BREIZATAO – ETREBROADEL (28/11/2019) La banque d’investissement française Natixis a publié un rapport très bref sur la situation de la zone euro. Selon Natixis, l’Eurozone est condamnée à brève échéance si l’Eurozone n’est pas doté d’un budget fédéral financé par un fisc autonome ainsi qu’une dette souveraine propre.

Natixis (source) :

La zone euro ne satisfait aujourd’hui aucun des critères de R.Mundell pour être une zone monétaire optimale : la mobilité du travail est faible, la mobilité des capitaux a disparu, les spécialisations productives des pays de la zone euro sont très différentes. Ceci implique normalement que la zone euro va éclater, que l’euro va disparaître.
Aujourd’hui, avec sa politique monétaire très expansionniste, la BCE évite l’éclatement de la zone euro : les taux d’intérêt à long terme très bas maintiennent la solvabilité budgétaire des pays de la zone euro, évitent le retour d’une crise de la dette publique et l’éclatement de la zone euro. Mais la BCE ne peut pas mener cette politique perpétuellement en raison des déséquilibres qu’elle crée (affaiblissement des intermédiaires financiers, bulles, taxation excessive des épargnants, sorties de capitaux, entreprises zombies…).
Il y a donc deux possibilités : soit, pendant que la BCE assure la stabilité de la zone euro, des réformes institutionnelles de la zone euro sont mises en place qui permettent d’éviter son explosion (budget fédéral de taille suffisante, Eurobonds…);soit ces réformes institutionnelles ne sont pas mises en place, et l’euro disparaîtra quand la BCE devra sortir de la politique de taux d’intérêt nuls et négatifs. Sortir de l’euro est extrêmement coûteux, avec les dettes extérieures en euros, et il ne peut donc pas y avoir normalement de sortie volontaire de l’euro; mais s’il y a crise des dettes publiques, crise de la balance des paiements, la sortie de l’euro est inévitable puisque le pays ne peut plus se financer en restant dans la zone euro.
Il reste donc quelques années (le temps des taux d’intérêt très bas de la BCE) pour réformer les institutions de la zone euro.