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BREIZATAO – ETREBROADEL (20/07/2020) Le rectorat de Bordeaux s’oppose au projet d’ouverture d’une classe immersive en langue basque à l’école publique de Basté-Quieta, à Saint-Pierre-d’Irube.

Hier, une colère froide comme la Nive perçait dans la voix de Beñat Arrabit, le président de l’Office public de la langue basque (OPLB). Face à la presse, ce dernier tenait à exprimer son  » incompréhension  » et son  » indignation  » suite au refus de la rectrice de l’académie de Bordeaux d’autoriser la mise en place d’une nouvelle classe immersive en langue basque.

Le projet d’enseignement 100 % en euskara devait se dérouler dès la rentrée prochaine au sein de l’école maternelle publique Basté-Quieta, à Saint-Pierre-d’Irube. 18 jeunes Hiriburutar de petite et moyenne sections étaient concernés par l’expérience déjà menée dans 38 écoles publiques et privées du Pays basque.

« La réponse du rectorat marque un premier recul sur la politique de développement des expérimentations immersives dans les filières bilingues. C’est inacceptable », estime Beñat Arrabit. L’argument avancé est celui de l’inconstitutionnalité. Le rectorat évoque la loi du 26 juillet 2019 « pour une école de la confiance » qui rend l’instruction obligatoire dès l’âge de 3 ans. Et d’y associer  » la Constitution de 1958 prévoyant en son article que l’instruction obligatoire est dispensée en français, “la langue de la République” . Par conséquent, le rectorat assure « qu’il ne peut plus autoriser de nouvelles expérimentations » de ce type.

Mathieu Bergé, deuxième vice-président de l’OPLB, conteste l’argument. « La Constitution ne dit pas que “la langue d’instruction obligatoire” est le français. On est davantage dans le cadre d’une interprétation politique, voire une posture idéologique », assène le conseiller régional. « Que signifie cette prise de position brutale ? On ne peut pas en rester là », plante-t-il.

Un courrier a été adressé le 7 juillet dernier au ministère de l’Éducation nationale pour demander un réexamen du dossier. « C’est une question de la plus haute importance pour la réussite de la transmission de la langue basque dans l’enseignement public », insiste le président de l’OPLB.

Bénédicte Luberriaga, première vice-présidente de l’OPLB et déléguée du président du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, acquiesce. « Le développement de ces classes immersives est un projet tout à fait convenu avec l’Éducation nationale, renseigne-t-elle. L’idée est de renforcer le bain linguistique de l’enfant qui débute sa scolarité et qui, souvent, n’entend jamais parler l’euskara autour de lui. Après des années d’expérimentation, nous savons que, dans un environnement francophone, la parité horaire en langue basque ne suffit pas pour acquérir la langue. « 

Alain Iriart, le maire de Saint-Pierre-d’Irube, ne décolère pas, lui non plus. « C’était une initiative des parents d’élèves du public. Nous avons respecté toutes les procédures de consensus social. Le conseil d’école et 86 % des familles concernées étaient favorables, explique-t-il. De plus, nous avions prévu une organisation qui n’entraînait aucune création de poste. » Alain Iriart regrette « une décision brutale ». « C’est l’intérêt de l’enfant qui guide nos choix », soupire-t-il.

(Source : Sud-Ouest)

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