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BREIZATAO – POLITIKEREZH (20/05/2020) Pour les associations KLT, Sked, An Oaled et Mervent, l’application d’une nouvelle circulaire concernant l’initiation au breton dans les écoles primaires publiques du Finistère, risque de mettre en péril un dispositif en place depuis 2000.

Ce dispositif, mis sur pied par le Conseil départemental, en partenariat avec l’Inspection académique et les prestataires associatifs que sont KLT, Sked, An Oaled et Mervent, prévoit une initiation au breton dans les trois cycles de l’école primaire à l’exception des élèves de petite section.

Cette initiation se fait sur la demande de l’école et est intégrée à son projet. Les cours, d’une durée d’une heure, se déroulent une fois par semaine sur le temps scolaire. Les enseignants, ils sont 40 actuellement, sont salariés des associations partenaires. Aujourd’hui, plus de 8 000 enfants suivent ces cours d’initiation.

Yannig Menguy, directeur de Mervent précise : « Cela représente plus de 333 heures d’initiation hebdomadaire sur l’ensemble du département, réparties dans 110 écoles sur 75 communes. »

Selon une étude menée en 2014 auprès des enseignants, cette initiation conduit à une maîtrise du vocabulaire breton et à une sensibilisation des élèves à leur identité.

Ce dispositif, aujourd’hui bien rôdé, risque d’être mis à mal par l’application d’une nouvelle circulaire. « L’inspection académique nous a informés de cette circulaire. À partir de la rentrée 2020, il ne sera plus possible de faire d’initiation au breton à partir du CP » , explique Kristian Le Mener, de KLT.

Les écoles élémentaires qui souhaiteraient poursuivre cette initiation au breton devront le faire sur le temps d’enseignement des langues étrangères.

Pour les associations, le résultat est évident : cela induit une mise en concurrence du breton et des langues étrangères, là où il y avait jusqu’à présent une co-existence. Et il y a fort à parier que cette concurrence se fera au bénéfice des langues étrangères, l’anglais pour l’immense majorité des cas.

Face à ce constat, les associations considèrent « qu’il y a un réel danger pour le dispositif et les 40 emplois concernés ».

Elles demandent qu’un statu-quo soit établi pour l’année 2020-2021. « Le report d’une année laissera du temps à la réflexion car l’enjeu n’est pas neutre. »

Elles souhaitent qu’à moyen terme, l’Etat mette en place la généralisation de l’enseignement du breton en CE2, CM1 et CM2, à raison d’une heure par semaine. « Nous allons rencontrer nos parlementaires pour leur demander d’agir auprès de l’État. »

(Source : Actu.fr)

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