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BREIZATAO – NEVEZINTIOU (12/10/2020) À l’initiative de deux associations bretonnes de Nantes, une centaine d’élus de Loire-Atlantique et des quatre autres départements bretons se sont réunis à Nantes ce dimanche 11 octobre. Une réunion symbolique pour passer le témoin sur le sujet de la réunification entre les responsables associatifs et les élus.

Au lendemain de la décision d’hisser le drapeau breton sur la mairie de Nantes, une grande réunion a eu lieu sur le sujet de la réunification de la Bretagne ce dimanche 11 octobre dans la Cité des Ducs. À l’initiative de « À la bretonne ! » et du « Breizh Civic Lab », deux associations qui militent pour la réunification, une centaine d’élus, tous bords politiques confondus étaient présents.

De Philippe Grosvalet, président du département de Loire-Atlantique à Marc Le Fur, député des Côtes-d’Armor, en passant par Jean-Jacques Urvoas, ancien député et ex-garde des Sceaux ; le paysage politique était entièrement représenté. Au plus grand plaisir de Christophe Prugne, président de l’association « À la bretonne ! ».

Deux ans après la pétition qui a réuni plus de 100.000 signatures pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, « il faut passer la seconde et établir une feuille de route », estime Christophe Prugne. Également, cette réunion de nombreux élus permet « d’inscrire le débat de la réunification dans la campagne des élections régionales et des départementales », explique le président de l’association « À la bretonne ! ». Son premier vœu est que tous les élus écrivent au président de la République pour appuyer cette demande de référendum.

« C’est une journée historique, juge Florian Le Teuff, adjoint à la maire de Nantes en charge des enjeux bretons. Je n’ai pas de souvenirs d’un événement rassemblant autant acteurs politiques différents. » La Ville de Nantes assure rester attentive à la situation. Pour lui, il faut « donner un débouché démocratique à cette pétition ». Avant de poursuivre, « quand il y a une telle mobilisation citoyenne, on ne peut pas rester sourd ».

Le Parti Breton ne voit pas la nécessité d’un référendum

Le Parti Breton a pris la parole durant cette réunion politique pour s’interroger sur la pertinence d’un référendum. En effet, la partition de la Bretagne a été le fruit d’une décision arbitraire de Paris sans consultation du peuple breton.

Réaction de l’association patriotique Bretagne Réunie

L’association patriotique Bretagne Réunie a longuement réagi sur Facebook.

Débat politique hier à Nantes avec une centaine d’élus et représentants associatifs sur la réunification de la Bretagne.

Plusieurs discours d’Élus ont dénoncé le déni de démocratie subi par les 105 000 signataires de la pétition, que Bretagne Réunie a collectée et portée au Conseil Départemental de Loire Atlantique, ainsi que l’ensemble des breton(ne)s.

Tous ont dénoncé le fait que l’État, à qui le CD 44 avait demandé l’organisation d’une consultation référendaire (référendum) en Loire Atlantique, n’ait pas donné de réponse favorable.

Tous les intervenants politiques ont re demandé l’organisation d’un référendum, et saisiront le Président de la république dans ce but.

Bretagne Réunie, pour sa part, a réaffirmé sa volonté pour qu’une consultation simple et non référendaire des électeurs, électrices de Loire-Atlantique soit organisée, car elle s’interroge, et l’a déclaré, sur l’intérêt d’un référendum, qu’elle juge beaucoup trop complexe et compliqué, avec pour exemple, le risque de voir l’État nous imposer un périmètre intégrant les PDL (Pays de la Loire), et eux seuls et des questions alambiquées qui ne refléteraient pas les vrai questions .

Bretagne Réunie ré-affirme que seuls les électeurs du 44 doivent être consultés.

Bretagne Réunie a constaté lors de cette réunion, le changement notoire de regard de la ville de Nantes, qui semble beaucoup plus enclin a écouter les voix des Breton(ne)s de la ville.

Des propositions ont été faites pour étayer le dossier de la réunification et des promesses ont aussi été annoncées pour leur financement.

Bretagne Réunie en a pris note, mais espère que toutes ses promesses ne seront pas des voeux pieux, et qu’il ne faudra pas, une nouvelle fois, attendre des décennies pour les finaliser.

A la veille des élections régionales, les partis coloniaux s’agitent

Les militants bretons le savent : à la veille des élections régionales, il est de coutume d’entendre des politiciens français jurer qu’ils portent un grand intérêt à la réunification de la Bretagne. Jean-Yves Le Drian en avait fait un des arguments de sa campagne électorale de 2004 avant de se désavouer à peine élu sur le plateau de la télévision France 3 Bretagne, annonçant que la réunification n’aurait pas lieu « avant cinquante ans ». Il s’agissait à l’époque pour Le Drian de ménager le Jacques Auxiette, socialiste comme lui et président de la région PDL.

Il est clair que l’intégration de plus en plus forte de l’axe Rennes-Nantes a d’ores et déjà mis en oeuvre le processus d’une « réunification » de fait. C’est plus sûrement le personnel politico-bureaucratique du Conseil Régional de la région artificielle dite des « PDL » qui bloque la réunification du territoire national breton. Or, la région des Pays de la Loire est dominée par une droite de tradition catholique proche de Bruno Retailleau que tout ou presque sépare de la sociologie bretonne, notamment urbaine, et du consensus de centre-gauche qui prévaut à Nantes.

En cette période pré-électorale, personne ne doit se leurrer sur les intentions affichées par les partis coloniaux et leurs représentants. Cette réunion est d’abord le résultat d’un rapport de force construit par les patriotes bretons de toutes les tendances en vue de l’unité nationale de la Bretagne. Tout spécialement sur le Pays Nantais où Bretagne Réunie et beaucoup plus récemment l’association « A la bretonne » ont accentué la pression de l’opinion sur les politiciens.

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