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BREIZATAO – ISTOR (29/12/2019) Histoire peu connue des Bretons que celle de la garde des frontières septentrionales de l’île de Bretagne lorsque Britannia est une province de l’empire romain auquel les Bretons sont intégrés du 1er au 4ème siècle.

Les murs de défense bretons

Les Pictes menacent constamment la Bretagne par des incursions ce qui contraint l’Empire à édifier deux ensembles défensifs impressionnants à partir du deuxième siècle.

Deux murs sont édifiés à la frontière picte (actuelle Ecosse). Le premier, le mur de l’empereur Hadrien (122-127), suivi du second, le mur de de l’empereur Antonin (142-154), construit après la conquête victorieuse de la Cumbria, dernier territoire breton devant l’Ecosse.

Mur d’Hadrien

Le Mur d’Antonin sera de courte durée : construit 160 kilomètres au nord du mur d’Hadrien entre 142 et 154, il est abandonné seulement 8 ans plus tard en 164 sous la pression des Calédoniens (Celtes gaéliques). Les troupes romaines doivent se replier sur le Mur d’Hadrien.

Le Mur d’Antonin sera brièvement réoccuppé par les légions en 208 sur ordre de l’empereur Septime Sévère.

Le mur d’Hadrien est construit sur le Linne Chluaidh (« Fleuve bruyant« ) et le mur d’Antonin sur le Linne Foirthe (« Fleuve noir » en gaélique)

Originellement, le Mur d’Antonin, marquant l’avancée romaine maximale, s’étendait sur 63 kilomètres. Les architectes de l’armée romaine avaient prévu un fort tous les 10 kilomètres avant de décider d’en construire un tous les 3,3 kilomètres. Soit un total de 19 forts chargés de défendre l’intégrité des frontières fortifiées.

Les forts de défense

Avant de pousser au nord en 140, Rome dispose au niveau du mur d’Hadrien d’un solide réseau de forts. Comme celui de « Mediobogdum », dans l’actuel Comté de

Carte des forts romains vers 130 après Jésus-Christ, secteur de Cumbria

Ce fort est connu en anglais sous le nom de « Fort du Noeud Dur ».

Ce fort comportait des bains pour les troupes dont les restes sont encore visibles de nos jours.

La garnison de ce fort en charge de la protection des frontières nord de la Bretagne était assurée par les 500 auxiliaires (soldats ne disposant pas de la citoyenneté romaine) de la 4ème Cohorte « Delmatarum », originaires de Dalmatie (actuelle Croatie).

Auxiliaire reconnaissable à son bouclier ovale. Les troupes auxiliaires représentent les deux tiers des forces armées romaines.

Le fort suivant était celui de « Galava », près d’Ambleside, toujours dans l’actuel Comté de Cumbria.

Une stèle retrouvée dans le fort commémore la disparition de Flavius Romanus et de Flavius Fuscinus.

« Aux dieux du monde d’en dessous. Flavius Fuscinus, centurion en retraite, a vécu 55 ans. Flavius Romanus, secrétaire, a vécu 35 ans, tué dans le camp par l’ennemi. »

Ces forts seront définitivement abandonnés à la fin du 4ème siècle lors du retrait général des troupes romaines de l’île de Bretagne, laissant celle-ci sous la pression des envahisseurs angles et saxons.

Royaumes bretons (5-7ème siècles)

La défense sera dès lors assurée par des chefs militaires bretons romanisés dont Arthur est la figure archétypale (lire notre série sur la Bretagne arthurienne).

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