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BREIZATAO – ETREBROADEL (30/04/2020) Vu d’Allemagne, l’effondrement du système politico-administratif français suite à la crise déclenchée par le Coronavirus révèle la décomposition finale du centralisme hexagonal, devenant incapable d’agir sous l’effet de sa propre inertie bureaucratique.

À partir du 11 mai, les salariés doivent retourner sur leurs lieux de travail, les écoles et les crèches doivent rouvrir leurs portes. Le centralisme français se révèle être un obstacle à une stratégie de sortie de crise plus rapide et répartie dans les régions. Par exemple, les Français qui vivent dans les contreforts des Cévennes doivent respecter des règles de confinement aussi strictes que les Parisiens. Or, on ne recense pas un seul décès dû au Covid-19 dans le département de Lozère, alors que l’épidémie a coûté la vie à plus de 3 800 personnes en région parisienne.

Toutes les tentatives des décideurs locaux pour se soustraire au confinement décrété par les autorités centrales ont été torpillées. Ainsi, le ministre de l’Intérieur a interdit au maire de Nice de mettre en place l’obligation de porter des masques à la suite de la distribution gratuite de masques réutilisables. Sur l’aéroport international de Bâle-Mulhouse-Fribourg, des policiers, sur ordre du pouvoir central, ont saisi des masques expédiés de Chine et qui avaient été commandés et payés par la région Bourgogne – Franche-Comté. En dépit de la plainte de la présidente du Conseil régional, le ministre de l’Intérieur a justifié cette intervention.

Déjà en temps ordinaire, le bras de fer autour des responsabilités entre les divers niveaux administratifs peut prendre des formes épiques. Mais, au beau milieu de cette crise sanitaire, la prétention à l’omnipotence de l’administration centrale joue un rôle de frein. Ce n’est pas toujours aussi dramatique que dans le cas de ce transfert de malades depuis un hôpital surchargé de Reims, capitale de la Champagne, en direction d’une clinique privée de la vallée de la Loire. Au bout d’une heure de route, le bus et ses patients atteints du Covid-19 ont dû rebrousser chemin parce que les autorités centrales de la Santé n’avaient pas donné leur accord à ce transfert. Depuis la mi-mars, Santé publique France interdit à ses officines départementales de rendre public le nombre de cas. Les informations sont centralisées, au détriment de la transparence.

Il y a peu, le Premier ministre a mis en doute devant l’Assemblée nationale le fait que l’Allemagne était capable de procéder à un demi-million de tests par semaine. Il cherchait ainsi à détourner l’attention des difficultés de la France à améliorer ses capacités de dépistage. Or, si la mise en place de tests est si lente, c’est parce que l’État central ne fait pas confiance aux installations des laboratoires privés et exige que les tests de dépistage aient lieu uniquement dans les hôpitaux publics. Ce n’est qu’à la mi-mars que cette interdiction a été levée, mais maintenant, ce qui fait défaut pour un dépistage d’envergure, ce sont les équipements et le personnel qualifié. Cette “réinvention” de la France que souhaite Macron devrait également passer par une plus grande confiance dans les forces de la société au niveau local et régional.

(Source : Frankfurter Allegemeine)

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