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BREIZATAO – NEVEZINTIOU (30/12/2020) Au cours de la nuit de Noël, un homme ivre avait brandi un fusil à pompe chargé dans la file d’attente d’un kebab du centre-ville de Nantes (Loire-Atlantique). Il a été condamné ce lundi 28 décembre 2020, en comparution immédiate, à quinze mois de prison ferme et maintenu en détention.

Le tribunal correctionnel de Nantes a également révoqué six mois de prison supplémentaires, qui avaient été prononcés avec sursis à l’encontre du prévenu lors d’une précédente peine en novembre 2018.

Cette peine était venue sanctionner à l’époque des « violences réciproques » dont cet homme de 37 ans avait été à la fois auteur et victime : un homme l’avait « défiguré » en le balafrant et « laissé pour mort » lors d’une bagarre alcoolisée «dans un contexte festif » à Saint-Nazaire, a expliqué ce lundi son avocat, Me Yann Chaumette.

Le prévenu a d’ailleurs justifié la détention de son fusil à canon scié, au cours de cette nuit du 24 au 25 décembre, par les « menaces » dont il continuerait à faire l’objet, depuis sa sortie de prison en juin 2020, par le même homme.

Le prévenu a même assuré qu’il avait sorti l’arme ce soir-là précisément « pour s’en débarrasser » : il avait une interdiction judiciaire d’en détenir une, depuis sa condamnation de novembre 2018.

Mais « si vous vouliez le jeter en Loire, pourquoi l’avoir montré devant tout le monde ? Ce n’est pas très discret », lui a objecté la présidente du tribunal correctionnel de Nantes, au cours de l’audience. Le fait que le prévenu portait « des gants en plastique noirs » a également alimenté les doutes de la magistrate.

Cette arme « impressionnante » et « extrêmement dangereuse » aurait d’ailleurs fait des « dégâts considérables » si elle avait été utilisée « à bout portant », a souligné de son côté le procureur de la République.

« Le fait qu’il se sente menacé n’excuse rien : il pouvait très bien quitter la ville et partir dans une autre région. »

Le soir des faits, l’agresseur l’aurait en fait brandie « juste pour se faire respecter » après des invectives avec l’inconnu du kebab, qui était lui aussi alcoolisé. Le procureur de la République a donc requis au total trente mois de prison ferme, assortis d’un maintien en détention car l’homme a été condamné encore récemment, le 19 mai 2020, par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire.

Son avocat a quant à lui sollicité l’indulgence des juges : depuis sa sortie de prison, ce père d’un petit garçon de 10 ans a trouvé un logement sur Nantes et un travail « chez Manpower » à Saint-Nazaire. L’avocat voulait donc juste « une sorte de couvre-feu » pour son client, pour l’empêcher de sortir boire le soir.

Son co-prévenu, un Marocain sans papiers de 24 ans avec qui il était revenu ce jour-là « de La Baule », a lui été condamné à cinq mois de prison ferme avec un mandat de dépôt : il avait donné un coup de couteau dans la cuisse d’un homme qui avait voulu s’interposer dans cette première altercation.

« La plaie mesurait 3 cm, ce n’était pas une petite plaie faite avec un petit couteau de cuisine. »

Il a requis huit mois de prison ferme et un maintien en détention pour cet homme officiellement inconnu de la justice, en situation irrégulière sur le territoire français.

Ce dernier a aussi interdiction de revenir en Loire-Atlantique pour les deux prochaines années, et de détenir une arme pendant cinq ans.

(Source : Actu.fr)

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