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BREIZATAO – ETREBROADEL (29/06/2020) En Corse, les nationalistes confortent leurs positions, menacées à l’issue d’un premier tour où, en dépit de quelques exceptions, leurs résultats s’étaient révélés décevants. A Bastia, première ville d’importance conquise par ce courant d’idées en 2014, Pierre Savelli, à la tête d’une coalition nationalistes-droite-gauche, retrouve ainsi le fauteuil de maire dont il avait hérité en janvier 2016 après l’élection de Gilles Simeoni à la présidence du Conseil exécutif de la Corse.

En dépit du ralliement à sa candidature de Jean Zuccarelli, héritier d’une puissante dynastie politique bastiaise, et du régionaliste de droite Jean-Martin Mondoloni, le principal concurrent du maire sortant, Jean-Sébastien de Casalta, n’a pu compter sur l’appoint des voix communistes ni sur celui des suffrages qui s’étaient portés au premier tour sur Julien Morganti, ce dernier s’étant maintenu au second. Les résultats, à Bastia, avaient valeur de test pour M. Simeoni, en septième position sur la liste conduite par M. Savelli, dont l’action à la tête de la Collectivité de Corse a été contestée tout au long d’une campagne âpre et marquée par de fortes tensions.

De manière paradoxale, cette victoire bastiaise se trouve cependant atténuée par celle d’un autre nationaliste, à Porto-Vecchio. Dans la troisième ville de Corse, Jean-Christophe Angelini, président de l’Agence de développement de la Corse et pilier de la majorité territoriale, est largement élu maire pour sa quatrième tentative, avec plus de 700 voix sur le sortant Georges Mela (LR). Ainsi, le patron du Parti de la Nation Corse non seulement enlève à la droite insulaire un bastion qu’elle tenait sans discontinuer depuis près d’un siècle, mais renforce son influence face à M. Simeoni, avec lequel sa mésentente est notoire.

Le succès de M. Angelini, rendu possible par une stratégie d’alliance avec le courant indépendantiste, se trouve encore affermi par ceux, en Corse-du-Sud, de Jean Giuseppi à Figari et Nicolas Cucchi à Zonza, deux candidats de cette tendance du nationalisme corse, incarnée par Jean-Guy Talamoni, le président de l’Assemblée de Corse, dont les relations avec M. Simeoni sont également tendues. « C’est le combat d’une vie, a déclaré M. Angelini. Des Portovecchiais sont nés et nous ont quittés sans avoir connu autre chose que ce même système, que cette même famille politique. Ce cycle connaît une fin, notre large majorité constitue une victoire historique. »

Incapable de se relever depuis sa défaite aux élections territoriales de 2015, la gauche corse enregistre une victoire à L’Ile-Rousse (Haute-Corse), une municipalité administrée par la droite depuis 1971. Dans cette commune, la candidate Angèle Bastiani, certes soutenue par des militants nationalistes, bat le sortant, Jean-Joseph Allegrini-Simonetti, maire depuis trente-six ans. Quant à la droite locale, en lambeaux, elle conserve la mairie d’Aléria (Haute-Corse), un bourg de la plaine orientale de l’île, grâce à la réélection d’Ange Fraticelli, avec une infime avance de 13 voix.

(Source : Le Monde)

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