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BREIZATAO – POLITIKEREZH (30/01/2020) À l’initiative de trois salariés, exaspérés par la multiplication des agressions dans le centre-ville de Nantes, un rassemblement des professionnels de la nuit a eu lieu mercredi.

Romane, la vingtaine, est barmaid dans un bar du centre-ville de Nantes. Depuis quelques mois, et après avoir subi plusieurs agressions, c’est la peur au ventre et en rasant les murs qu’elle quitte son service.

« À chaque fois que je rentre à 3h du matin, j’ai ma lacrymo dans ma poche et mes clés dans l’autre, au cas-où », souffle-t-elle, très émue.

Je suis contente d’aller au travail mais j’ai peur d’en partir.

Un témoignage parmi d’autres entendu mercredi 29 janvier 2020 lors d’un rassemblement organisé place Royale. Serveurs, vigiles, responsables d’établissements… Nombreux ont égrainé les vols, menaces et agressions dont ils été victimes ou témoins ces derniers mois.

Tous ont le sentiment en tout cas que la délinquance est en hausse à Nantes. Et les secteurs de Commerce et du hangar à bananes ne sont pas les seuls secteurs à éviter.

Mickael, du Gigg’s Irish Pub situé place Saint-Pierre, a constaté une baisse de la fréquentation depuis l’été 2019. « À partir de 23h, il y a des problèmes dans la rue, fait-il remarquer à actu Nantes. Les gens flippent, ce n’est pas normal. »

Même son de cloche chez Olivier Dardé, président de l’association des commerçants du centre-ville : « Aujourd’hui, il y a de la souffrance. Il faut arrêter ces conneries. »

Cyril, Charles et Guillaume, salariés dans des établissements nocturnes du centre-ville, ont pris le taureau par les cornes. Ils ont réuni environ 200 personnes ce mercredi après-midi et obtenu une rencontre à la mairie la veille. Une délégation est même invitée à une nouvelle réunion de travail lundi 3 février.

Leur initiative est soutenue par les professionnels du secteur. De l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) au GNI Grand Ouest (Groupement national des indépendants de la restauration).

Sa présidente, Catherine Quérard, a pris la parole cet après-midi : « Avec ce collectif, nous dénonçons les agressions à répétition, mais il nous faut aussi essayer de co-construire des solutions avec les autorités pour que les Nantais puissent à nouveau se déplacer librement en ville. »

« Obligé de leur payer un taxi »

Gilles Emeraux, président de Village, l’association des commerçants de l’île Feydeau, en propose déjà une : la mutualisation des agents de sécurité entre plusieurs commerces. Ce qui ne remplacera par la présence de policiers municipaux et nationaux sur le terrain, et plus particulièrement entre minuit et 2h.

Une tranche horaire à éviter si l’on en croit les publications du groupe Facebook La sécurité rose à Nantes. En quelques semaines, il a réuni plus de 10 000 membres à l’initiative d’une colistière de Laurence Garnier (LR), rivale principale de Johanna Rolland aux élections municipales.

Benoît, 64 ans, ne croit pas l’effet de loupe. « Mes enfants ne peuvent plus sortir la nuit sans avoir peur. Je suis obligé de leur payer un taxi pour qu’ils rentrent à la maison. »

(Source : Actu.fr)

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