BREIZATAO – ETREBROADEL (30/11/2019) La terreur idéologique continue en Bretagne contre les figures de l’émancipation nationale. Suivant une mode de plus en plus forte, celle de la manipulation mémorielle à des fins de propagande, le maire de Pont L’Abbé, fransquillon gaulliste, a décidé unilatéralement de débaptiser la rue Youenn Drezenn, figure éminente de la littérature bretonne.

Le Télégramme (source) :

Le conseil municipal se réunira, le 3 décembre, pour débaptiser la rue Youenn-Drezen, en raison du passé collaborationniste de l’auteur. Malgré les réticences des riverains, qui ne veulent pas assumer la charge administrative du changement de nom, elle deviendra la rue Colonel-Arnaud-Beltrame.
C’est un serpent de mer auquel la municipalité de Pont-l’Abbé a décidé de tordre le cou. Le conseil municipal du 3 décembre votera pour débaptiser la rue Youenn-Drezen et la renommer rue Colonel-Arnaud-Beltrame, du nom du gendarme décédé lors de l’attaque terroriste du 23 mars 2018 à Trèbes (Aude). Le maire a confirmé cette décision aux riverains, mercredi, lors d’une réunion. « Nous n’avons même pas été avertis que le sujet passait en commission », déplore un riverain qui qualifie la rencontre d’« houleuse ». « Nous avons fait un sondage auprès des habitants – un sondage, pas une pétition – et, sur environ 45 riverains, une quarantaine est contre le changement de nom ».
Le débat a évolué au fil des ans : aucun habitant ne souhaite se positionner sur le fond de l’affaire, seules les complications administratives sont avancées pour motiver la grogne. « Un changement de nom de rue, c’est comme un déménagement », affirme le riverain.
Journaliste et écrivain né à Pont-l’Abbé en 1899, Youenn Drezen s’est illustré pour son engagement en faveur de la langue bretonne. Son ouvrage le plus connu est sans doute « Itron Varia Garmez » (« Notre Dame Bigoudenn »). « C’était un écrivain moderne, qui racontait l’histoire du « bas peuple » de Pont-l’Abbé », explique Serge Duigou, historien local. « C’était un écrivain reconnu : sans ces quatre années, la bibliothèque aurait sans doute porté son nom ». « Ces quatre années », ce sont celles entre 1940 et 1944 durant lesquelles le journaliste a collaboré avec l’occupant et publié des textes racistes, antisémites, anti-Français et anti-résistants. Écrits en breton, ils ne seront redécouverts qu’à la fin du XXe siècle, à la faveur des travaux d’universitaires.
« Cela fait trop longtemps que ce problème perdure : on va mettre fin à cette erreur, cette rue n’aurait jamais dû s’appeler Youenn-Drezen », déclare Stéphane Le Doaré. Le maire de Pont-l’Abbé a notamment reçu un courrier du petit-fils d’Auguste Dupouy, écrivain dont les deux enfants résistants sont morts en déportation. « Aujourd’hui, il ne trouve pas logique qu’on laisse une rue au nom d’un collaborateur qui débouche sur la rue de son grand-père. Ça a fini de me convaincre ». Pour rassurer les riverains inquiets, Stéphane Le Doaré affirme que, sur les aspects matériels, « la mairie fera les trois-quarts du travail ». Sur le fond du dossier, le maire assume complètement sa décision. « La dénomination des noms de rue fait partie du travail du conseil municipal. Habiter rue Youenn-Drezen, ça revient aujourd’hui à habiter rue Pierre-Laval ou rue Maurice-Papon ».

Nous nageons en plein délire et surtout, en pleine haine, patiemment alimentée par un maire – jusqu’en 2020 du moins – qui veut régler des comptes avec des fantômes, sans prendre de risques, à 75 ans de distance.

Haine mémorielle et vengeance résistantialiste

Surtout, nous voyons ici se dérouler la poursuite d’une guerre civile sans cesse alimentée par des groupes gaullo-communistes qui sentent bien que les mythes sur lesquels ils ont assis leur pouvoir en 1944 n’en ont plus pour longtemps.

Drezen n’a jamais eu aucune responsabilité décisionnelle dans l’appareil d’état français, à la différence des spectres qu’il agite : Pierre Laval, chef du gouvernement de Philippe Pétain, ou Maurice Papon, préfet – gaulliste – de Paris. Il a eu des opinions, comme des millions d’autres à la même époque.

Ce regain de puritanisme aggravé par le réflexe téléologique tend à conditionner l’art à la vertu des artistes ou auteurs, niant à l’homme le droit à la complexité et mieux, à la faute. Passé et présent se confondent, les oeuvres valant les hommes. Selon cette logique terroriste, il ne doit plus y avoir que des anges vertueux sur terre. La moralité primant tout, le monde se décompose en « bons » et en « méchants », chacun déterminant selon son bon plaisir et ses propres orientations – voire obsessions – qui a péché contre le « bien ».

Le problème, avec ce genre de tribunal mémoriel, c’est que ceux qui jettent les pierres pensent n’avoir jamais péché eux-mêmes. Assurance que d’autres n’hésiteront pas à contester en leur jetant à leur tour leur lot de projectiles au nom de nouveaux crimes allégués. Et ainsi, nous allons assister à l’apparition d’une multitude de tribunaux, édictant leur propre droit historique, utilisant la force pour proscrire.

Si la règle devient l’exhumation et l’anathème, François Mitterrand, décoré de la francisque par le Maréchal Pétain, aura les plus grandes difficultés à conserver ses rues et avenues, une fois la génération qui l’a porté au pouvoir disparue. Quant à Charles De Gaulle et son « Colombey-les-Deux-Mosquées », on sait d’avance ce qui l’attend, quand le moment sera venu, lui qui présida pendant 4 ans aux opérations militaires en Algérie.

Ici, tout se mélange, conformément à l’air du temps dans cette république française finissante où l’histoire est réinterprétée à la lumière des convulsions du présent. Que vient faire l’officier Arnaud Beltrame dans cette affaire ? Rien, si ce n’est un artifice cynique, de la part d’un édile hypocrite, pour faire taire a priori toute contestation de la part de la population.

Au reste, qui est juge ? Le pouvoir politique. Ici en l’espèce, un maire (LR) jouant les curés qui se croit mandaté pour donner l’absolution à quelqu’un qui ne l’a pas demandé. Ne lui en déplaise, il n’a pas un tel pouvoir.

C’est pourquoi les procès mémoriaux sont autant de procès politiques, partiaux par définition. Ils ont l’avantage de traîner en justice des morts qui ne peuvent pas se défendre. Traite-t-on tous les auteurs ainsi ? Non. La résidence Louis Aragon, à Pont L’Abbé, n’est pas concerné. Aucune intention affichée de « débaptiser » cette résidence qui porte le nom de celui qui chantait Staline, un tyran qui a fait tuer des millions et des millions d’hommes dans les goulags.

Pourquoi ? Parce que Doaré a des sympathies inavouables et des faiblesses coupables.

Il va sans dire que Doaré ouvre la boîte de Pandore car la mémoire politisée est strictement dépendante des fortunes des dominants de l’heure. Confiant, il se pense du bon côté de l’histoire justicière : celle des vainqueurs. Car il y a peu de mérite personnel à juger des cadavres. En réalité, il pave la voie à une machine qui n’aura de cesse de réclamer vengeance et qui aura tôt d’échapper à ses géniteurs. Preuve en est qu’à Paris, le mouvement de débaptisation des rues prend lui aussi de l’ampleur mais contre d’autres figures, celles qui faisaient autorité auprès des groupes politiques victorieux d’hier.

Napoléon Bonaparte, qui a rétabli l’esclavage en 1802, affronte les mêmes accusations et les mêmes procès en « racisme » que ceux que subit Drezen aujourd’hui. Si certains s’en étonnent ou tournent l’affaire en dérision, tel n’est pas le cas pour les millions de noirs d’Afrique établis en France dont le nombre va toujours croissant. Et ainsi du général Bugeaud qui fait également les frais de la colère vengeresse de politiciens soucieux de parler à l’électorat d’origine algérienne (lire ici). Demain, ce sera le gaulliste Bigeard, « para » peu apprécié des anciens sujets coloniaux.

Sa qualité de « résistant » gaulliste en 1944 ne lui sera que de peu de secours.

De nouveaux groupes – féministes, antispécistes, écologistes, islamistes, communautaires divers, LGBT, panafricains, etc. – ne tarderont pas à mettre à l’ordre du jour leur propre règlement de comptes historiques. C’est ainsi qu’une société s’anéantit définitivement, incapable de surmonter la moindre divergence, entrant dans une logique exclusive d’affrontement et de suppression entre forces centrifuges antagonistes. Un groupe prétend effacer les mémoires pour imposer sa domination, il exacerbe en retour les affrontements. Plus aucun dialogue ni même aucune coexistence n’est admise.

« Avec nous ou contre nous » devient la norme. Dont acte : nous nous adaptons. Nous n’avons aucune raison de tendre l’autre joue.

Comme le disait François Mitterrand à propos de cette soif de vengeance qui pointait dans les années 90, « c’est l’entretien de la haine ».

La haine est effectivement au rendez-vous, inspirée d’abord par la politique mémorielle du lobby juif à propos de « l’Holocauste » et désormais reprise par une constellation de groupes développant le ressentiment vengeur sur leur propre sentiment victimaire.

La haine est le bien le mieux partagé, celui qui dépasse l’usure du temps. Cette haine n’est pas univoque. Elle appelle des réactions, des résistances, des contre-attaques. C’est ce que veut le maire de Pont L’Abbé : rouvrir, sur le ton badin, la guerre civile, se considérant vainqueur par avance. Il faut avoir les épaules larges dans une telle affaire et surtout, il faut avoir le temps pour soi.

Qu’il nous soit permis de dire que Doaré n’a ni l’un ni l’autre. Les maires passent, pas le souvenir d’hommes de valeur comme Youenn Drezen dont l’oeuvre continue de vivre.

Faire battre Doaré aux élections de 2020

Dès à présent, il convient de se mobiliser pour le maintien de la rue Youenn Drezen mais aussi pour faire battre, coûte que coûte, un provocateur haineux en mai prochain. Le temps approche et une mauvaise polémique à quatre mois du scrutin est une bien mauvaise idée.

Puisque Doaré cherche l’affrontement, il va l’avoir. Un affrontement beaucoup plus durable que le seul nom de cette rue.

Les nationalistes bretons vont soutenir les habitants concernés. Ces riverains doivent d’ores et déjà prendre fait et cause pour le principal opposant à Doaré et s’assurer qu’il soit battu dans quelques mois.

Nous, membres de l’Emsav, avons été beaucoup trop réservés sur ce genre de question. Ce ne sera plus le cas. Nous avons bien reçu le message politique et nous allons reformuler la lutte dans les nouveaux termes énoncés. Les noms de rue des ennemis de la Bretagne n’ont à ce titre plus de légitimité chez nous tandis que nos héros les méritent.

Les faire disparaître devient une obligation morale. Puisque l’heure est, visiblement, à l’antiracisme iconoclaste, pourquoi Pont L’Abbé a-t-elle une rue Jules Ferry qui appelait à « civiliser les races inférieures » ?

Cette rue, entre toutes les autres, doit être débaptisée. Cet effort doit être porté partout en Bretagne contre celui qui fût également le destructeur de la langue bretonne pour le compte de la Troisième République, mère maquerelle de tous nos maux.

L’escalade sera notre réponse.

Mobilisation

Cela nous rappelle aussi qu’être passif a un coût et l’Emsav, depuis 20 ans, a baissé la garde, se divisant à l’envi à propos de choses insignifiantes.

Les Bretons vont devoir devenir méchants et extrêmement agressifs contre leurs ennemis. Ils le seront.

Dès maintenant, faites tourner les coordonnées de la mairie pour annoncer notre vengeance.

[email protected]

Tél. 02 98 66 09 09

Fax. 02 98 66 09 00 

Pour nous aider à monter la contre-offensive sur le terrain légal :

[email protected]