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BREIZATAO – ETREBROADEL (15/05/2019) Les USA ont menacé les Européens de sanctions s’ils persistent à vouloir mettre en oeuvre leur autonomie stratégique en matière de défense, notamment de dotation de matériels militaires.

AFP (source)

Les Etats-Unis ont braqué mardi les Européens avec une attaque contre leurs projets de défense et la menace d’une remise en cause de la coopération transatlantique dans un courrier dont l’AFP a obtenu une copie.
Dans cette lettre adressée le 1er mai à la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, deux responsables de la Défense américaine fustigent les critères fixés pour être éligibles aux financements des projets européens, qui excluent les entreprises américaines.
Les règles proposées « ne nuiraient pas seulement aux relations constructives entre l’OTAN et l’UE que nous avons nouées ensemble au cours des dernières années », mais pourraient aussi ramener aux discussions parfois conflictuelles sur la défense européenne « d’il y a 15 ans », y écrivent-ils.
Le courrier est accompagné d’une lettre au ton comminatoire de l’ambassadeur des Etats-Unis à Bruxelles. Gordan Sondland y met en demeure Federica Mogherini de répondre d’ici au 10 juin sous peine de sanctions.
La démarche a été « très mal perçue tant sur le fond que sur la forme » par les Etats membres, ont confié à l’AFP plusieurs de leurs représentants.
Washington dénonce les conditions d’éligibilité aux financements du Fonds européen de défense (FED), doté de 13 milliards d’euros pour la période 2021-2027, car elles vont écarter les firmes américaines.
Pour être éligibles, « les entreprises devront être basées dans l’Union européenne, avoir leurs infrastructures dans l’Union européenne et surtout, les prises de décisions ne pourront pas être contrôlées par une entité installée hors de l’Union européenne », a expliqué un responsable européen sous couvert de l’anonymat.
En clair, la filiale européenne d’un groupe américain, canadien, russe ou chinois ne pourra pas prétendre aux financements du FED. Ces conditions s’appliqueront également aux firmes britanniques une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’UE.
Les pays de l’UE ont lancé une coopération structurée permanente (CSP) à la fin de 2017 pour développer leur collaboration dans le domaine de la Défense et le FED, approuvé par les Etats et le Parlement en avril, doit permettre de cofinancer des projets industriels sur la période 2021-2027. « Mais rien n’empêche les Etats membres d’acheter américain », rappelle un responsable européen.
Les Etats-Unis cherchent avec leurs menaces à accentuer les divisions entre les Européens sur la manière de parvenir à cette autonomie stratégique, a souligné un diplomate européen.
Un groupe de pays, mené par la France, veut établir des règles strictes qui conduisent à écarter les firmes non européennes. Un autre, conduit par les Pays-Bas et la Suède, est favorable à une approche plus inclusive, faisant valoir que l’Europe ne devrait pas exclure des alliés de longue date comme les Etats-Unis.
« Certains pays de l’Union comme la France et l’Espagne veulent vraiment mettre dix serrures sur cette porte et empêcher tout le monde d’entrer. Chez moi, je n’ai que deux serrures et c’est suffisant pour empêcher les cambrioleurs d’entrer, mais ça m’aide à l’ouvrir facilement et à accueillir les visiteurs », a expliqué le représentant d’un Etat membre favorable à une approche inclusive.

Un aperçu du projet :

 

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