par rassemblée des tuatha de Leinster pour se soustraire à l’influence politique du royaume voisin est que jamais on ne vit la soumission des hommes de Leinster envers la dynastie des Dál Cais. La référence à une unité géopolitique est nette. Le royaume provincial était bien devenu une référence essentielle de l’identité politique.

Vers une royauté irlandaise plus monarchique

Il appartint justement à Muirchertach Ua Briain, petit-fils de Brian Boru, de créer le premier état en Irlande, avec des frontières définies. Reconnu comme roi supérieur par la plupart des royaumes du sud, par une partie des tuatha de Leinster et aussi de Connacht, il regroupa une partie de ces terres en un embryon d’État, d’une superficie d’environ 9 600 km2, qui n’avait plus rien à voir avec les royaumes claniques. Il choisit, contre la tradition, de déplacer sa capitale à Limerick et il abandonna l’ancienne capitale de chefferie de sa parenté, qu’avaient conservée tous ses prédécesseurs [26]

La nouveauté était de taille ! La base de la puissance royale n’était plus la chefferie d’origine, comme le voulait la tradition, et le gouvernement du Munster revêtait désormais un caractère d’extra-territorialité. Il imposa également le système diocésain à l’administration territoriale de son État, dont les limites, pour la première fois ne coïncidaient plus avec celles des chefferies traditionnelles et des royaumes locaux. Il en profita pour doter son royaume d’une capitale religieuse en faisant de l’ancienne forteresse de Cashel l’embryon d’une cité ecclésiastique et le siège du premier archevêché du royaume.

La situation de Limerick exprime quant à elle le principe de centralité d’une capitale. Située sur l’estuaire de la Shannon, la cité est placée à la jonction de plusieurs confédérations de chefferies, à la jonction également des limites de trois nouveaux diocèses. Le roi fit de Limerick sa capitale politique et administrative, organisa une bureaucratie sommaire mais centralisée, la peupla d’officiers royaux pris dans toutes les chefferies qui lui étaient soumises et se dota d’une cour peuplée de fidèles, de juges et de poètes, qui rédigèrent pour lui des ouvrages de propagande destinés à vanter sa légitimité non seulement sur le Sud – elle était désormais établie – mais aussi sur toute l’Irlande – ce qui n’était qu’une ambition.

Notes

[1] Voir la Carte politique de l’Irlande autour de l’an mil, p. 36.
[2]Ces sources juridiques sont éditées dans le Corpus Iuris Hibernici, D.A. Binchy éd., Dublin, 1978. Pour une classification détaillée de ces lois, voir F. Kelly, A guide to Irish Laws, Dublin, 1988.
[3]Cf. Calendar of Documents relating to Ireland, H.S. Sweetman éd., Londres, 1875-86. Une carte du XVIIe siècle représentant les paroisses et les baronnies anglaises, qui coïncident souvent avec les anciennes divisions des chefferies irlandaises, est conservée dans les manuscrits M 2506, fol. 55 de la National Library of Ireland.
[4]A.P. Smyth, Celtic Leinster. Towards an historical geography of early Irish civilisation, Dublin, 1982.
[5]D.B. Gibson, « Chiefdoms, confederacies, and Statehood in early Ireland », dans D.B. Gibson et B. Arnold, Celtic Chiefdom, Celtic State, Cambridge, 1995 (réimp. 1999), p. 116-128.
[6]Pour une approche de la géographie rurale de l’Irlande médiévale, on se reportera à la thèse de géographie de P. Flatrès, Géographie rurale de quatre contrées celtiques, Irlande, Galles, Cornwall et Man, Rennes, 1957, ainsi qu’à son article « Rural patterns in Celtic Countries : a comparative study », Advancement of Sciences, XIV (1956), p. 365-73.
[7]D.B. Gibson, « Chiefdoms, confederacies, and Statehood in early Ireland », op. cit., p. 120.
[8]On se reportera à l’ouvrage de B. Jaski, Early Irish Kingship an Succession, Dublin, 2000.
[9]F. Kelly, op. cit., p. 5-6.
[10]À comparer avec le gallois alltud (étranger), dont l’élément tud est apparenté à l’irlandais tuath.
[11]D.A. Binchy, Celtic and Anglo-Saxon Kingship, Oxford, 1970, p. 7-8.
[12]Críth Gablach, D.A. Binchy éd., Dublin, 1941 (Médiéval and Modem Irish Series).
[13]Les textes de lois comme le Críth Gablach ou l’UraicechtBecc, qui datent des VIIe et VIIIe siècles, s’accordent sur cette hiérarchie de rois, même s’ils diffèrent sur les titres précis à donner aux grands rois et aux rois supérieurs.
[14]F.J. Byrne, Irish Kings and high-Kings, Londres, 1973, p. 42.
[15]On trouvera un schéma simple de ces relations centre/périphérie pour le comté de Clare dans D.B. Gibson, « Chiefdoms, confederacies, and Statehood in early Ireland », op. cit., p. 122.
[16]La lutte entre les Uí Neill et certaines dynasties du Munster peut être étudiée à partir des annales ecclésiastiques, en particulier celles d’Ulster, qui constituent l’une des versions les plus fiables : Annals of Ulster, S. Mac Airt et G. mac Niocaill éd., vol 1 (jusqu’à 1131), Dublin, 1983 ; Annála Uladh, Annals of Ulster, W.M. Hennessy et B. McCarthy éd., Dublin, 1887-1901.
[17]F.J. Byrne, op. cit., p. 48 et suiv.
[18]Annales d’Ulster, année 902 : Indarba ngennti a hEre,.i.longport Atha Cliath o Mael Findia m. Flandacainco freaibh Bragh, etc. [les païens furent chassés d’Irlande, c’est-à-dire de la forteresse d’Ath Cliath (Dublin) par Mael Fianna, fils de Flannacan avec les hommes de Braga, etc.].
[19]Annales d’Ulster, année 967 : Mathgamain m. Cennetigh, rí Caissil, do arcain Luimigh 7 dia loscadh. [Mathgamain, le fils de Cennetigh, roi de Cashel, pilla Limerick et l’incendia].
[20]P. Wallace, « The archeology of Viking Dublin », H.B. Clarke et A. Simms éd., The comparative history of urban origin in non-Roman Europe : Ireland, Wales, Denmark, Germany, Poland and Russia from the ninth to thirteenth century, Oxford, 1985, p. 133. (British archaeological reports, International Series, CCLV).
[21]Annales d’Ulster (AU) 1166.
[22]Cf. P. Wallace, « The archeology of Viking Dublin », op. cit.
[23]A. et M.O. Anderson, Adomna’s Life of Colomba, Édimbourgh, 1961.
[24]Annales d’Ulster (AU) 1005 : ardrí Gaidhel Erenn 7Gall 7Bretan, August iartair tuaiscirt Rórpa uile.
[25]Cogadh Gaedhel re Gallabh, The war between the Gaedhil with the Galls, J.H. Todd éd., Londres, 1867, chap. 84.
[26]D.B. Gibson, « Chiefdoms, confederacies, and Statehood in early Ireland », op. cit., p. 126.

(Source : Olivier Viron, Cairn)

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