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BREIZATAO – POLITIKEREZH (19/09/2020) L’éclatement du paysage politique se confirme en Bretagne. D’après un sondage secret commandé par LREM en vue des élections régionales de 2021, le clivage « gauche/droite » s’effondre avec l’affaiblissement systémique du Parti Socialiste et des Républicains. La domination sans partage du Parti Socialiste en Bretagne est révolue.

Le Télégramme (source) :

C’est sans doute l’un des secrets actuellement les mieux gardés de la Macronie. De l’Assemblée nationale au Conseil régional de Bretagne en passant par l’Élysée, peu de personnes ont eu accès au dossier. Et parmi les rares l’ayant approché, ils sont encore moins nombreux à avoir pu obtenir la totalité des chiffres. Selon nos informations, La République en Marche a commandé dans le plus grand secret un sondage sur les intentions de vote des Bretons pour les prochaines élections régionales. Un scrutin prévu partout en France en mars prochain, en même temps que les Départementales. Et les résultats ont de quoi faire trembler dans les états-majors… jusqu’au sommet de la Région.
Toujours selon des informations du Télégramme, le Rassemblement national de Gilles Pennelle, actuel chef de file du parti de Marine Le Pen dans la péninsule bretonne, arrive ainsi en tête de cette enquête avec un score dépassant les 20 %. Juste derrière : LREM et EELV qui, selon plusieurs sources, se situeraient entre 17 et 20 %. Coup de massue pour Loïg Chesnais-Girard : l’actuel président de Région, candidat non encore officiellement déclaré mais déjà lancé dans une campagne qui ne dit pas son nom, arriverait à six points derrière le RN avec l’étiquette du Parti socialiste. Un sacré coup sur la tête du patron de l’exécutif et de sa majorité, comme sur celle du LR Marc Le Fur, candidat probable de la droite, qui obtiendrait le même score.

Pour mémoire, Le Drian avait été réélu en 2015 avec 51% des voix sous la bannière du PS. Il avait recueilli 35% des voix dès le premier tour. Son successeur socialiste à la tête de la présidence de région, tout comme Marc Le Fur pour LR, avec un score inférieur à 20%, subit l’effacement progressif du clivage « gauche/droite ».

Pour rester chef de l’exécutif régional, l’actuel président socialiste Chesnais-Girard doit former une alliance avec les écologistes ou avec les macronistes. Mais encore doit-il arriver en tête au premier tour des élections régionales ou, à défaut, être le second après le RN, si ce dernier arrive en tête, pour s’imposer comme leader naturel lors de la fusion des listes au second tour.

Compte tenu de l’influence des réseaux de Le Drian au sein de l’appareil socialiste au plan régional, Chesnais-Girard sera mis sous pression pour opter pour une alliance avec LREM dès le premier tour. Mais, au niveau hexagonal, le Parti Socialiste est actuellement en négociations avec EELV pour former une alliance « rose/verte » anti-macroniste en vue des élections régionales puis des élections présidentielles de 2022. Loïg Chesnais-Girard subit donc l’aimantation de deux pôles antagonistes : les écologistes d’un côté, les macronistes de l’autre.

Pour le moment, Chesnais-Girard opte pour une candidature autonome dès le premier tour aux côtés de conseillers indépendants comme Paul Molac (autonomiste) et Christian Troadec (régionaliste), sans EELV ni LREM. Une stratégie à risque avec une probable troisième ou quatrième place le soir du premier tour.

Si l’on en juge par les situations brestoise, rennaise et nantaise, où l’alliance socialistes/écologistes a assuré la réélection des maires PS, la poursuite de cette stratégie au niveau de la Bretagne est la plus cohérente pour Chesnais-Girard. Mais en Bretagne, s’allier avec les écologistes, c’est se priver du soutien du secteur agro-alimentaire et de ses puissants relais. Ce qui bénéficierait au candidat LREM, si aucune alliance n’est forgée dès avant le premier tour. Jean-Yves Le Drian, mentor de Chesnais-Girard, a toujours pris soin d’entretenir des liens étroits avec le lobby agro-alimentaire, ce que ne peut pas perdre de vue son successeur.

Une alliance LREM/LR au second tour ?

Si LREM confirme une candidature faute d’alliance dès le premier tour avec le socialiste Chesnais-Girard, nous pourrions assister à une fusion des listes LREM/LR avec le ralliement au parti macroniste de Marc Le Fur lors de l’entre deux tours. Ce scénario, qui n’est pas évoqué actuellement, serait en mesure d’offrir le Conseil Régional à une majorité LREM.

Quoique LREM préfère s’appuyer sur le réseau d’élus socialistes et « verrouiller » son aile gauche, un refus de Loïg Chesnais-Girard pourrait précipiter une telle évolution. Il pourrait donc y avoir un second tour où s’affronteraient une liste RN, une liste PS/écologistes et une liste LREM/LR. La liste qui arriverait en tête s’emparerait alors de la Région tout en étant nettement minoritaire.

D’entre toutes ces listes, une liste PS/écologistes où l’élément écolo-régionaliste pèserait autant que l’élément PS serait la moins « nocive » sur des sujets d’importance comme la question linguistique. Un tel rééquilibrage au profit des écologistes et au détriment d’un PS très affaibli contraindrait ce dernier à l’humilité.

Quoi qu’il en soit, l’ère de l’hégémonie socialiste portée par Jean-Yves Le Drian depuis 2004 touche à sa fin.

 

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