BREIZATAO – NEVEZINTIOU (28/11/2019) Les entreprises de travaux publics prévoient des opérations de blocage partout en France pour manifester contre la suppression du gasoil non routier (GNR). En Bretagne, plus de 200 professionnels ont prévu de bloquer les dépôts pétroliers du Finistère, d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan ce jeudi 28 novembre 2019 en soirée. Certains axes routiers seront également impactés.

Plus de 200 entreprises mobilisées

L’appel à manifester a été lancé par le réseau national CNATP (organisation professionnelle des artisans des travaux publics et du paysage). Sonia Bouget, gérante d’une entreprise de terrassement et travaux publics à Pédernec, près de Guingamp, est de ceux qui ont décidé de répondre à cet appel :

Ça a déjà commencé à Nantes ce matin. On sait aussi que ça va bouger en Mayenne et dans l’Est de la France. Pour la Bretagne, nous sommes une soixantaine d’entreprises par département, voire plus, qui prévoyons de nous rejoindre en soirée pour bloquer les dépôts pétroliers. Et cela jusqu’à ce que le gouvernement fasse marche arrière : demain, ce week-end et la semaine prochaine s’il le faut !

Les points de blocages sont précisément situés à Brest (29), Lorient (56) et Vern-sur-Seiche (35). Le département des Côtes-d’Armor sera provisoirement épargné, s’agissant du seul département breton à ne pas disposer d’un dépôt. Mais Sonia Bouget prévient :

Si nous sommes présents en nombre suffisant pour assurer ces blocages, nous n’excluons pas de revenir dans les Côtes-d’Armor et de mener les jours suivants d’autres opérations.

Une perte de 10% du chiffre d’affaires

Depuis 2011, les entreprises du BTP utilisent du gasoil blanc, distinct du gasoil rouge présent dans les autres véhicules. Mais le gouvernement a décidé de supprimer ce gasoil non routier pour des raisons environnementales. Une suppression qui doit être effective en juillet 2020.

Problème : pour ces entreprises revenir au gasoil ordinaire représenterait une hausse conséquente de leurs charges, de l’ordre de 10% de leur chiffre d’affaires. Un surcoût qui serait répercuté sur le prix des chantiers, qu’il s’agisse de marchés publics ou des maisons individuelles, avec le risque de voir la demande s’amenuiser.

(Source : Actu.fr)